Malgré l’escalade militaire en Syrie, le Canada poursuit sa mission

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Un officier de communication tactique envoie des messages pendant une mission de surveillance au-dessus de l’Irak dans un CP-140 Aurora dans le cadre de l’opération IMPACT[Note: photo modifiée numériquement pour des raisons de sécurité opérationnelle] (Op IMPACT/MDN)
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Un navigateur tactique à bord d’un aéronef CP-140 Aurora garde un œil attentif sur son écran lors d’une mission de combat en Irak dans le cadre de l’opération IMPACT. (Archives/Opération IMPACT/MDN)

Même si l’Australie a annoncé suspendre sa participation aux frappes aériennes en Syrie et qu’un nouvel incident entre un avion américain et un drone «de fabrication iranienne» rajoute encore un peu d’huile sur le feu, le Canada poursuit la mission telle que définie dans son mandat.

La coalition a annoncé avoir abattu dans la nuit de lundi à mardi un drone armé des forces pro-régime dans le sud syrien près d’Al-Tanaf, nouvel incident entre la coalition et les forces du régime de Damas.

Le drone de fabrication iranienne Shaheed 129 a été abattu par un avion américain F-15 Strike Eagle après avoir «montré une intention hostile et s’être dirigé vers des forces de la coalition», a indiqué la coalition dans un communiqué.

Dimanche, un avion de chasse américain avait abattu un appareil de l’armée syrienne dans la région de Raqa dans le nord de la Syrie.

L’ONU a averti lundi d’un risque «d’escalade militaire» en Syrie après cette série d’incidents entre coalition et forces pro-régime.

La Russie alliée du régime de Damas a annoncé qu’elle suspendait son canal de communication militaire avec les Américains sur les opérations en Syrie et prévenu qu’elle pointerait ses missiles vers les avions de la coalition internationale survolant la Syrie à l’ouest de l’Euphrate. Moscou est même allé jusqu’à accuser ce mardi 20 la coalition internationale menée par les États-Unis de «complicité de terrorisme».

Dans un courriel envoyé à 45eNord.ca, la CJTF-OIR (la Force opérationnelle interarmées multinationale – Opération INHERENT RESOLVE) a déclaré que la Coalition «fait des ajustements délibérés et calculés quant à savoir où et quand certains actifs aériens opèrent afin de protéger les équipages et les actifs, tout en assurant le soutien aérien aux forces partenaires de la Coalition sur le terrain et en continuant de frapper contre les cibles» de l’EI.

Si de son côté, l’Australie a annoncé mardi la suspension de ses missions aériennes en Syrie, le Canada devrait poursuivre, même si déjà auparavant les vols vers la Syrie étaient plutôt rares.

Un des porte-parole du Commandement des Opérations Interarmées du Canada (COIC), le capitaine Vincent Bouchard, a indiqué à 45eNord.ca que «le mandat des Forces armées canadiennes dans le cadre de l’opération IMPACT n’a pas changé».

Ainsi, «les Forces armées canadiennes continuent de se concentrer sur l’amélioration de la sécurité de l’Irak en soutenant les efforts du gouvernement irakien visant à réduire la menace posée par Daech [le groupe armé État islamique, NDLR], qui opère en Irak et en Syrie et à partir de ces deux pays».

Le capitaine indique que les appareils de ravitaillement en vol (CT-150 Polaris) et de surveillance (CP-140 Aurora) opèrent de temps en temps dans l’espace aérien syrien et que cela permet de soutenir «les capacités de la coalition en matière de renseignement, de surveillance et de reconnaissance et ont permis à nos partenaires de la coalition de voler plus loin et plus longtemps, les maintenant dans les airs jusqu’à ce qu’ils aient épuisé leurs munitions ou jusqu’à ce que leur équipage atteigne ses limites».

En revanche, il refuse pour des raisons de sécurité opérationnelle d’en dire plus et donc ultimement d’évoquer «la fréquence des vols ou leur emplacement exact, pas plus que les détails relatifs à nos mesures de protection de la force et à notre processus d’évaluation du risque».

Le porte-parole du COIC précise que l’évaluation est faite de manière continuelle pour les risques liés à l’opération IMPACT et permet de s’assurer donc «que des mesures appropriées soient en place pour les atténuer».

Le gouvernement libéral de Justin Trudeau doit annoncer dans les prochains jours le renouvellement de la mission qui est supposée prendre fin au 30 juin.