Le «kill shot» en Irak: un appui clair et fort de Justin Trudeau

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Un membre des forces spéciales canadiennes en action. (Archives/COMFOSCAN/YouTube)
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Un membre des forces spéciales canadiennes en action. (Archives/COMFOSCAN/YouTube)

Écartant les critiques de ceux qui prétendent que le « kill shot » d’un membre des forces spéciales canadiennes pourrait remettre en cause la nature de la mission canadienne en Irak, le premier ministre Trudeau a plutôt soutenu mardi que le fait qu’un tireur d’élite canadien eut fracassé un record en atteignant une cible djihadiste en Irak à plus de 3,5 kilomètres doit être « célébré ».

Le premier ministre a du même souffle tenu à dire que cet exploit, témoignant de l’«excellence» des forces canadiennes, ne changeait en rien la nature de la mission du Canada en Irak, qui reste une mission de soutien et non pas une mission de combat.

Le chef du gouvernement a fait valoir que la défense – celle qui est légitime et celle que le Canada assure à ses partenaires de la coalition contre Daech (le groupe armé État islamique) – était bel et bien une « partie intégrante» de la mission canadienne ».

Le premier ministre a tenu ces propos mardi, à Ottawa, quelques jours après l’annonce qu’un tireur d’élite des forces spéciales canadiennes a battu le record du monde du plus long tir pour tuer (kill shot) dans l’histoire militaire à une distance de… trois kilomètres et demi !

Lors d’une mission en mai dans le nord irakien, le militaire de la Deuxième Force opérationnelle interarmées (FOI2), accompagné de son observateur, a tué un combattant du groupe armé État islamique avec son fusil TAC-50 Mc Millan de calibre 50 (12,7 mm) depuis une haute position où ils avaient pris place. Il a fallu pas moins de 10 secondes à la balle pour parcourir les 3540 mètres séparant le tireur d’élite de sa cible !

La «FOI2, dont la mission est de protéger « les intérêts canadiens et lutte contre le terrorisme au pays et à l’étranger », est actuellement est déployée dans le cadre de la mission canadienne pour combattre Daech.

La nouvelle du « kill shot » avait inquiété le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, l’amenant à se questionner sur le rôle des militaires du Canada dans cette région du monde. Le chef néo-démocrate a écrit au premier ministre Trudeau la semaine dernière afin de lui faire part de ses inquiétudes quant au tir et ce qu’il représentait pour la mission du Canada en Irak qui n’est pas censée être une mission de combat

Thomas Mulcair écrivait dans sa lettre au chef du gouvernement canadien que cela « soulève de sérieuses questions» sur la prétention du gouvernement «que les forces canadiennes ne sont pas impliquées dans les combats directs ».

Le gouvernement canadien et le général Jonathan Vance, chef d’état-major de la Défense, ont toujours soutenu que la mission en Irak était une mission de soutien. « Nous sommes un parti légal dans un conflit armé… Mais la technique que nous utilisons est relativement nouvelle, a déclaré l’an dernier et depuis répété maintes fois le général Vance, donnant l’exemple de missions de maintien de la paix, qui n’étaient pas considérées comme des opérations de combat, mais qui ont fini par du combat.

En Irak, les militaires marquent les cibles pour les frappes aériennes.

De plus, les conseillers militaires des forces spéciales accompagnent régulièrement les forces kurdes sur la ligne de front et sont à risque. C’est ainsi qu’en décembre 2016, par exemple, des centaines de djihadistes avaient lancé une série d’attaques massives sur des positions kurdes. Des militaires canadiens qui étaient avec les kurdes ont alors dû se défendre et répliquer.

Être un homme politique libéral aux idées progressistes n’est certainement pas synonyme de naïveté et aujourd’hui, devant les critiques prévisibles et les arguties sur la définition de ce qu’est une « mission de combat », le premier ministre a exprimé clairement son appui et ses félicitations au sniper canadien qui a fait avec brio ce qu’on attendait de lui, éliminer un djihadiste qui représentait un danger imminent pour les Canadiens et leurs alliés.