Le Congrès va voter des sanctions contre la Russie, liant les mains de Trump

Le Capitole américain, siège du Congrès (Photo: Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)
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Le Capitole américain, siège du Congrès (Photo: Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Un accord de principe a été trouvé ce week-end au Congrès américain pour voter la semaine prochaine de nouvelles sanctions contre la Russie, l’Iran et la Corée du Nord. La Maison Blanche a annoncé dimanche que le président soutenait l’initiative.

Le Sénat avait adopté dans une quasi-unanimité le 15 juin une proposition de loi de sanctions contre la Russie et contre l’Iran, mais le texte était depuis bloqué à la Chambre des représentants, où les négociations ont finalement abouti samedi.

La Chambre votera mardi sur une loi sanctionnant non seulement la Russie, notamment pour son ingérence présumée dans la campagne présidentielle américaine et le rattachement de la Crimée, et l’Iran, mais également la Corée du Nord en raison de ses récents tirs de missiles balistiques.

Le texte faisait l’objet de résistance de la part de la Maison Blanche car il vise à lier les mains de Donald Trump pour l’empêcher, éventuellement, de lever des sanctions existantes contre Moscou.

Le président américain, soupçonné de sympathies pour Vladimir Poutine, serait ainsi placé de facto sous surveillance du Congrès.

Face au quasi-consensus au Congrès, la Maison Blanche a fait savoir dimanche que Donald Trump promulguerait la loi si elle était adoptée.

« Nous soutenons la législation actuelle, et nous continuerons à travailler avec la Chambre et le Sénat pour imposer ces sanctions sévères contre la Russie, jusqu’à ce que la situation en Ukraine soit pleinement résolue », a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche Sarah Sanders sur la chaîne ABC.

Même s’il s’opposait, le Congrès pourrait surmonter son veto avec une majorité de deux tiers.

« S’il met son veto, nous surmonterons son veto », a assuré le sénateur démocrate Ben Cardin sur Fox.

Une fois adoptée à la Chambre, le Sénat revotera, sans doute avant les vacances de la mi-août.

L’Europe inquiète

En Europe, cette initiative unilatérale du Congrès américain inquiète.

Un porte-parole de la Commission européenne a souligné que la loi en préparation « était motivée principalement par des considérations intérieures ».

« Les sanctions fonctionnent le mieux quand elles sont coordonnées », a-t-il mis en garde. « Actuellement, nos régimes de sanctions sont coordonnés », a-t-il ajouté, en s’inquiétant que les nouvelles sanctions américains aient des « conséquences non désirées ».

En particulier, Berlin avait protesté contre l’inclusion dans le projet de sanctions initial de sanctions contre un projet de gazoduc Nord Stream 2, qui doit relier la Russie à l’Allemagne, en passant par la mer Baltique.

Le chef de la majorité de la Chambre, Kevin McCarthy, a fait allusion à ces inquiétudes en notant que le texte, qui n’est pas encore publié, maintiendrait « l’accès de nos alliés européens à des ressources énergétiques importantes à l’extérieur de la Russie ».

La Maison-Blanche a indiqué que Donald Trump ne mettra pas son veto à la loi

La Maison-Blanche a indiqué dimanche que le président Donald Trump signera le projet de loi sur une série de sanctions visant la Russie et qui établit que le président américain doit obtenir la permission du Congrès avant d’alléger ou de lever les pénalités économiques contre Moscou.

La porte-parole de la Maison-Blanche Sarah Huckabee Sanders – qui a remplacé Sean Spicer – a fait savoir que l’administration de M. Trump soutient l’idée de faire preuve de fermeté à l’égard de la Russie et «particulièrement de mettre ces sanctions en place».

En entrevue au réseau ABC, elle a dit que l’administration continuera à travailler de concert avec la Chambre des représentants et le Sénat pour l’entrée en vigueur de ces sanctions «jusqu’à ce que la situation en Ukraine soit pleinement résolue».

La Maison-Blanche s’était opposée à un article clé du texte de loi, soit celle statuant que M. Trump devrait demander une révision du Congrès si celui-ci souhaite tenter d’atténuer les sanctions contre Moscou ou mettre fin à celles-ci.

De hauts responsables de l’administration de M. Trump ont dit que ces dispositions minent l’autorité du président au niveau exécutif et lui lient les mains alors qu’il cherche des voies menant à une coopération entre les anciens ennemis de la Guerre froide.

Quoi qu’il en soit, Mme Huckabee Sanders a fait valoir, dimanche, que la Maison-Blanche a été capable de travailler avec les deux chambres du Congrès pour «effectuer ces changements qui étaient nécessaires».