Esplanade des Mosquées: l’envoyé de Trump en Israël pour tenter de calmer les tensions

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L'émissaire de Trump pour le Proche-Orient Jason Greenblatt, le 13 juillet 2017 à Jérusalem. (POOL/AFP/Archives/RONEN ZVULUN)
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L’émissaire de Trump pour le Proche-Orient Jason Greenblatt, le 13 juillet 2017 à Jérusalem. (POOL/AFP/Archives/RONEN ZVULUN)

L’émissaire pour le Proche-Orient du président américain Donald Trump est attendu lundi en Israël pour tenter d’apaiser les tensions provoquées par la mise en place de nouvelles mesures de sécurité israéliennes sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, qui ont dégénéré en violences meurtrières.
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Mise à jour 24/07/2017 à 19h18

Le gouvernement israélien a décidé de cesser d’utiliser des détecteurs de métaux aux entrées de l’esplanade des Mosquées à Jérusalem, a annoncé mardi dans un communiqué le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le cabinet de sécurité israélien a accepté « la recommandation de tous les organismes de sécurité de remplacer l’inspection au moyen de détecteurs de métaux par une inspection de sécurité basée sur des technologies avancées et sur d’autres moyens », déclare le communiqué.

15h00

La crise déclenchée par les nouvelles mesures de sécurité israéliennes sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est doit être résolue d’ici vendredi, au risque de voir une escalade des violences, a déclaré lundi l’émissaire de l’ONU chargé du Proche-Orient, Nickolay Mladenov.

« Il est extrêmement important qu’une solution soit trouvée à la crise actuelle d’ici vendredi de cette semaine », a-t-il dit à des journalistes après avoir informé le Conseil de sécurité, ajoutant « les dangers vont aller en augmentant si nous passons un autre cycle de prière du vendredi sans solution à la crise ».

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La visite de Jason Greenblatt intervient huit jours après l’installation par Israël de détecteurs de métaux aux entrées de l’esplanade des Mosquées, site ultra-sensible et troisième lieu saint de l’islam, géré par la Jordanie et situé dans la partie palestinienne de la ville sainte occupée et annexée par Israël.

Israël a mis en place ce dispositif au surlendemain d’une attaque menée par un Arabe israélien qui a tué deux policiers israéliens le 14 juillet à proximité de l’esplanade des Mosquées.

Depuis, des heurts quotidiens entre manifestants et forces israéliennes ont fait cinq morts et des dizaines de blessés parmi les Palestiniens à Jérusalem-Est et en Cisjordanie occupée, où trois Israéliens ont été tués à coups de couteau par un Palestinien dans une colonie israélienne.

Et lundi, un Palestinien poignardé un Arabe-israélien dans la banlieue de Tel-Aviv, le prenant vraisemblablement pour un juif israélien, et le blessant modérément. Dans la nuit, un char israélien a pris pour cible des positions de la branche militaire du Hamas dans la bande de Gaza après un tir de roquette sur Israël depuis l’enclave palestinienne. Ces tirs n’ont pas fait de victimes.

Les tensions autour de l’esplanade des Mosquées suscitent l’inquiétude sur le risque d’un débordement au-delà des Territoires palestiniens.

En Jordanie, pays gardien des lieux saints musulmans de Jérusalem où plus de 8.000 personnes ont manifesté vendredi pour protester contre les mesures israéliennes, deux Jordaniens ont été tués et un Israélien blessé dimanche dans l’enceinte de l’ambassade d’Israël.

– Tensions entre la Jordanie et Israël –

Le ministère des Affaires étrangères israélien a évoqué une attaque au tournevis de la part d’un travailleur jordanien à laquelle un garde de sécurité de l’ambassade aurait répliqué en ouvrant le feu et le tuant. Un second Jordanien, le propriétaire de l’appartement, se trouvait sur les lieux et aurait été tué accidentellement.

Le garde de sécurité israélien bénéficie de l’immunité diplomatique, a précisé le ministère.

Les autorités à Amman ont demandé à interroger le garde, d’après une source gouvernementale jordanienne. Et selon le quotidien israélien Haaretz, un haut responsable de défense israélien devait se rendre lundi à Amman pour tenter de dénouer la crise entre les deux pays liés par un traité de paix signé en 1994.

