Sajjan à Halifax pour souligner les investissements pour la Marine de sa nouvelle politique de défense

Le navire norvégien KV Svalbard, sur lequel est basé le design de la classe Harry DeWolf.
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Illustration d’artiste d’un navire de patrouille extracôtier et de l’Arctique de la classe Harry DeWolf. (MDN)

Le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, rencontrait aujourd’hui les membres de la Marine royale canadienne à Halifax pour présenter les nouveaux investissements qui, dit-il, permettront de mieux équiper la Marine canadienne afin qu’elle puisse répondre aux besoins d’un environnement de sécurité maritime complexe.

Plus tôt ce mois-ci, le directeur parlementaire du budget rendait public le rapport sur le coût des navires de combat canadiens et notait qu’en se basant sur le budget du projet précédent, la Marine ne pourrait se permettre que six des 15 navires demandés, a souligné encore une fois à cette occasion le ministre de la Défense.

Son gouvernement, a-t-il réitéré en s’adressant aux membres de la Marine royale canadienne, prendra les engagements financiers nécessaires pour acquérir la totalité de ces 15 navires de combat canadiens.

La nouvelle politique de défense du Canada dévoilée le 7 juin prévoit le financement complet de deux navires de soutien interarmées de classe Queenston et de cinq à six navires de patrouille extracôtiers et de l’Arctique de classe Harry DeWolf. Une vaste gamme de capacités seront remises à jour, y compris les systèmes de renseignement, surveillance et reconnaissance, l’armement, de même que l’installation de torpilles légères améliorées sur les navires de combat, les hélicoptères maritimes et les aéronefs de patrouille maritime. Ces capacités permettront à la Marine de continuer à défendre notre pays et à travailler avec nos alliés et nos partenaires pour maintenir la sécurité maritime internationale.

Ottawa s’engage aussi à remettre en état et à moderniser les quatre sous-marins canadiens de classe Victoria au milieu des années 2020 pour en assurer l’efficacité jusqu’au milieu des années 2030. Ces investissements sont vitaux pour notre sécurité qui dépend de la collecte de renseignements, de la surveillance et des capacités de reconnaissance que seul un sous-marin peut fournir.

Pendant sa visite à Halifax, le ministre Sajjan a aussi livré une importante conférence devant la Chambre de commerce de la ville pour présenter la nouvelle vision du Canada en matière de défense.

« Le fait que les Forces armées canadiennes manquent de financement et d’équipement depuis des décennies n’est un secret pour personne. En fait, les gouvernements n’appuyaient pas leurs promesses sur un financement stable et prévisible. La Marine royale canadienne fait face à ce problème depuis trop longtemps. Nous nous engageons envers de vrais investissements qui feront une véritable différence et qui auront un impact visible tant pour la Marine que pour les femmes et les hommes qui en font partie. », a déclaré le ministre Sajjan à Halifax.

Les engagements de la nouvelle politique de défense pour la Marine

Pour assurer le « soutien continu » de la Marine, Ottawa s’engage dans sa nouvelle politique de défense « Protection, Sécurité, Engagement » à :

Fournir 17,5 milliards de dollars selon la comptabilité d’exercice (53,5 milliards de dollars selon la comptabilité de caisse) pour financer les projets d’équipement pour la Marine royale canadienne dans les 20 prochaines années.

Remplacer la flotte de surface en investissant dans 15 navires de combat canadiens. Le ministère de la Défense estime le coût de ces 15 navires à entre 56 et 60 milliards de dollars pendant toute leur durée de vie utile, qui se prolongera au-delà des 20 ans couverts par la politique. La politique prévoit aussi des fonds pour assurer la livraison de la totalité des navires dont la Marine a besoin pour avoir les capacités nécessaires à l’exécution de toute la gamme des opérations.

Acquérir des systèmes nouveaux ou améliorés de renseignements, de surveillance et de reconnaissance, un armement modernisé et des systèmes supplémentaires pour les plateformes actuelles et futures afin d’améliorer l’efficacité offensive et défensive de notre force navale.

Améliorer les torpilles légères transportées par les navires de surface, les hélicoptères maritimes et les aéronefs de patrouille maritime.
Modernisera les sous-marins de classe Victoria, un atout vital pour la défense du Canada et la protection des actifs maritimes canadiens dans des opérations de déploiement d’activités furtives de contrôle et d’empêchement maritimes.

Moderniser nos processus d’approvisionnement afin que nous puissions livrer les équipements et les capacités dont la Marine a besoin au moment le plus opportun et de manière plus rationalisée.

Améliorer le processus d’approvisionnement au sein de la Défense nationale pour réduire de moitié les temps d’approbation des ministères et permettre à plus de 80 pour cent des contrats d’approvisionnement de défense d’être gérés à l’interne.

La publication de la politique Protection, Sécurité, Engagement a mis un terme au processus d’examen le plus exhaustif de l’histoire des organisations de défense et de sécurité du Canada, un processus d’examen d’un an qui a donné lieu à des consultations avec les citoyens, les parlementaires, des experts de la Défense, des alliés et des partenaires.

Les militaires blessés ou malades pourront rester dans les Forces le temps nécessaire

Toujours dans le cadre de la promotion de la nouvelle politique de défense, le ministre a aussi profiter de l’occasion pour réitérer que les membres des Forces armées canadiennes blessés ou malades pourront dorénavant demeurer officiellement au sein des Forces jusqu’à ce qu’ils soient convenablement couverts par le régime de retraite ou les prestations pour vétérans.

Depuis longtemps, les militaires blessés ou malades se plaignaient que les Forces armées coupaient les liens trop vite, les laissant à eux-mêmes pendant une période de temps où il se retrouvaient ainsi à devoir se débrouiller seuls pendant des mois avant de pouvoir toucher un premier chèque de pension, alors qu’ils avaient en outre du mal à obtenir les prestations et services offerts aux anciens combattants.

Par ailleurs, le ministre Sajjan a également indiqué lundi qu’Ottawa étudiait la requête de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), pour que le Canada déploie des instructeurs policiers en Afghanistan, prenant toutefois la peine de préciser que la priorité de l’armée canadienne demeure l’Irak.

Le ministre a rappelé que la mission militaire en Afghanistan avait pris fin il y a trois ans, même si le Canada continue à contribuer financièrement aux efforts internationaux dans ce pays. Mais «comme se doit tout bon partenaire de l’OTAN», le Canada étudiera la requête de l’Alliance atlantique au mérite, a dit le ministre.

Quant à l’opération IMPACT en Irak, dont la prolongation jusqu’au 30 juin 2017 a été annoncé fin mars, donnant à Ottawa le temps nécessaire pour évaluer la nature évolutive de la lutte contre Daech tout en permettant aux Forces armées canadiennes de continuer leurs contributions aux opérations en cours en tant que partenaire responsable de la coalition, Harjit Sajjan a rappelé ce lundi que le Canada souhaite maintenir dans ce pays une présence militaire à long terme, précisant cependant que des changements à la mission sont envisagés qui devraient annoncés sous peu.