Pence aux Baltes : l’action de Moscou n’affaiblit pas notre engagement

Le vice-président américain Mike Pence prononce un discours devant des soldats de l'Otan le 31 juillet 2017 à Talinn, en Estonie. (AFP/RAIGO PAJULA)
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Le vice-président américain Mike Pence prononce un discours devant des soldats de l’Otan le 31 juillet 2017 à Talinn, en Estonie. (AFP/RAIGO PAJULA)

Le vice-président américain Mike Pence a assuré lundi à Tallinn que la réduction par Moscou du nombre de diplomates américains en Russie n’affaiblirait pas l’engagement de Washington pour la sécurité de leurs alliés.

« Nous espérons des jours meilleurs, des relations meilleures avec la Russie, mais la récente action diplomatique engagée par Moscou n’empêchera pas l’engagement des États-Unis pour leur sécurité, pour la sécurité de leurs alliés et la sécurité des nations éprises de liberté autour du monde », a-t-il affirmé à l’issue d’une rencontre avec les présidents des trois pays baltes – Estonie, Lettonie et Lituanie.

« Aucun danger ne pèse plus lourdement sur les pays baltes que le spectre d’une agression de votre imprévisible voisin », a-t-il poursuivi dans un discours adressé à des soldats de l’Otan – américains, britanniques, français et danois – d’un bataillon multinational déployé en Estonie précisément en réponse aux activités de la Russie

Il a répété encore une fois « un message simple du président Trump: nous sommes avec vous ».

Mais il n’a mentionné aucune mesure concrète qui renforcerait la présence militaire de l’Occident dans la région, alors que le Premier ministre estonien Juri Ratas avait évoqué avec lui dimanche la possibilité d’y déployer des batteries anti-missile Patriot.

Interrogé par l’AFP à ce sujet, le chef des forces estoniennes, le général Riho Terras, n’a pas voulu juger si la visite de M. Pence a marqué un pas dans cette direction, affirmant que de telles questions techniques devaient être discutées par les instances compétentes de l’Otan.

Concernant les Patriot, il est resté volontairement évasif : « Je serais heureux si l’Otan prenait de sages décisions pour élargir le programme +Enhanced forward presence+ du domaine terrestre à ceux de l’air et de la mer ».

Pour l’analyste du Centre international pour la Défense et la Sécurité de Tallinn Erkki Bahovski, ce qui est important c’est l’augmentation de la présence américaine avant les manoeuvres russes Zapad en septembre.

La visite de M. Pence intervient dans un contexte difficile, a-t-il souligné, avec les mesures prises la veille par le Kremlin pour réduire le nombre des diplomates américains et les dissensions au sein de la Maison Blanche.

Il reste que « c’est un message clair pour la Russie », a-t-il dit à l’AFP, « et nous sommes devenus plus confiants ».

Cependant, il a estimé que la visite avait un contenu surtout « rhétorique » en ce qui concerne les Patriot. « Si jamais l’Amérique les installe, l’Estonia devra probablement payer quelque chose », a-t-il observé.

L’Estonie, un pays de 1,3 million d’habitants dont environ 25% de russophones, était la première étape d’une tournée de M. Pence destinée à rassurer les alliés des Etats-Unis face à la Russie.

Le vice-président américain a quitté Tallinn en début d’après-midi à destination de Tbilissi. Après la Géorgie, sa dernière étape doit être le Monténégro, qui a adhéré à l’Otan le 5 juin.