Passation de commandement au 35e Groupe-brigade du Canada à l’heure du «défi recrutement» (PHOTOS/VIDÉO)

0

Le brigadier-général Josée Robidoux, a cédé le commandement du 35e Groupe-brigade (35 GBC) au colonel Richard Garon lors d’une cérémonie au Manège militaire Saint-Malo à Québec samedi 10 juin présidée par le brigadier-général Hercule Gosselin, commandant de la 2e Division du Canada et de la Force opérationnelle interarmées (Est).

Elle ne s’éloigne cependant pas tant du 35 GBC, elle qui devient maintenant commandant adjoint de la 2e Division du Canada où elle s’occupera particulièrement de la Réserve à l’heure où Ottawa a exprimer sa volonté d’augmenter ses effectifs et de lui confier plusieurs rôles nouveaux.

Le brigadier-général Robidoux avait auparavant été promue à son grade actuel le 8 juin par le chef d’État-major de la Défense, le général Jonathan Vance, lors de la Conférence des officiers généraux à Ottawa.

Après avoir passé de nombreuses années dans la Réserve des communications et la Réserve de l’Armée canadienne, Josée Robidoux a été déployée en Afghanistan en 2011-2012 à titre de conseillère principale d’un général de l’Armée nationale afghane, avec qui elle travaillait pour accroître le nombre de femmes dans l’effectif de l’armée.

Le brigadier-général Robidoux est diplômée de l’École de commandement et d’état-major de la Force terrestre et a complété le Cours de commandement et d’état-major interarmées et le programme de sécurité nationale du Colège des Forces canadiennes de Toronto.

Joseée Robidoux est une « habituée » des premières, elle qui était devenue en juin 2015 la première femme commandant du 35e Groupe-brigade du Canada ainsi que la première femme à commander un groupe-brigade de la province de Québec.

Elle avait été en outre le 26 novembre 2015, nommée l’une des cent Canadiennes les plus influentes de l’année par le Réseau des femmes exécutives (RFE).

Et aujourd’hui encore une première, alors qu’elle est devenue la première femme de la Réserve de l’Armée canadienne à être promue à ce grade de brigadier-général et qu’elle occupera dorénavant le poste de commandant adjoint de la 2e Division du Canada et de la Force opérationnelle interarmées.

« Quand je suis entrée dans la Réserve [il y a 32 ans, NDLR], confie le brigadier-général Robidoux après la cérémonie, « j’aurais jamais pensé à faire une carrière aussi longue dans la Réserve. J’étais entrée pour payer mes études et j’y ai pris goût » et, d’ajouter la nouvelle commandante adjoint de la 2e Division du Canada, « je vais continuer jusqu’à ce que je n’ai plus le goût de poursuivre le travail avec la Réserve et en ce moment, j’ai encore beaucoup de choses que je veux contribuer encore ».

Ce qui aura marqué son mandat à la tête du 35 GBC, selon le brigadier-général Robidoux, « d’avoir pris le temps d’écouter, d’écouter mes soldats, mes caporaux, mes commandants, mes sergents-majors, vraiment d’écouter leurs préoccupations, mais surtout leurs idées. Ils ont des idées extraordinaires et, tout ce dont ils ont besoin, est qu’on les aide à les mettre en réalité ».

Le colonel Richard Garon

Le commandant entrant, le colonel Richard Garon, lui, a été déployé en Bosnie-Herzégovine en 2001, en Afghanistan en 2009, et a participé à plusieurs opérations domestiques au pays, (Abacus en 1999, Qadrillle ne 2001, et Provision en 2015).

Dans la vie civile, le colonel Garon, qui est titulaire d’un baccalauréat en Études militaires et d’une maîtrise en Études sur la conduite de la guerre, est chargé de cours pour le Collège militaire du Canada, l’Énap et l’Université Laval où il est doctorant en Science politique.

Ironie du sort, avant de prendre le commandement du 35e Groupe-brigade, le colonel Garon était au quartier général de la 2e Division où les officiers d’état-major de la Réserve travaillent à préparer des stratégies et des plans pour la Réserve qu’il se retrouvera aujourd’hui à devoir exécuter, ce que n’a pas manqué de souligner avec un sourire le commandant de la 2e Division, le général Gosselin, qui président à la cérémonie de passation de commandement.

« À la base, on est très bien préparé », souligne d’ailleurs le colonel Garon en prenant le commandement du 35e Groupe-brigade, « donc, je me sens confiant, mais le travail qui a été fait dans les dernières années est exceptionnel. Le 35 GBC est en santé, le 35 GBC a une longue histoire, […], et j’ai hâte de me mettre à la tâche. »

Cette année, la réalisation dont s’enorgueillit à juste titre la 2e Division est d’avoir réussi à former les chefs qu’il lui manquait « le ‘backbone’ [l’épine dorsale, NDLR] de la Réserve sont les chefs et les sergents, donc on a travaillé à augmenter le nombre de chefs durant les dernières années. », de souligner le commandant entrant.

