Manchester, dernier bilan: l’attentat suicide fait 22 morts, dont des enfants et 59 blessés

Des spectateurs près de la salle de concerts à Manchester le 23 mai 2017, où une possible attaque terroriste a fait une vingtaine de morts et une cinquantaine de blessés. (AFP/Paul ELLIS)
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Des spectateurs près de la salle de concerts à Manchester le 23 mai 2017, où une possible attaque terroriste a fait une vingtaine de morts et une cinquantaine de blessés. (AFP/Paul ELLIS)

Vingt-deux personnes, dont des enfants, ont été tuées et 59 blessées dans un attentat suicide commis par un homme qui a activé un engin explosif à la sortie d’un concert pop lundi soir à Manchester, dans le nord-ouest de l’Angleterre.
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Mise à jour 23/05/2017 à 13h24

L’auteur de l’attentat de Manchester identifié comme Salman Abedi, 22 ans, un Britannique d’origine libyenne né à Manchester en 1994. Le Daily Telegraph indique qu’il est le troisième d’une famille de quatre enfants.

Ses parents sont tous les deux nés en Libye et ont fui le régime de Mouammar Kadhafi pour trouver refuge au Royaume-Uni. D’abord à Londres, puis dans le quartier résidentiel de Fallowfield, au sud de Manchester, selon la presse.

Selon le Guardian, la police a perquisitionné mardi une maison dans ce quartier où l’auteur présumé avait résidé, procédant à une «explosion contrôlée» pour avoir accès à la maison.Les enquêteurs ont également perquisitionné le domicile du frère du suspect, toujours au sud de Manchester. Les deux frères fréquentaient la mosquée locale de Didsbury, affirme encore le Guardian.

à 10h23

Parmi les victimes à la sortie du concert de la chanteuse pop Ariana Grande à Manchester, une fillette de huit ans et d’autres enfants.

La fillette de huit ans, Saffie Rose Roussos, assistait au concert lundi de la pop-star américaine avec sa mère et sa sœur. La petite fille a été emportée par la puissante explosion qui a eu lieu vers 22H30 (21H30 GMT) à l’une des entrées de la Manchester Arena, une salle d’une capacité de 21.000 personnes, à la fin du concert de la chanteuse américaine de 23 ans.

à 8h13

Le groupe djihadiste État islamique (EI) a revendiqué mardi dans un communiqué l’attentat qui a fait au moins 22 morts et 59 blessés lundi soir à l’issue d’un concert pop à Manchester (ouest de l’Angleterre).

Le communiqué, publié par l’EI via l’un de ses canaux de communication sur les réseaux sociaux, précise qu’un « des soldats du califat a placé une bombe dans la foule » lors du concert. Le groupe djihadiste menace également d’autres attaques. Amaq, l’agence de propagande du groupe ultraradical, a de son côté affirmé qu’une « équipe » de combattants avait perpétré l’attaque.

à 7h11

La police de Manchester a annoncé mardi l’arrestation d’un homme de 23 ans en lien avec l’attentat suicide qui a fait au moins 22 morts, dont des enfants, à la sortie d’un concert lundi soir.

« Nous pouvons confirmer l’arrestation d’un homme de 23 ans dans le sud de Manchester », a indiqué la police dans un communiqué. L’auteur de l’attentat est mort après avoir déclenché un engin explosif, avait indiqué auparavant la police.

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Le bilan est susceptible de s’aggraver puisque certains des 59 blessés hospitalisés sont dans un état grave.

Selon la police des transports de Manchester, la puissante explosion a eu lieu dans le foyer de la Manchester Arena, une salle de 21.000 personnes, à la fin du concert de la chanteuse américaine Ariana Grande vers 22H30 (21H30 GMT).

« Je peux confirmer que l’assaillant est mort » dans l’attaque. « Il portait un engin explosif improvisé qu’il a détoné pour causer cette atrocité », a déclaré Ian Hopkins, commissaire de police de Manchester à la presse.

