Propos sur l’Opération MEDUSA: Trudeau garde toute sa confiance en Sajjan

Le ministre de la Défense nationale Harjit Sajjan répond aux questions des députés sur ses commentaires à propos de son rôle dans l'Opération MEDUSA. (parlvu)
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Le ministre de la Défense nationale Harjit Sajjan répond aux questions des députés sur ses commentaires à propos de son rôle dans l’Opération MEDUSA. (parlvu)

L’opposition a fait front commun à Ottawa lundi 1er mai alors que les deux principaux partis se sont ligués pour demander au ministre de la Défense nationale de démissionner à cause de ses propos sur son rôle dans l’Opération MEDUSA.

Lors d’un discours prononcé à New Delhi le 18 avril dernier durant son récent séjour en Inde, Harjit Sajjan a fait état de son passé de militaire et expliquait avoir été «l’architecte de l’opération MEDUSA, dans le cadre de laquelle nous avons chassé 1.500 combattants talibans hors du champ de bataille».

L’opération MEDUSA était une offensive menée par plus de 1.000 membres des Forces armées canadiennes dans la région de Kandahar en septembre 2006. Il s’agissait de la plus vaste opération de combat canadienne en plus de 50 ans.

Les talibans menaçaient de s’emparer de Kandahar et d’en chasser les troupes de l’OTAN. Selon le ministre de la Défense de l’Afghanistan de l’époque, il s’agissait de la première défaite des talibans dans cette région.

Les violentes attaques de l’Opération MEDUSA ont malheureusement coûté la vie à 12 Canadiens, mais les talibans ont finalement été expulsés du district de Panjwai.

Un état de service pourtant impeccable!

Pour avoir pris tout le crédit de l’opération, M. Sajjan a offert des excuses, notamment sur Facebook où il a admis avoir commis une erreur en se présentant comme le cerveau de l’opération. Il s’est rétracté sur sa description des événements et a offert ses excuses sincères à tous ses camarades d’armes avec qui il a combattu en Afghanistan – dont l’ex-général David Fraser, à qui il attribue le succès de l’opération.

Toutefois, ce même David Fraser, qui commandait la Brigade multinationale dans le Commandement régional Sud, écrivait ceci en septembre 2006 pour décrire le rôle de Harjit Sajjan dans l’Opération MEDUSA:

He [Sajjan] tirelessly and selflessly devoted himself to piecing together the ground truth on tribal and Taliban networks in the Kandahar area, and his analysis was so compelling that it drove a number of large scale theatre-resourced efforts, including OPERATION MEDUSA, a large scale conventional combat operation that resulted in the defeat of the largest TB insurgent cell yet identified in Afghanistan, with over 1500 Taliban killed or captured. I rate him as one of the best intelligence officers I have ever worked with – fearless, smart, and personable, and I would not hesitate to have him on my staff at any time in the future. I have advised my chain of command that the Canadian Forces must capture his skillset, and seek his advice on how to change our entire tactical intelligence training and architecture to best meet the needs of future deployed units fighting in extremely complex battle space.

S’il n’a pas été directement le planificateur de l’opération, il est celui qui a permis aux planificateurs de mettre sur pied l’attaque grâce aux différents renseignements sur les réseaux criminels et talibans qu’il avait collecté de par sa fonction.

Lors de la période des questions au Parlement, interrogé par une dizaine de députés, dont la cheffe de l’Opposition officielle Rona Ambrose qui a employé des mots très durs comme «confiance perdue» et «Il a violé le code d’honneur et d’éthique», le ministre Sajjan a répété à de multiples reprises qu’il s’excusait de ses propos et qu’il allait «apprendre de cette erreur» pour mieux servir les militaires à l’avenir. Le Premier ministre Justin Trudeau a déclaré qu’il avait encore son «entière confiance» en son ministre de la Défense nationale. Point de démission donc.

Le chef d’état-major de la Défense, le général Jonathan Vance, qui était à l’époque de l’Opération MEDUSA le supérieur d’Harjit Sajjan estime que le dossier est clos et que le ministre a «présenté des excuses sans équivoque».