Projet Resolve: la décision de sous-traiter la superstructure à l’étranger s’imposait, affirme la Davie

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Avec l’arrivée au Chantier Davie sur la Rive-Sud de Québec le 1er mai 2017 du bloc d’hébergement, une superstructure de 7 étages d’un poids de 2 200 tonnes, le Projet Resolve entre dans sa phase finale avant la livraison plus tard cette année du prochain navire pétrolier ravitailleur (AOR) de la Marine royale canadienne. (Chantier Davie)

Avec l’arrivée aujourd’hui du bloc d’hébergement, le Projet Resolve, la construction du prochain navire pétrolier ravitailleur (AOR) de la Marine royale canadienne, entre dans sa phase finale avant la livraison plus tard cette année, annonce aujourd’hui Chantier Davie par voie de communiqué, en profitant pour répondre aux attaques de ses adversaires.

Alors que les médias anglo-canadiens, le Globe and Mail en tête, se sont interrogés sur le bien-fondé pour Davie d’avoir confié à Almaco, une société domiciliée à Turku en Finlande, la conception de la superstructure du ravitailleur, Chantier Davie explique et défend sa décision.

Almaco, à son tour, a confié à Rauma Marine, une petite société finlandaise renaissante située dans la petite ville portuaire du même nom, à 250 kilomètres au nord-ouest d’Helsinki, la plus grande partie du travail sur la superstructure de sept étages, pesant 2 200 tonnes et qui hébergera les cabines, les magasins d’approvisionnement et toutes les zones ‘publiques’ du navire.

Lors de la présentation de l’AOR de la classe Resolve au Working Group on Maritime Logistics and Replenishment-At-Sea de l’OTAN à La Haye (Hollande) la semaine dernière, Spencer Fraser, chef de la direction de Federal Fleet Services, la société responsable du Projet Resolve, a expliqué « que la construction du module d’hébergement en Europe a assuré un transfert des technologie et des compétences à Chantier Davie pour de futurs programmes », note aujourd’hui Chantier Davie dans le communiqué qui annonce l’avant-dernière phase du projet.

«Alors que 85% de l’ensemble du projet a été complété au Canada, le 15 % que nous avons sous-traité en Finlande relevait d’un domaine où le Canada n’est plus à la fine pointe, c’est-à-dire l’aménagement de l’hébergement maritime. Grâce au partenariat avec Almaco, un transfert des technologies permettra le développement d’une nouvelle ligne de production chez Davie dédiée à la fabrication de modules d’hébergement pour de futurs programmes», explique Spencer Fraser.

Et Alex Vicefield, président de Chantier Davie, d’ajouter: « Il ne s’agit pas seulement de nous permettre de respecter le calendrier accéléré pour offrir au Canada un navire de ravitaillement militaire de première nécessité. Il s’agit d’élaborer un nouvel ensemble de compétences qui n’existe pas actuellement dans l’industrie canadienne de la construction navale.  »

« Il s’agit également d’une démonstration parfaite de la manière dont les programmes de construction navale peuvent être livrés rapidement et à un coût nettement inférieur en construisant des sections de navires à différents endroits pour les assembler à un point central – chose que tous les programmes de construction navale au Canada devraient faire. », de renchérir le président de Chantier Davie dans une pique à ses concurrents.

Au cours des prochains jours, les travailleurs de Davie et Mammoet Canada, un spécialiste du transport et levage lourds, commenceront donc les opérations de levage de l’impressionnant bloc d’hébergement sur le navire marchand MS Asterix en voie d’être converti en ravitailleur, avant-dernière phase d’un projet qui aura, excusez le jeu de mots, soulevé bien des vagues.

L’approbation du Projet Resolve par le gouvernement Trudeau a même été au centre d’une controverse qui causé la chute de l.ex commandant de la Marine Royale devenu vice-chef d’état-major de la Défense, le vice-amiral Mark Norman, qui aurait dévoilé à Chantier Davie des informations secrètes sur les délibérations du gouvernement Trudeau sur la finalisation de l’entente convenue avant sa défaite en octobre 2015 par le gouvernement conservateur avec le chantier de la Rive-Sud de Québec.

Malgré le scandale, aucune accusation formelle n’a pourtant été déposée contre quiconque dans cette affaire jusqu’ici, même si les allégations ont été étalées sur la place publique.

Quoi qu’il en soit, après toutes ses péripéties, le Canada devrait enfin avoir le ravitailleur dont la Marine rorale canadienne a besoin pour remplir ses obligations: en avance sur l’échéancier, la livraison prévue à la fin de cette année, « Le navire sera livré à un coût de 30% inférieur à ce que coûterait un Queenston Class Joint Support Ship tout en procurant une capacité supérieure », déclarait plus tôt cette année à 45eNord.ca une porte-parole de Chantier Davie, Marie-Christine Saint-Pierre, affirmant que ce projet est un succès important non seulement pour lui-même, mais aussi « pour la Marine et les contribuables canadiens ».

La Davie ne cache pas qu’elle espère maintenant, forte du succès de ce projet et des transferts technologiques dont elle a bénéficié, pouvoir répéter le même exploit ici et sur les marchés étrangers.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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