Trump menace les institutions américaines, dénonce l’ex patron des renseignements James Clapper

L'ex directeur national du renseignement américain (DNI) James Clapper a déclaré dimanche 14 mai sur CNN que Donald Trump est une menace les institutions américaines. (Capture d'écran)
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L’ancien directeur du renseignement américain (DNI), James Clapper, a lancé un avertissement sombre et sévère sur l’état du gouvernement américain après la décision du président Donald Trump de limoger le directeur du FBI, James Comey, la semaine dernière, déclarant qu’il s’agit là d’une attaque contre les institutions américaines.

« Je pense que de bien des manières nos institutions sont menacées de l’extérieur, et la principale information ici est que la Russie a interféré dans notre élection. Mais je pense aussi que nos institutions sont menacées de l’intérieur », a-t-il dit sur CNN.

Menacées par le président ? s’est-il vu demander. « Exactement », a-t-il répondu.

Clapper a aussi appelé les autres branches du gouvernement fédéral à intensifier leur rôle de contrôle de l’exécutif.

« Les pères fondateurs, dans leur génie, ont créé un système de trois branches de gouvernement co-égales et un système intégré de contrôles et contrepoids », a déclaré Clapper. « Je pense que c’est cela qui est attaqué et qui est érodé ».

Ce qui se passe autour de l’enquête sur la Russie est très inquiétant, souligne l’ancien lieutenant général de l’US Air Force et ancien directeur du renseignement national des États-Unis, qui dit souhaiter que les Républicains écoutent la voix de leur conscience et parlent.

Pour leur part, de élus du Congrès américain ont mis la pression dimanche sur Donald Trump à propos du limogeage du directeur du FBI James Comey, appelant à ce que le président américain remette ses éventuels « enregistrements » de conversations avec le premier policier des États-Unis.

Dans un tweet sibyllin vendredi, le président avait menacé: « James Comey ferait bien d’espérer qu’il n’existe pas d’+enregistrements+ de nos conversations avant qu’il ne commence à faire des révélations à la presse! ».

M. Comey a été renvoyé mardi alors que la police fédérale (FBI) enquête sur les liens entre l’équipe de campagne de M. Trump et la Russie.

Les communicants de la Maison Blanche ont refusé de commenter ce tweet de M. Trump et de dire si le président enregistrait effectivement ses conversations avec ses interlocuteurs dans le Bureau ovale.

Pour les démocrates, ce message sur Twitter est clairement une tentative d’intimidation et Chuck Schumer, leur chef au Sénat, a martelé sur CNN que s’il a des enregistrements, « le président doit les remettre immédiatement, bien sûr. Les détruire serait une violation de la loi ».

Et dans une autre interview sur NBC, M. Schumer a demandé qu’un procureur spécial soit nommé par le ministère de la Justice pour travailler sur l’affaire russe, parce qu’il « pourrait réellement poursuivre des gens pour des violations de la loi ».

Le sénateur démocrate Mark Stone, membre de la commission du Renseignement qui enquête elle aussi sur les relations entre la campagne de Donald Trump et Moscou, veut être sûr que « ces cassettes, si elles existent, soient préservées ».

Côté républicain, l’un des sénateurs les plus conservateurs, Mike Lee, a aussi estimé « probablement inévitable » que de tels enregistrements soient remis. « S’il existe bien de tels enregistrements, je pense qu’ils seront demandés par la justice et ils devront probablement les donner », a-t-il dit sur Fox.

M. Lee a cependant donné le bénéfice du doute au républicain Trump: « À ma connaissance, il coopère pleinement et il veut que cette enquête aille à son terme ».

Son pair républicain Lindsey Graham a conseillé sur NBC au président de « prendre du recul et laisser l’enquête avancer ».

*Avec AFP