Le Canada retire un de ses deux avions Aurora de la mission en Irak

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À bord d’un CP-140 Aurora, un opérateur utilise des capteurs de l’appareil. (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Alors que l’OTAN annonce rejoindre officiellement la Coalition contre le groupe État islamique, le Canada prend le chemin inverse en retirant discrètement un de ses deux avions de surveillance assigné à la mission.

Dans un courriel envoyé à 45eNord.ca, le capitaine Vincent Bouchard du Commandement des opérations interarmées du Canada, précise ainsi que le retrait de l’avion est pour «permettre à la communauté des patrouilles à long rayon d’action de continuer à s’entraîner et ainsi être prête à mener à bien un large éventail de missions partout dans le pays».

Selon lui, les pays partenaires ont été prévenus «à l’avance».

L’avion, qui a été retiré le 15 mai dernier, contribuait aux capacités de renseignement, de surveillance et de reconnaissance de la coalition.

Volant des fois jusqu’à 13 heures par jour, les membres du détachement des Aurora passent de longues heures à surveiller leurs écrans afin de repérer des cibles mais aussi comprendre le fonctionnement du «réseau» du groupe État islamique.

Le rôle du personnel à bord des Aurora n’est toutefois pas de sélectionner des cibles à frapper, mais bien de toutes les identifier, incluant les écoles, les mosquées, les hôpitaux et d’autres infrastructures essentielles, le but étant de donner à la Coalition le plus d’informations possibles sur les activités du groupe. Ce n’est qu’à un échelon beaucoup plus haut au sein de la Coalition qu’est prise la décision ou non d’engager une cible, notamment en fonction de son intérêt, mais aussi du risque qu’elle peut représenter pour la population et donc des lois et règlements nationaux et internationaux sur les conflits.

Fin mars, le gouvernement libéral avait annoncé le prolongement de l’Opération IMPACT pour trois mois supplémentaires et disait déjà que «la portée et la mission de la contribution militaire du Canada resteront les mêmes au cours des trois prochains mois, à l’exception de quelques ajustements».

Au vu des récents succès de la Coalition en Irak, est-ce le début de la fin de la mission ?

Lors d’une conférence de presse à laquelle 45eNord.ca a assisté, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a cependant déclaré que l’information et le renseignement était une priorité de l’OTAN. Or, le Canada retire un de ses deux avions de surveillance qui sont pourtant louangés par les alliés pour cette capacité.

Peu de frappes aériennes et de sorties des avions de surveillance ont eu lieu dans l’espace aérien syrien. La mission canadienne de lutte contre le groupe État islamique est centrée essentiellement sur l’Irak.

La question se pose donc maintenant de savoir que va faire le Canada dans la région alors que l’EI n’a plus que des «miettes» du territoire qu’il occupait en Irak et alors que le gouvernement fédéral s’est engagé dans l’envoi en juin de 450 militaires en Lettonie dans le cadre de la présence avancée de l’OTAN, mais aussi 600 militaires et 150 policiers dans des opérations de soutien de la paix en Afrique plus tard cette année.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d’exercices ou d’opérations, au plus près de l’action.
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