Le NCSM Chicoutimi percuté par un ORCA alors qu’il était amarré à Esquimalt

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Le NCSM Chicoutimi alors qu’il quittait la cale sèche pour entreprendre des essais en mer en novembre 2013 (MDN)

Un navire de patrouille servant à l’entraînement a frappé le sous-marin de classe Victoria NCSM Chicoutimi alors qu’il était amarré au chantier naval de la BFC Esquimalt, a confirmé à 45eNord.ca une porte-parole de la direction des Forces maritimes du Pacifique (MARPAC).

L’événement s’est produit ce jeudi vers 8 heures (heure du Pacifique), a déclaré à 45eNord.ca l’enseigne de vaisseau Mélissa Kya.

Le NCSM Cougar (ORCA 61) est un bateau de patrouille de classe Orca utilisé pour la formation. Un officier qualifié commandait le navire au m oment de l’incident, mais l’équipage, bien sûr, était constitué de marins débutants. L’ORCA 61 sortait du chantier naval et menait une manœuvre d’amarrage à faible vitesse lorsqu’il a frappé le sous-marin de classe Victoria. Il a alors touché la garde stabilisatrice du NCSM Chicoutimi qui était amarré le long de la jetée au moment de la collision. La pièce de bois qu’est la garde stabilisatrice a joué son rôle et protégé le sous-marin qui n’a subi aucun dommage.

Les plongeurs de l’unité de plongée de la flotte (Pacifique), qui ont effectué les inspections initiales sur les deux navires, ont constaté des dégâts mineurs sur le navire de la classe Orca, principalement aux propulseur, dont quelques lames sont tordues.

Finalement, plus de peur que de mal, même si, comme il se doit, une enquête déterminera la cause de l’accident et des mesures appropriées seront prises une fois tous les faits connus.

La basse-vitesse et la présence d’une garde stabilisatrice semble expliquer l’issue heureuse de l’incident.

Un navire de patrouille de classe Orca. (Wiki)

Les navires de la classe Orca, au nombre de huit, sont les bateaux de formation et de patrouille de la Marine royale canadienne. Ils ont été construits au début de la décennie aux Chantiers Victoria Shipyards à Esquimalt.

Les sous-marins de classe Victoria, au nombre de quatre, d’origine britannique, opèrent depuis 2000 pour la Marine royale canadienne. Ils ont déjà connu leur lot de malheur, à commencer le Chicoutimi.

Lors de son transfert au Canada le 5 octobre 2004, s’était déclaré un incendie d’origine électrique à la suite d’une inondation partielle à bord du Chicoutimi. Un marin, le lieutenant Chris Saunders, était alors décédé suite aux blessures subies.

Après trois ans de réparation, le sous-marin avait pu finalement reprendre du service en… septembre 2015.

Après bien des péripéties qui ont affectés le Victoria, le Corner Brook, le Windsor et le Chicoutimi, achetés de la Grande-Bretagne en 1998 et entrés en service en 2000, permettant ainsi le retrait des Oberon qui avaient alors 33 ans de service, la flotte de sous-marins de classe Victoria était enfin devenue opérationnelle en 2015.

Les sous-marins de la classe Victoria assurent la surveillance et apportent un soutien aux activités d’exécution de la loi dans le cadre des enquêtes portant sur le trafic de stupéfiants, la migration clandestine et les cas de pollution en plus de réaliser d’autres opérations nationales et internationales. Ces sous-marins sont secrets, bien armés et capables de patrouiller sur de grandes distances, assure le ministère canadien de la Défense.

Un sous-marin de la classe Victoria coûte près d’un quart du coût d’une nouvelle flotte de sous-marins dotés de capacités comparables, souligne Ottawa, et le gouvernement fédéral a récemment annoncé qu’il comptait moderniser le NCSM Chicoutimi et les trois autres sous-marins pour qu’ils restent encore en service jusqu’en 2030.