La source jordanienne a indiqué lundi qu’Amman « ne souhaitait pas une escalade diplomatique pour une affaire où les deux pays pourraient coopérer. »

« Selon les premiers éléments de l’enquête, le (travailleur) menuisier jordanien et l’employé de la sécurité de l’ambassade d’Israël s’étaient auparavant accordés » sur un rendez-vous, « mais ils ont eu un différend qui s’est terminé par une attaque à l’arme blanche et un coup de feu », selon cette source.

Il n’est pas clair si l’incident est lié aux tensions autour de l’esplanade des Mosquées qui suscitent des inquiétudes de débordement.

Craignant que la situation ne dégénère davantage, après la mort de huit personnes ce weekend à Jérusalem et en Cisjordanie occupés, l’émissaire américain Jason Greenblatt « est parti pour Israël la nuit dernière afin de soutenir les efforts pour réduire les tensions dans la région », a dit lundi un responsable américain, sous couvert de l’anonymat.

– Réunion du Conseil de sécurité –

Le cabinet de sécurité israélien devait se pencher sur la question dans l’après-midi, a indiqué à l’AFP un porte-parole du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Des responsables israéliens se sont dit ouverts dimanche à une modification du dispositif mis en place aux entrées de l’esplanade des Mosquées. M. Netanyahu a ainsi affirmé que « les responsables de la sécurité (…) avaient recommandé des mesures. Nous déciderons en conséquence ».

La situation sera également au cœur d’une réunion urgente et à huis-clos du Conseil de sécurité de l’ONU qui se réunit lundi à la demande de la France, de la Suède et de l’Égypte.

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Israël veut faire redescendre la tension à Jérusalem après la flambée de violence de ces derniers jours, mais n’entend pas pour autant renoncer aux nouvelles mesures de sécurité aux entrées de l’esplanade des Mosquées, a déclaré lundi son ambassadeur aux Nations unies.

« Tout le monde aura toujours la possibilité de venir prier sur le mont du Temple, mais nous allons faire tout ce qui est nécessaire pour garantir notre sécurité », a déclaré Danny Danon, l’ambassadeur d’Israël à l’ONU, devant des journalistes avant une réunion du Conseil de sécurité.

Cette réunion d’urgence a été réclamée par la France, l’Égypte et la Suède, après les violences qui ont coûté la vie à cinq Palestiniens ce week-end.

Ce regain de violences a été causé par les nouvelles mesures de sécurité instaurées par Israël devant l’esplanade des Mosquées, où se trouve le mont du Temple, lieu sacré juif, après l’attaque qui causé la mort de deux policiers israéliens le 14 juillet.

Les autorités israéliennes ont en effet installé des détecteurs de métaux aux entrées de l’esplanade des Mosquées, considérée comme le troisième lieu saint de l’islam et où se situe la mosquée Al-Aqsa.

Les Palestiniens craignent qu’Israël, qui contrôle l’accès au site, ne cherche à remettre en cause le statu quo en vigueur depuis plusieurs décennies sur ce site ultra-sensible.

Interrogé sur la possibilité qu’Israël enlève ces détecteurs de métaux, Danny Danon a commenté: « Nous voulons calmer la situation », en ouvrant l’accès au lieu sacré, « mais maintenons les mesures de sécurité ».

L’ambassadeur d’Israël à l’ONU a également appris que le conflit avec la Jordanie devrait « bientôt » être réglé.

En Jordanie, pays gardien des lieux saints musulmans de Jérusalem, une fusillade dans l’ambassade d’Israël a fait dimanche deux morts jordaniens et un blessé israélien.

Un agent de sécurité israélien a tué un Jordanien qui l’avait attaqué avec un tournevis.

« Nous parlons avec nos collègues à Amman. Je pense que tout sera bientôt réglé », a déclaré Danny Danon.[/toggle]

Le chef de la Ligue arabe Ahmed Aboul Gheit a accusé dimanche Israël de « jouer avec le feu » en imposant les nouvelles mesures de sécurité sur l’esplanade, et le président turc Recep Tayyip Erdogan les a qualifiées d’insulte au monde musulman.

Ce nouvel accès de fièvre fait craindre une reprise de la vague de violences qui secoue Israël et les Territoires palestiniens depuis octobre 2015 et qui a coûté la vie à 289 Palestiniens, 47 Israéliens, deux Américains, deux Jordaniens, un Erythréen, un Soudanais et une Britannique, selon un décompte de l’AFP.

Cette vague de violences avait commencé après plusieurs jours d’affrontements en septembre 2015 autour de l’esplanade des Mosquées et avait considérablement diminué ces derniers mois.