Washington n’interdit pas à ce stade les ordinateurs sur les vols depuis l’Europe

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Un voyageur met son ordinateur dans son sac avant de s'envoler pour Londres à l'aéroport de Tunis le 25 mars 2017. (AFP/FETHI BELAID)
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Un voyageur met son ordinateur dans son sac avant de s’envoler pour Londres à l’aéroport de Tunis le 25 mars 2017. (AFP/FETHI BELAID)

Les États-Unis n’interdisent pas à ce stade les ordinateurs portables en cabine sur les vols en provenance d’Europe, selon le ministère américain de la Sécurité intérieure, qui craint que ces appareils soit piégés par des bombe de l’organisation État islamique.

Pour autant, un élargissement de cette interdiction, déjà en vigueur pour les avions en provenance du Moyen-Orient, est « toujours sur la table » des mesures envisagées « si le niveau de menace le justifie », a précisé dans un communiqué le ministre américain de la Sécurité intérieure John Kelly.

Celui-ci s’exprimait après s’être entretenu par téléphone avec les commissaires européens aux Affaires intérieures Dimitris Avramopoulos, et au Transport Violeta Bulc.

« Les deux parties ont convenu d’intensifier les discussions au niveau technique et politique afin de trouver des solutions communes pour atténuer les menaces potentielles pour la sécurité aérienne », a commenté à l’issue de cet échange téléphonique un porte-parole de la Commission.

« Aucune annonce n’a été faite côté américain pendant la conversation », a-t-il ajouté.

Dimanche, John Kelly avait fait valoir sur la chaîne Fox que les autorités américaines étaient prêtes à interdire les ordinateurs portables sur tous les vols à destination des Etats-Unis.

« Il y a une menace réelle (…). C’est vraiment l’obsession des terroristes: abattre un avion en vol, particulièrement un avion américain, bondé d’Américains à bord », avait déclaré M. Kelly.

Le 21 mars, les autorités américaines avaient interdit aux passagers en provenance de dix aéroports dans huit pays arabes et en Turquie de transporter en cabine ordinateurs portables, tablettes et autres appareils électroniques d’une taille supérieure à celle d’un téléphone portable.

Ils avaient ensuite fait savoir que ces restrictions pourraient être étendues à d’autres régions, dont l’Europe.

Les États-Unis disposent d’informations de services de renseignement selon lesquelles un ordinateur portable pourrait être utilisé pour déclencher une bombe à bord d’un avion.

Les experts américains et la Commission européenne ont multiplié les contacts pour discuter des conditions de cette éventuelle interdiction.

Une interdiction américaine sur les ordinateurs portables pourrait semer la pagaille dans les aéroports européens, avec plus de 3.250 vols par semaine prévus cet été entre les pays de l’Union européenne et les Etats-Unis, selon des chiffres du secteur.

Le ministre américain et les commissaires européens ont aussi exprimé mardi « leur accord pour relever la barre de la sécurité » dans le secteur aérien et pour « maintenir des lignes de communication et de coopération claires » à ce sujet, selon le DHS.

Les huit pays concernés par l’interdiction sont la Turquie, la Jordanie, l’Egypte, l’Arabie saoudite, le Koweït, le Qatar, les Emirats arabes unis et le Maroc.

En mars, emboîtant le pas de Washington, le Royaume-Uni avait pris une mesure similaire limitée à six pays: Turquie, Liban, Jordanie, Egypte, Tunisie et Arabie saoudite.