À Valcartier, le colonel Boivin succède au brigadier-général St-Louis à la tête du 5 GBMC (PHOTOS/VIDÉO)

Le brigadier-général Michel-Henri St-Louis a remis le commandement du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada (5 GBMC) au colonel Stéphane Boivin lors d’une cérémonie présidée par le brigadier-général Hercule Gosselin, commandant de la 2e Division du Canada, jeudi 22 juin en après-midi sur la Base militaire Valcartier.(Jacques N. Godbout/45eNord.ca)
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Lors d’une cérémonie présidée par le brigadier-général Hercule Gosselin, commandant de la 2e Division du Canada, jeudi 22 juin sur la Base militaire Valcartier, le brigadier-général Michel-Henri St-Louis a remis le commandement du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada (5 GBMC) au colonel Stéphane Boivin dont le mandat à la tête de cette importante et prestigieuse brigade s’annonce tout aussi occupé que celui de son prédécesseur.

« Je quitte aujourd’hui la 5e Brigade avec le sentiment du devoir accompli. Mon séjour à la tête de cette formation qui abonde d’hommes et de femmes exceptionnels a été rempli de défis et s’est révélé riche en expérience professionnelle et personnelle. Je remercie tous ceux que j’ai eu le privilège de côtoyer et qui ont été une source d’inspiration pour moi. Le 5 GBMC regorge d’exemples de militaires courageux et résilients qui sont prêts à servir en tout temps, comme ce fût démontré lors des dernières crues printanières au Québec », a déclaré le commandant sortant, le brigadier-général Michel-Henri St-Louis, commandant sortant du 5 GBMC.

Dernier « commandement tactique » pour le brigadier-général Saint-Louis

Ce moment était particulièrement émouvant pour le brigadier-général Saint-Louis dont c’était le dernier « commandement tactique »:

« Je suis rempli d’émotions et surtout un brin de nostalgie. Nostalgie [qui tient au] fait qu’avec ce départ de la 5e Brigade, c’est 25 ans de carrière et, aujourd’hui, on tourne une page parce que, dans notre service, où je suis rendu, ça sera la dernière fois que je vais être proche des soldats, des hommes et des femmes des unités de la 5e Brigade, pouvoir partager avec eux les défis, les difficultés et aussi les succès. Avec mon départ aujourd’hui , c’est une période de service qui change de façon fondamentale. », explique celui qui, à titre de commandant général adjoint de la base américaine Lewis-McChord aux États-Unis, passe maintenant au « commandement institutionnel », très différent, note-il, du « commandement tactique ».

D’autant plus que le brigadier-général a commandé le 5e GBMC dans un moment particulièrement important alors que dès la première année de son mandat, la brigade étant en haute disponibilité et « qu’avec les déploiements en Pologne, en Ukraine, au Koweït, en Irak et un peu partout ailleurs au monde », de souligner le commandant sortant aujourd’hui, « on avait le plus grand nombre de troupes déployées à partir de Valcartier depuis la fin de la guerre en Afghanistan ».

« Ce qui m’a énergisé », n’hésite pas à déclarer le brigadier-général, « c’est de voir le travail des jeunes hommes et jeunes femmes qui se sont illustrés par les résultats sur le terrain pendant ces déploiements ». Sans oublier le plus gros déploiement, l’opération LENTUS d’aide aux autorités civiles lors des récentes inondations au Québec

Mais c’est bien sûr avec une confiance totale qu’il cède le commandement à son successeur, le colonel Stéphane Boivin, qui ne cache pas lui non plus son émotion d’ainsi prendre la relève du brigadier-général Saint-Louis à la tête d’une brigade aussi importante et prestigieuse.

Depuis son enrôlement dans les Forces armées canadiennes en 1988, le colonel Boivin cumule divers mandats qui ont enrichi son expérience et son leadership. Il a notamment occupé différents postes d’état-major et de commandement au 12e Régiment blindé du Canada (12 RBC) entre 1997 et 2013. Il a d’ailleurs pris le commandement du 12 RBC de 2011 à 2013. Le colonel Boivin arrive du Australian Defence College, à Canberra, où il a complété avec succès le Defence and Strategic Studies Course.

À titre de commandant du 5 GBMC, le colonel Boivin dirigera les huit unités de la Force régulière fournissant un solide savoir-faire lié à l’artillerie, au corps blindé, au génie de combat, aux transmissions, à l’infanterie et à la logistique militaire. Pour la prochaine année, les priorités du colonel Boivin seront sans contredit axées sur la montée en puissance (préparation opérationnelle) puis sur la haute disponibilité opérationnelle des troupes du 5 GBMC.

Le colonel Boivin ne chômera pas

« Le quartier général lui-même va monter en puissance pour être prêt à déployer au delà de la prochaine année », fait observer le colonel. « Les forces aussi, que ce soit en Lettonie, que ce soit en Ukraine en support; ce sont toutes des missions qui sont actuellement alignées pour la 5e Brigade dans un avenir très rapproché ».

Sans entrer dans des considérations politiques, le colonel Boivin ne cache pas non plus que la nouvelle politique de défense, qu’on attendait depuis longtemps et qui formalise ce que voulaient les militaires depuis longtemps, lui semble extrêmement positive et donne « pour nous [militaires, NDLR] des jalons qui sont très bien ».

Une des priorités au groupe-brigade qui concorde avec la nouvelle politique de défense sera « Le personnel d’abord »: « S’assurer », explique le nouveau commandant du 5eGBMC, « que nos gens sont bien pris en charge, qu’ils ont une carrière remarquable à la fin de laquelle ils ont un sentiment d’accomplissement ».

Un autre objectif sera la diversité: diversité de sexe, de religion, « et s’assurer qu’on a une intégration, une harmonie », souligne également le colonel Boivin

En outre, l’instar de son prédécesseur qui a abordé la question dans son discours d’adieu, le commandant entrant ne tente pas non plus d’escamoter le problème « qui est notre talon d’Achille actuellement et qui est au centre de l’opération HONNEUR », l’inconduite sexuelle qui, réitère-t-il, ne sera plus tolérée au sein des Forces armées canadiennes.

Et aujourd’hui, s’adressant aux soldats présents à la parade de changement de commandement, le commandant entrant, le colonel Boivin, a déclaré « Vous (soldats de Valcartier) faites partie de ce que le pays a de mieux à offrir : résilients mentalement et physiquement, mais au-dessus de tout, des professionnels d’exception, avec une culture francophone qui nous est propre et faisant preuve d’un dévouement inlassable à la défense et à la sécurité de notre pays et de ses citoyens. »