Mike Pence a parlé des Patriot en Estonie, sans s’engager

Le premier ministre estonien Juri Ratas discute avec le vice-président américain Mike Pence lors d'une rencontre à Tallinn, le 30 juillet. (AFP)
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Le premier ministre estonien Juri Ratas discute avec le vice-président américain Mike Pence lors d’une rencontre à Tallinn, le 30 juillet. (AFP)

Le vice-président américain Mike Pence a évoqué dimanche à Tallinn un possible déploiement en Estonie des batteries de missiles Patriot, mais sans prendre d’engagement précis, a annoncé son hôte, le Premier ministre Juri Ratas.

« Nous en avons parlé aujourd’hui, mais on n’a parlé ni de date ni d’heure », a dit M. Ratas à la radio-télévision publique ERR.

Les batteries Patriot lancent des missiles sol-air qui peuvent intercepter des missiles ou des avions.

« Nous avons évoqué les manoeuvres (russes) à venir à proximité de la frontière estonienne (…). Et la manière dont l’Estonie, les Etats-Unis et l’Otan doivent les surveiller et échanger leurs informations », a ajouté le Premier ministre.

Le gouvernement estonien a publié un communiqué précisant que l’entretien avait porté sur la sécurité, la coopération dans le domaine du numérique et la coopération entre l’UE et les Etats-Unis.

La visite de M. Pence en Estonie est la première étape d’une tournée destinée à rassurer les trois pays baltes, frontaliers de la Russie, qui souhaitent le renforcement de la présence militaire américaine chez eux.

Selon une source militaire estonienne, le déploiement sur leur sol de batteries antimissiles Patriot est l’un des objectifs des trois pays baltes (Estonie, Lituanie, Lettonie). Une telle batterie a récemment été déployée en Lituanie, mais seulement le temps d’un exercice.

Les pays baltes et la Pologne, tous frontaliers de la Russie, craignent une éventuelle attaque russe et l’Alliance atlantique est en train de déployer quatre bataillons multinationaux dans ces pays d’Europe de l’Est.

La Russie de son côté accuse l’Otan de vouloir l’encercler.

Lors de l’entretien, M. Ratas a déclaré aussi que le renforcement de la dissuasion par l’Otan et les Etats-Unis dans la région de la Baltique « était indispensable pour garantir la sécurité dans le voisinage immédiat (de l’Estonie) et dans toute l’Europe également », selon le communiqué du gouvernement.

Il s’est félicité de la décision « remarquable » de l’administration américaine d’augmenter de 1,4 milliard de dollars l’European Reasurance Initiative, un programme devant renforcer la présence militaire américaine adopté après l’annexion de la Crimée par la Russie.

L’Estonie assure actuellement la présidence tournante de l’Union européenne.

M. Pence doit rencontrer lundi à Tallinn la présidente estonienne Kersti Kaljulaid et ses homologues lituanienne Dalia Grybauskaïte et letton Rajmonds Vëjonis.

Il s’adressera ensuite aux soldats de l’un des quatre bataillons de la force Enhanced Forward Presence, déployés par l’Otan en Europe de l’Est pour répondre aux craintes suscitées par l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014 et le conflit dans l’Est de l’Ukraine.

Les exercices russo-bélarusses Zapad ont soulevé l’inquiétude en Lituanie, car ils se déroulent relativement près de la trouée de Suwalki (nord-est de la Pologne), considérée comme le point faible potentiel du flanc oriental de l’Otan, où une hypothétique offensive russe pourrait facilement isoler les trois pays baltes.

Les autorités lituaniennes ont affirmé que jusqu’à 100.000 soldats russes et bélarusses pourraient y participer. Mais le ministre bélarusse de la Défense, Andreï Ravkov, a déclaré à l’agence russe TASS qu’ils seraient en fait environ 13.000.

Lundi soir, M. Pence devrait tenir un discours similaire à Tbilissi au président géorgien Guirgui Markvelachvili et le lendemain au Premier ministre, Guirgui Kvirikachwili.

Des assurances sur le soutien des Etats-Unis à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du pays seront bienvenues. D’autant plus que la Géorgie n’est pas membre de l’Otan et que les souvenirs de la guerre russo-géorgienne d’août 2008 restent vifs.

Pour l’illustrer, le vice-président américain rencontrera mardi des soldats américains et géorgiens participant à l’exercice Noble Partner 2017.

Ces exercices conjoints, les plus importants à ce jour entre les deux pays, ont débuté dimanche avec la participation de 800 soldats géorgiens et 1.600 soldats américains.

M. Pence se rendra ensuite au Monténégro, petit pays slave orthodoxe sur l’Adriatique qui a adhéré à l’Otan le 5 juin dernier.