Le 35 GBC, dont le quartier général est situé à Québec, est formée de plus de 2.200 réservistes et de 60 militaires de la Force régulière. Ils sont regroupés dans douze unités en garnison à Shawinigan, Sherbrooke, Trois-Rivières, Québec, Chicoutimi, Lévis, en Beauce et dans le Bas-Saint-Laurent.

Objectif recrutement

Et c’est maintenant, pour le 35 GBC, la 2e Division du Canada et toute la Réserve de l’Armée canadienne, le défi recrutement.

Et Josée Robidoux se prépare à relever cet autre défi en tant que commandant adjointe de la 2e Division, alors que le ministre de la Défense vient de réitérer dans sa nouvelle politique de défense, la volonté d’Ottawa d’augmenter l’effectif de la Première Réserve de 1 500 militaires (pour atteindre 30 000 au total) en plus de leur attribuer de nouveaux rôles dans les domaines de la recherche et sauvetage en milieu urbain avec équipement léger, la Défense chimique, biologique, radiologique et nucléaire, les capacités de combat (pelotons de tir direct, de mortier et de pionniers), les cyberopérateurs, les spécialistes du renseignement, les équipes de sécurité navale et les linguistes.

« J’ai eu quelques discussions avec le général Gosselin », de dire le brigadier-général Robidoux, et il y a de gros défis, de gros projets au nouveau de la 2e Division, beaucoup concernant spécifiquement la Réserve. ». Et, parmi les projets que la nouvelle commandante adjoint devra mener à terme, le premier et le plus important sera décidément le recrutement.

« L’Armée a pris en charge la responsabilité du recrutement de la Réserve au sein des unités », explique le brigadier-général. « Depuis le 1er avril, on est en train de faire la mise en oeuvre de ça, mettre en place les individus et les outils pour prendre ça en charge et rendre ça efficace. Alors c’est la première chose sur la quelle je vais travailler définitivement, améliorer notre performance en recrutement. »

La nouvelle politique de défense du Canada, Protection, Sécurité, Engagement

  • augmentera de 1 500 la taille de la Force de réserve pour atteindre un total de 30 000 réservistes afin de veiller à l’atteinte de son plein potentiel opérationnel;
  • harmonisera la rémunération et les avantages sociaux de la Première réserve à ceux des membres de la Force régulière lorsque les fonctions sont similaires;
  • intégrera les réservistes à la Force régulière dans le cadre de rôles supplémentaires, tels que la recherche et le sauvetage modérés en milieu urbain, des spécialistes du renseignement ainsi que des cyberopérateurs;
  • fera appel aux Forces de réserve pour remplir des missions spéciales à l’extérieur de la base à titre de fonction principale, telles que le renforcement des capacités des Forces armées canadiennes;
  • veillera à la formation, à la préparation et à l’équipement adéquats d’un nombre suffisant de réservistes pour qu’ils soient prêts à contribuer aux opérations ici et à l’étranger;
  • offrira des emplois d’été à temps plein aux réservistes au cours de leurs quatre premières années de service dans les réserves à partir de 2018;
  • attirera et maintiendra en poste les meilleurs candidats tout en réduisant à quelques semaines la durée du processus de recrutement des réservistes.

Recruter plus de réservistes et les garder plus longtemps

Interrogé sur ce qui devrait être son plus gros défi à la tête du 35 GBC, le sucesseur du brigadier-général Robidoux colonel Garon abonde dans le même sens que sa prédécesseure: « Le défi est toujours le même, le recrutement, surtout qu’on [l’Armée canadienne, NDLR] a repris la responsabilité du recrutement. »

« Le recrutement c’est le sang et le renouveau de la Réserve. C’est un processus continu qu’il faut aussi allier avec la rétention ».

En moyenne, les réservistes, on les garde à peu près trois ans, de souligner le colonel. « C’est le temps des études ». On peut parler d’un roulement de 20 à 25% des réservistes à chaque année.

« Si on réussit à recruter plus et à augmenter d’une année de service tous les réservistes, c’est gagné », de déclarer avec optimisme le colonel Garon.

Et une des façons d’atteindre les objectifs de recrutement sera incontestablement le processus d’enrôlement accéléré.

En avril de cette année, en annonçant qu’elle allait dorénavant assumer la pleine responsabilité du recrutement des candidats pour la Réserve de l’Armée canadienne, l’Armée ne cachait pas avoir beaucoup d’espoir dans le nouveau processus qui permettra l’enrôlement des candidats dans la Réserve de l’Armée canadienne en quelques semaines plutôt qu’en plusieurs mois.

En prenant aujourd’hui le commandement du 35e Groupe-brigade du Canada, le colonel Garon va encore plus loin et ne cache pas viser à améliorer encore le processus accéléré: « On a réussit à réduire le processus à trois semaines, on veut maintenant réduire ça à 15 jours! ».

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Les commentaires sont fermés.