Le Canada considère donner davantage de fond à l’ONU pour les victimes d’abus sexuels

Le ministre de la Défense Harjit Sajjan, à Londres, le 8 septembre 2016. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
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Le ministre de la Défense Harjit Sajjan a souligné le besoin de réformer et de moderniser Casques Bleus pendant la conférence, comme intensifier le rôle des femmes pendant la planification et la mise en place des opérations de maintien de la paix. (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Le Canada s’entretient actuellement avec les Nations Unies (ONU) pour effectuer un don monétaire à l’encontre des victimes d’abus sexuels commis par des Casques Bleus, a expliqué un officiel de l’ONU mercredi.

M. Antònio Guterres, qui a pris les commandes de l’ONU en janvier, a reconnu en mars que l’organisation « continuait d’être confrontée au fléau d’exploitations et d’abus sexuels, malgré les efforts importants déployés depuis plusieurs années pour le régler ».

Le plus grand nombre de cas a été répertorié au sein de quatre missions: la Minusca en République centrafricaine, la Monusco en République démocratique du Congo, la Minustah en Haïti et la Minuss au Soudan du Sud.

M. Guterres a donc suggéré de retenir des financements prévus pour les pays d’origine qui n’enquêteraient pas « dans des délais raisonnables » sur les faits reprochés à leurs ressortissants. Cet argent serait alors réorientés vers un fond d’aide aux victimes.

C’est au travers de ce fond que le Canada souhaite apporter son soutien aux victimes.

Selon l’Agence de Presse canadienne, le Chef du Département de l’appui aux missions (DAM), Atul Khare, a uniquement parlé d’une « contribution majeure, » sans plus de précision, qui s’étendrait sur deux ans et qui serait dédiée à soutenir ceux et celles qui ont été abusés.

Khare a dévoilé ces discussions durant la conférence de presse au quartier général de l’ONU à New York, avec le ministre de la Défense Harjit Sajjan et Jean-Pierre Lacroix, le Chef du Département des opérations de maintien de la paix.

Ces trois derniers commémoraient la journée internationale de la Force de maintien de la paix des Nations unies, qui est organisée chaque année pour honorer plus de 3,500 Casques Bleus qui ont été tué depuis 1948.

Implication du Canada

L’ONU a été secouée par une vague d’accusations d’abus sexuels perpétrés par des Casques Bleus déployés dans le cadre de missions de protection des civils.

Des Canadiens ont aussi été impliqués dans ces affaires et selon l’ONU trois officiers de police canadiens déployés à Haïti ont été accusés d’abus sexuels et d’exploitation depuis 2015.

Harjit Sajjan a souligné le besoin de réformer et de moderniser Casques Bleus pendant la conférence, comme augmenter le rôle des femmes pendant la planification et la mise en place des opérations de maintien de la paix.

« Au Canada, l’intégration des femmes est très importante à tout les niveaux et dans tout les rôles qui promeuvent la paix et la sécurité, » a dit Sajjan après son discours au International Peace Institute (IPI).

« Nous savons que les conflits et crises locaux affectent souvent différemment, et même de manière plus sévère, les femmes et les filles. »

Néanmoins, Sajjan n’a pas directement parlé du problème des abus sexuels des Casques Bleus, ou si le Canada deviendrait le sixième pays a contribuer à ce fond de 436 000 dollars.

Selon l’ONU, le fond a reçu des contributions de la part du Bhoutan, de Chypre, de l’Inde, du Japon, et de la Norvège.

Un porte-parole de l’ONU a expliqué que l’argent n’allait pas directement aux victimes, mais était destinée à payer pour des services tels que l’éducation et l’aide communautaire.

La visite de Sajjan à l’ONU ce mercredi était largement dédiée à préparer le terrain pour le Sommet de maintien de la paix qui aura lieu à Vancouver en novembre prochain.

M. Lacroix à par ailleurs dit que le Canada avait « beaucoup à apporter » au maintien de la paix.