«Attaque terroriste» contre des piétons près d’une mosquée à Londres

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Photo prise depuis un téléphone portable montrant des policiers bloquant les accès du London Bridge après un « incident majeur » à Londres, le 3 juin 2017. (AFP/Daniel SORABJI)

Une nouvelle attaque terroriste a frappé Londres dans la nuit de dimanche à lundi, quand un homme a foncé sur des piétons avec sa camionnette à la sortie d’une mosquée, selon la police.

« Un homme a été prononcé mort sur les lieux » de l’attaque mais il est « trop tôt » selon la police, pour dire si son décès est lié aux événements ou non. Il recevait des premiers soins par des personnes présentes sur place lorsque le véhicule a fauché des piétons.

Dix personnes ont été blessés lors de cette attaque qualifiée d' »attaque terroriste » par la police qui a précisé que « toutes les victimes sont issues de la communauté musulmane ».

« Huit blessés ont été conduits dans trois hôpitaux différents » et deux autres personnes, légèrement blessées, ont été soignées sur place.

Le conducteur de la camionnette, âgé de 48 ans, a été immobilisé par les personnes sur place et arrêté pour « tentative de meurtre », a ajouté la police. Il a ensuite été emmené à l’hôpital et devra subir une expertise psychologique.

Plusieurs organisations musulmanes ont dénoncé un acte « islamophobe » visant « intentionnellement » les fidèles qui sortaient de la mosquée après avoir prié vers minuit, dans le cadre du ramadan et de la rupture du jeûne.

Le maire de Londres, Sadiq Khan, lui-même musulman, a dénoncé cette « attaque terroriste horrible » qui a visé « délibérément d’innocents londoniens dont beaucoup qui finissaient de prier en ce mois saint de ramadan ».

La Première ministre Theresa May a convoqué une réunion d’urgence dans la matinée.

La police a été appelée juste après 00H20 (23H20 GMT).

Selon le Conseil musulman du Royaume-Uni (MCB), « une camionnette a percuté des fidèles alors qu’ils quittaient la mosquée de Finsbury Park ». « Nos prières vont aux victimes », a-t-il ajouté.

Cette organisation représentative des musulmans britanniques a dénoncé le fait que « ces dernières semaines et mois, les musulmans ont enduré beaucoup d’actes d’islamophobie ».

Harun Khan, à la tête du MCB, a affirmé que le véhicule avait agit « intentionnellement ».

Les organisations musulmanes Ramadhan Foundation et Cage, spécialisée dans la défense des droits de l’Homme, ont également dénoncé cette attaque et « la hausse rampante de l’islamophobie », en appelant « au calme ».

« Je veux tuer tous les musulmans », a crié un homme de 48 ans en précipitant sa camionnette sur des fidèles sortant de la mosquée de Finsbury Park dans le nord-est de Londres dans la nuit de dimanche à lundi, ont raconté des témoins.

La foule était en train de quitter la mosquée peu après minuit en ce mois de ramadan où beaucoup de fidèles se retrouvent pour prier le soir, après la rupture du jeûne, quand la camionnette blanche a foncé sur un groupe de personnes en train de secourir un homme qui s’était évanoui.

« La camionnette a soudainement tourné à gauche et a délibérément percuté des gens », a raconté Abdiqadir Warra à l’AFP.

« Il s’est engagé dans une allée et il a roulé sur des gens. Il en a traîné certains sur plusieurs mètres », a-t-il ajouté.

« L’un d’entre eux était sous la camionnette et les gens se sont rassemblés pour soulever le véhicule afin de sortir l’homme qui était en-dessous », a-t-il poursuivi.

Selon Khalid Amin, un autre témoin interrogé par la BBC, l’auteur des faits a crié: « tous les musulmans, je veux tuer tous les musulmans! ».

Soutien du rabbin 

Les passants ont réussi à l’immobiliser après qu’il eut essayé de fuir. « Les gens l’ont entouré » jusqu’à l’arrivée de la police qui l’a arrêté, selon M. Amin.

Selon la police, l’homme est âgé de 48 ans et aurait agi seul. Il a été conduit dans un hôpital pour subir une expertise psychologique.

« Les gens criaient: ‘c’est une attaque terroriste, cet homme nous attaque' », raconte à l’AFP Athman, un autre témoin. « Je suis alors retourné sur mes pas pour essayer d’aider les gens, leur donner de l’eau, aider la police ».

Selon lui, le responsable de l’attaque a fait « des signes de victoire dans le fourgon de police, il était très content ».

Alors que l’inquiétude était palpable ces dernières semaines chez les musulmans britanniques à la suite de trois attentats revendiqués par le groupe jihadiste État islamique depuis le 22 mars, Athman souligne: « il a choisi le moment, il a choisi le lieu et il a choisi la cible. C’est le mois sacré du ramadan ».

« Les gens ne se sentent pas en sécurité car depuis les attaques terroristes de Londres et Manchester, il y a eu une hausse de l’islamophobie et des crimes haineux », a dit le président de la mosquée de Finsbury Park Mohammed Kozbar.

