Les États-Unis et la Corée du Sud répondent au tir nord-coréen par un «tir de précision»

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Un lance roquette M270 du 1er Bataillon, 18e Régiment d'artillerie de campagne, 210e Brigade d'artillerie de campagne, 2e Division de force conjointe de la République de Corée et des États-Unis, lance un missile tactique MGM-140 de l'armée dans la mer de l'Est, le 5 juillet. (U.S. Forces Korean)
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Un lance roquette M270 du 1er Bataillon, 18e Régiment d’artillerie de campagne, 210e Brigade d’artillerie de campagne, 2e Division de force conjointe de la République de Corée et des États-Unis, lance un missile tactique MGM-140 de l’armée dans la mer de l’Est, le 5 juillet. (U.S. Forces Korean)

Dans la crise déclenché mardi 4 juillet par le tir nord-coréen d’un missile intercontinental, une avancée majeure de Pyongyang pour être en mesure de menacer Washington du feu nucléaire, les États-Unis jouent maintenant des muscles et viennent de procéder à un « tir de précision » en réponse à la menace de l’État ermite.

Le personnel militaire de l’Huitième armée des États-Unis et de la République de Corée (ROK) ont procédé à un «tir de précision» en réponse au tir de missile balistique nord-coréen du 4 juillet, annonce un communiqué des forces américaines en Corée du Sud qui qualifie les actions de Pyongyang de « déstabilisatrices et illégales ».

Cet exercice a utilisé le système de missiles tactiques de l’armée (ATACMS) et le missile II d’Hyunmoo de la République de Corée, qui a tiré des missiles dans les eaux territoriales de la Corée du Sud le long de la côte est. Le système peut être rapidement déployé et engagé, précise le communiqué qui souligne que le lancement a démontré les capacités combinées de frappe qui « qui permettent à l’alliance américano-sud-coréenne de neutraliser les menaces et les agressions ‘hostiles’ contre la République de Corée, les États-Unis et nos alliés ».

La précision de la frappe « d’engager toute la gamme des objectifs critiques dans toutes les conditions météorologiques », affirme le communiqué des forces américaines, qui conclut en déclarant que l’alliance américano-sud-coréenne « reste attachée à la paix et à la prospérité dans la péninsule coréenne et dans toute l’Asie-Pacifique », et réitère « L’engagement des États-Unis envers la défense de la République de Corée face aux menaces ».

Les États-Unis ont aussi demandé mardi la tenue d’une réunion d’urgence au Conseil de sécurité de l’ONU qui devrait avoir lieu mercredi vers 15h00.

Le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson a déclaré mardi que le missile lancé par la Corée du Nord était « un missile balistique intercontinental » et a dénoncé « une nouvelle escalade de la menace » nord-coréenne.

« Les Etats-Unis condamnent avec force le tir par la Corée du Nord d’un missile balistique intercontinental. L’essai d’un ICBM constitue une nouvelle escalade de la menace (nord-coréenne) envers les États-Unis, nos alliés et partenaires, la région et le monde », a déclaré M. Tillerson dans un communiqué.

Ce type de missile serait en effet capable de frapper le territoire américain au niveau de l’Alaska, d’après les spécialistes.

Les États-Unis « n’accepteront jamais une Corée du Nord disposant de l’arme nucléaire », a-t-il ajouté.

Le doute demeure sur la capacité du régime à doter ses missiles d’une bombe nucléaire suffisamment miniaturisée et protégée. Mais ce n’est qu’une question de temps, selon le Pentagone.

Le missile balistique intercontinental que la Corée du Nord vient de tester est capable de porter « une grosse tête nucléaire », a affirmé pour sa part mercredi (heure de la péninsule coréenne) l’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA.

Quoi qu’il en soit, la possession d’un missile balistique intercontinental représente un tournant pour le régime communiste et pourrait altérer les plans des États qui veulent contrecarrer les objectifs militaires de la Corée du Nord.

Même si, aujourd’hui, Washington peut jouer à « mes missiles sont plus précis que les tiens », il reste à voir où mènera cette escalade si rien de l’arrête.

Selon le New York Times, le président Trump a déjà averti dimanche soir le président chinois Xi Jinping que les États-Unis se préparaient désormais à agir seuls.

*Avec AFP