« Nous pensons à ce stade que l’attaque a été menée par un homme. La priorité sera d’établir s’il a agi seul ou s’il a reçu l’appui d’un réseau », a-t-il ajouté en évoquant un « acte terroriste ».

L’explosion a provoqué des scènes de panique dans la salle de concert, mais aussi dehors, où des parents attendaient la sortie de leurs enfants.

« Il y avait beaucoup d’enfants et d’adolescents comme ma fille au concert. C’est juste tragique », a déclaré à l’AFP Stephanie Hill, venue assister au concert avec sa fille Kennedy.

‘Premier concert’

« Les gens tombaient les uns sur les autres dans l’escalier. C’était le chaos complet. On voulait sortir de là le plus rapidement possible car on pensait qu’il y aurait peut-être quelqu’un en train de tirer sur la foule », a raconté Kennedy.

La ministre de l’Intérieur Amber Rudd a dénoncé une « attaque barbare visant délibérément parmi les plus vulnérables de notre société: des jeunes et des enfants sortis pour aller voir un concert pop ».

Ariana Grande, l’une des stars préférées des pré-adolescents, a tweeté qu’elle était « brisée » par l’attentat.

« Le concert venait juste de finir et on était en train de quitter la salle lorsqu’on a entendu une forte explosion. Derrière nous les gens ont commencé à crier et à pousser. C’était le chaos complet. J’ai vu des pères porter dans leurs bras leurs petites filles en pleurs. C’était sans doute le premier concert pour beaucoup d’entre elles et probablement le dernier », a rapporté à l’AFP Sebastian Diaz, 19 ans, venu de Newcastle pour assister au concert.

La police a rapidement évoqué « un acte terroriste » visant la troisième ville du pays. C’est l’attentat le plus meurtrier à avoir frappé le Royaume-Uni depuis la série d’attaques suicide ayant fait 56 morts, dont les quatre kamikazes, et 700 blessés dans les transports londoniens en juillet 2005.

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L’attentat qui a tué vingt-deux personnes, dont des enfants, et blessé 59 autres lundi soir dans une salle de concerts de Manchester fait suite à plusieurs attaques en Grande-Bretagne, dont la plus grave avait fait 56 morts en 2005.

Juillet 2005 : les transports londoniens visés

Le 7 juillet, quatre attentats suicide coordonnés à l’heure de pointe dans trois rames de métro et un bus londoniens font 56 morts, dont les quatre kamikazes, et 700 blessés. Un groupe se réclamant d’Al-Qaïda revendique les attaques.

Quinze jours plus tard, quatre attentats manqués, au mode opératoire similaire, sont menés de manière coordonnée et quasi-simultanée dans trois rames de métro de Londres et dans un bus. Les bombes artisanales n’explosent pas en raison d’une erreur de calcul dans la fabrication des explosifs.

Selon la justice, les deux séries d’attentats sont liées.

Juin 2007 : à l’aéroport de Glasgow

Le 30 juin, une voiture-bélier remplie de bouteilles de gaz est précipitée contre le principal terminal de l’aéroport de Glasgow (Écosse), très fréquenté en ce début de vacances scolaires, sans exploser. Un Indien qui conduisait le véhicule est grièvement brûlé après s’être aspergé d’essence. Il décède un mois plus tard. Le passager, un médecin irakien, est arrêté. Il sera condamné en 2008 à la prison à vie.

La veille, deux Mercedes piégées, remplies de bidons d’essence, de bouteilles de gaz et de clous avait été découvertes garées près de Piccadilly Circus, au coeur de Londres. Un problème de connexion dans le dispositif de détonation avait empêché les deux voitures d’exploser, selon les enquêteurs.

Mai 2013: un soldat tué à Londres

Le 22 mai, deux Londoniens d’origine nigériane renversent en voiture un soldat de 25 ans, Lee Rigby, dans le sud-est de Londres avant de le frapper de nombreux coups de couteau et de tenter de le décapiter. Sur une vidéo filmée juste après l’agression, l’un des meurtriers déclare avoir voulu venger les «musulmans tués par des soldats britanniques».