« Notre communauté est en état de choc », a-t-il ajouté, condamnant cette « attaque terroriste haineuse » et appelant les fidèles qui assistent aux prières à se montrer vigilants.

Mendy Korer, le rabbin d’une synagogue locale, est venu manifester son soutien. « Nous vivons ensemble, il appartient à chacun d’entre nous de rompre ce cycle. Nous ne pourrons pas régler les problèmes du monde, mais nous devons régler ceux de notre quartier » a-t-il déclaré à l’AFP.

‘Sang sur les mains’

Les habitants ont tenu à exprimer leur solidarité. Certains sont venus déposer des bouquets de fleurs devant la porte de la mosquée, un grand bâtiment en briques rouges avec un minaret orné d’un croissant doré, située à une centaine de mètres de l’attaque.

Certains bouquets sont accompagnés de messages. « Une seule communauté, rassemblée », peut-on lire sur l’un d’eux. « Nous ne serons pas divisés », est-il écrit, en lettres multicolore, sur une pancarte.

« Il faut que les gens sachent qu’à Londres, nous vivons tous côte-à-côte », souligne Jamal Ahmef, 23 ans. « Nous sommes tolérants, quelles que soient les religions, les ethnies, la couleur de peau. Nous sommes tous des êtres humains en fin de compte ».

Dans ce quartier populaire, multiethnique, les autorités concentrent le mécontentement. Certains ont dénoncé la lenteur de la police à qualifier l’attaque de terroriste, estimant qu’il y avait deux poids deux mesures.

La Première ministre Theresa May est également visée. « Je ne veux pas la voir, qu’elle ne vienne pas ici, ou j’aurai deux mots à lui dire », se fâche Tinkerbell McDonagh, une jeune maman en larmes qui craint qu’un de ses amis figure parmi les victimes. « Elle a du sang sur les mains », accuse-t-elle, en allusion aux coupes dans les effectifs policiers opérées par les conservateurs.

Traînés sur plusieurs mètres

« Il a foncé sur les gens. Il en a traîné quelques-uns sur plusieurs mètres », a raconté à l’AFP Abdiqadir Warra, qui a assisté à l’attaque.

« Je veux tuer tous les musulmans », aurait crié l’auteur des faits selon Khalid Amin, un témoin interrogé par la BBC.

Dans une vidéo amateur vue par l’AFP, trois personnes sont allongées sur le sol, dont une recevant un bouche-à-bouche.

« Horrible de voir des policiers faire des massages cardiaques à des gens allongés par terre en espérant désespérément les sauver », a écrit sur Twitter Cynthia Vanzella, témoin de la scène.

Cet événement se produit dans un climat d’extrême fébrilité au Royaume-Uni, frappé par trois attentats en trois mois, dont deux impliquant des véhicules ayant fauché des piétons.

La reine Elizabeth II a adressé samedi à ses sujets un message d’une gravité inhabituelle.

« Cette année, il est difficile de ne pas ressentir la très sombre humeur nationale », a-t-elle déclaré en invitant les Britanniques à puiser dans leurs ressources, dans leur histoire, pour répondre à la « succession de terribles tragédies » des derniers mois: trois attentats sanglants et l’incendie d’une tour de logements sociaux à Londres qui a fait 30 morts et au moins 28 disparus présumés morts.

Le 22 mars, Khalid Masood, Britannique de 52 ans converti à l’islam et connu des services de police, avait fauché des piétons en lançant sa voiture de location sur le trottoir du pont de Westminster dans le centre de Londres, avant de poignarder à mort un policier devant le Parlement. Cinq personnes avaient été tuées.

Le 22 mai à Manchester, un attentat-suicide avait fait 22 morts et une centaine de blessés à la sortie d’un concert de la pop-star américaine Ariana Grande.

Dans la nuit du 3 au 4 juin, trois assaillants à bord d’une camionnette avaient foncé sur la foule sur le London Bridge, puis poignardé plusieurs personnes à Borough Market avant d’être abattus par la police. Huit personnes avaient trouvé la mort.

La mosquée de Finsbury Park était connue, au début des années 2000, pour être un haut lieu des militants islamistes de Londres qui venaient écouter les prêches enflammés d’Abou Hamza. Ce prêcheur d’origine égyptienne a été condamné à la prison à perpétuité en janvier 2015 aux Etats-Unis pour onze chefs d’inculpation liés à une prise d’otages et pour terrorisme.

La direction de la mosquée a depuis changé mais des lettres de menaces avaient été reçues après les attentats à Paris en novembre 2015. La mosquée a condamné cette « attaque terroriste haineuse » dans un communiqué.

« Notre communauté est en état de choc », a dit son président Mohammed Kozbar, appelant les fidèles qui assistent aux prières à se montrer vigilants.

Un appel relayé par la police. « Des forces supplémentaires ont été déployées à travers Londres pour rassurer les communautés, spécialement celles qui observent le ramadan. Nous appelons tout le monde à rester calme et vigilant », a déclaré Neil Basu, responsable du contre-terrorisme à la Metropolitan Police de Londres.

