Trump aurait demandé à des responsables du renseignement de nier tout lien avec la Russie

Le président américain Donald Trump au téléphone dans le Bureau Ovale, en janvier 2017. (Mandel Ngan/AFP)
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Le président américain Donald Trump au téléphone dans le Bureau Ovale, en janvier 2017. (Archives/Mandel Ngan/AFP)

Donald Trump a demandé en mars à deux responsables du renseignement américain de l’aider à contrer l’enquête du FBI à son encontre à propos de liens entre son équipe de campagne et la Russie, selon le Washington Post lundi.

Le quotidien affirme que le président américain a demandé à Mike Rogers, directeur de l’Agence de sécurité nationale (NSA), et à Dan Coats, directeur du Renseignement américain, de nier publiquement qu’il existe des preuves de collusion entre son équipe et la Russie durant la campagne de l’année passée.

Citant des responsables du renseignement actuels et passés, le Washington Post précise que les deux hommes n’ont pas répondu aux souhaits de M. Trump.

Ce dernier a effectué ces demandes à MM. Rogers et Coats (qu’il a lui-même nommé) après les révélations du directeur de la police fédérale (FBI) de l’époque, James Comey, selon lesquelles ses services s’intéressaient à l’ingérence russe dans les élections, enquêtant sur des faits remontant à juin 2016.

La semaine passée plusieurs médias américains ont rapporté que M. Trump avait demandé à James Comey lui-même dans des réunions et par téléphone d’abandonner cette enquête. Des affirmations niées farouchement par la Maison Blanche.

Mais ces demandes avaient été consignées par M. Comey, renvoyé il y a deux semaines, dans ses compte-rendus écrits des réunions qu’il avait eu avec le président.

Dès le mois de février, le milliardaire républicain avait demandé à plusieurs élus et responsables du renseignement de contacter des journalistes pour leur dire qu’il n’y avait aucune preuve de liens entre la Russie et la campagne électorale.

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Mis dans une position inconfortable par les enquêtes sur les interférences russes dans la présidentielle de 2016, Donald Trump est en voie de se constituer une équipe d’avocats privés pour le conseiller, rapporte lundi soir le Washington Post.

Divers juristes de haute volée, issus des cabinets américains les plus en vue, sont actuellement considérés pour cette mission, le président semblant enclin à sélectionner parmi eux une équipe resserrée qui oeuvrera en parallèle aux experts judiciaires de la Maison Blanche.

M. Trump s’est dit jeudi victime d’une chasse aux sorcières sans précédent, au lendemain de la nomination d’un procureur spécial dans l’enquête sur l’ingérence russe dans l’élection présidentielle de l’an dernier.

Donald Trump s’est lui-même impliqué dans le recrutement de ces avocats, précise le Washington Post. Le président ne cache pas son exaspération provoquée par ces investigations, également menées par une commission parlementaire du Congrès.

Le numéro deux du ministère de la Justice, Rod Rosenstein, a annoncé mercredi la nomination de Robert Mueller, un ancien directeur du FBI respecté, pour conduire une enquête sur une éventuelle collusion entre des proches de Donald Trump et la Russie.

Disposant d’une plus grande latitude d’action et d’une indépendance renforcée, M. Mueller devrait poursuivre durant des mois ses investigations, qui vont durablement assombrir le mandat du président américain.[/toggle]