Décembre 2015: dans le métro de Leytonstone

Le 5 décembre, Muhaydin Mire, 30 ans, né en Somalie, blesse au couteau deux personnes, dont une grièvement, à l’entrée de la station de métro de Leytonstone, dans l’est de Londres, deux jours après les premières frappes aériennes britanniques visant le groupe État islamique (EI) en Syrie. L’attaque est qualifiée de «terroriste» par les autorités. L’auteur sera condamné à la prison à vie.

Mars 2017: 5 morts près du parlement de Westminster

Le 22 mars, un homme fonce dans la foule avec son véhicule sur le pont de Westminster, qui enjambe la Tamise face à Big Ben, avant de poignarder mortellement un policier devant le Parlement. L’attaque a fait cinq morts. Son auteur, Khalid Masood, un citoyen britannique converti à l’islam, a été abattu par la police. L’attentat a été revendiqué par le groupe djihadiste État islamique (EI) mais Scotland Yard a dit ne pas avoir «trouvé de preuve d’une association» de Masood avec l’EI ou Al-Qaïda.

Scotland Yard a annoncé en mars que les services de sécurité britanniques avaient «déjoué treize tentatives d’attentat terroriste depuis juin 2013».[/toggle]

« Nous travaillons à établir tous les détails de ce qui est traité par la police comme une épouvantable attaque terroriste », a réagi la Première ministre britannique Theresa May, en exprimant sa sympathie aux familles.

Mme May devait présider mardi matin une réunion interministérielle de crise. La Première ministre et son rival travailliste Jeremy Corbyn ont décidé de « suspendre jusqu’à nouvel ordre » leur campagne en vue des élections législatives du 8 juin.

À Manchester, la gare de Victoria, située juste à côté de l’Arena, était fermée et l’accès à la salle de concert barrée par un cordon de police jaune portant la mention « scène de crime, défense d’entrer ». Des fans d’Ariana Grande quittaient un hôtel situé à proximité, choqués par l’attaque, a constaté l’AFP.

Les blessés ont été dirigés vers huit hôpitaux de la ville, a indiqué la police.

‘Des corps partout’

« On a écouté la dernière chanson et soudain, il y a eu comme un flash avec un bang et puis de la fumée », a raconté à la BBC Gary Walker, de Leeds, venu avec sa femme pour attendre leur fille à la sortie du concert. M. Walker a dit avoir été blessé au pied par un éclat de métal et sa femme a été blessée à l’estomac.

Elena Semino, qui attendait sa fille de 17 ans au guichet de vente des billets au moment de l’explosion et a elle-même été blessée, a raconté au Guardian: « J’ai senti une forte chaleur dans mon cou et quand j’ai levé la tête, il y avait des corps partout ».

L’attentat s’est déroulé deux mois jour pour jour après celui de Londres qui avait fait 5 morts. Un homme avait foncé dans la foule avec un véhicule et poignardé un policier avant d’être abattu, près du Parlement.

« Londres est aux côtés de Manchester, nos pensées vont aux morts et aux blessés », a tweeté le maire de la capitale britannique Sadiq Khan.

« Paris est cette nuit aux côtés de Manchester », a tweeté en écho la maire de la capitale française Anne Hidalgo.

La chancelière allemande Angela Merkel a exprimé sa « tristesse » et son « horreur ». Le président français Emmanuel Macron son « effroi » et sa « consternation ».

Le président russe Vladimir Poutine s’est dit prêt à « développer la coopération antiterroriste » avec la Grande-Bretagne après cet attentat « cynique et inhumain ».

Le porte-parole de la Maison Blanche Sean Spicer a indiqué que le président américain Donald Trump, actuellement en visite en Israël, était tenu au courant de la situation.