La Première ministre Theresa May a promis lundi de combattre le terrorisme sous toutes ses formes après une nouvelle « attaque terroriste » à Londres, frappant cette fois des fidèles musulmans près de la mosquée de Finsbury Park, en plein ramadan.

Cette attaque « nous rappelle que le terrorisme, l’extrémisme et la haine prennent de nombreuses formes, et notre détermination à les combattre quel que soit le responsable », a déclaré Mme May à la presse, devant ses bureaux du 10, Downing Street après une réunion d’urgence du gouvernement.

L’ attaque, qualifiée de terroriste par la police, s’est produite dans la nuit de dimanche à lundi près de la mosquée de Finsbury Park, dans le nord est de Londres. Un homme de 48 ans, au volant d’une camionnette blanche, a foncé sur les piétons qui sortaient pour la plupart d’un service religieux, après l’Iftar, la rupture du jeûne.

Un homme a été prononcé mort sur les lieux de l’attaque mais selon la police il est « trop tôt » pour dire si son décès est lié aux événements ou non. Il recevait des premiers soins après un malaise, prodigués par des personnes sur place, lorsque le véhicule a fauché la foule.

Dix personnes ont été blessés lors de cette attaque, toutes issues de la communauté musulmane, a précisé la police.

mosquée « Huit blessés ont été conduits dans trois hôpitaux différents » et deux autres personnes, légèrement blessées, ont été soignées sur place.

Plusieurs organisations musulmanes ont dénoncé un acte « islamophobe » visant « intentionnellement » les fidèles qui sortaient de la mosquée.

Le maire de Londres, Sadiq Khan, lui-même musulman, a dénoncé une « attaque terroriste horrible » qui a visé « délibérément d’innocents Londoniens dont beaucoup qui finissaient de prier en ce mois saint de ramadan ».

Le Conseil musulman du Royaume-Uni (MCB), organisation représentative des musulmans britanniques, a dénoncé le fait que « ces dernières semaines et mois, les musulmans ont enduré beaucoup d’actes d’islamophobie ».

Les organisations musulmanes Ramadhan Foundation et Cage, spécialisée dans la défense des droits de l’Homme, ont également dénoncé cette attaque et « la hausse rampante de l’islamophobie », en appelant « au calme ».

‘Rompre ce cycle’ 

Face à l’adversité, de nombreux Londoniens ont déposé des bouquets de fleurs, accompagnés pour certains de message de solidarité. « Une seule communauté, rassemblée », peut-on lire sur l’un d’eux.
« Nous vivons ensemble, il appartient à chacun d’entre nous de rompre ce cycle. Nous ne pourrons pas régler les problèmes du monde, mais nous devons régler ceux de notre quartier », a déclaré à l’AFP Mendy Korer, le rabbin d’une synagogue locale.

« Il faut que les gens sachent qu’à Londres, nous vivons tous côte-à-côte », souligne Jamal Ahmef, 23 ans. « Nous sommes tolérants, quelles que soient les religions, les ethnies, la couleur de peau. Nous sommes tous des êtres humains ».

Cette attaque se produit dans un climat d’extrême fébrilité au Royaume-Uni, après trois attentats en trois mois revendiqués par le groupe jihadiste Etat islamique, et un incendie tragique dans une tour londonienne qui a fait 79 morts la semaine dernière.

Le 22 mars, Khalid Masood, Britannique de 52 ans converti à l’islam, avait fauché des piétons en lançant sa voiture sur le trottoir du pont de Westminster, dans le centre de Londres, avant de poignarder à mort un policier devant le Parlement. Cinq personnes avaient été tuées.

Le 22 mai à Manchester, un attentat-suicide avait fait 22 morts et une centaine de blessés à la sortie d’un concert de la pop-star américaine Ariana Grande.

Et dans la nuit du 3 au 4 juin, trois assaillants à bord d’une camionnette avaient foncé sur la foule sur le London Bridge, puis poignardé plusieurs personnes à Borough Market avant d’être abattus par la police. Huit personnes avaient trouvé la mort.

La mosquée de Finsbury Park était connue au début des années 2000 pour être un haut lieu des militants islamistes de Londres qui venaient écouter les prêches enflammés d’Abou Hamza. Ce prêcheur d’origine égyptienne a été condamné à la prison à perpétuité en janvier 2015 aux Etats-Unis pour onze chefs d’inculpation liés à une prise d’otages et pour terrorisme.

La direction de la mosquée a depuis changé mais des lettres de menaces avaient été reçues après les attentats à Paris en novembre 2015.

« Notre communauté est en état de choc », a dit son président Mohammed Kozbar, appelant les fidèles qui assistent aux prières à se montrer vigilants.

Un appel relayé par la police. « Des forces supplémentaires ont été déployées à travers Londres pour rassurer les communautés, spécialement celles qui observent le ramadan. Nous appelons tout le monde à rester calme et vigilant », a déclaré Neil Basu, un responsable du contre-terrorisme.

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