Syrie: entre 30.000 et 50.000 civils bloqués à Raqa

Une Syrienne qui a fui les combats à Raqa porte un bidon d'eau, le 9 juin 2017 à Ras al-Ain. (AFP/DELIL SOULEIMAN)
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Une Syrienne qui a fui les combats à Raqa porte un bidon d’eau, le 9 juin 2017 à Ras al-Ain. (AFP/DELIL SOULEIMAN)

Entre 30.000 et 50.000 civils sont toujours pris au piège à Raqa, principal bastion du groupe État islamique (EI) en Syrie, que les Forces démocratiques syriennes (FDS, antidjihadistes) tentent de reprendre, a indiqué mardi l’ONU.

« L’ONU estime qu’entre 30.000 et 50.000 personnes restent piégées dans la ville de Raqa », contre près de 100.000 fin juin, a expliqué le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) dans un communiqué.

Les chiffres sont incertains en raison des problèmes d’accès.

Alors que dans la ville les stocks en eau, médicaments et autres produits essentiels s’amenuisent, la situation humanitaire « se détériore rapidement », prévient le HCR, qui juge « impératif que les civils piégés puissent sortir en toute sécurité ».

L’agence onusienne annonce par ailleurs avoir mis en route le nouveau corridor acheminant de l’aide depuis Alep vers Qamichli (nord-est de Raqa) afin d’apporter une assistance humanitaire à environ 430.000 personnes dans la province de Raqa.

« L’ouverture de la route allant d’Alep à Menbij et Qamichli est une percée », se félicite le HCR, qui souligne que la route a été fermée pendant deux ans.

Un premier convoi avec trois camions a atteint Qamichli le 29 juin, suivi de deux autres convois les 4 et 10 juillet. Un quatrième convoi était en route mardi.

L’EI a pris le contrôle de Raqa en 2014, transformant de fait la ville en « califat » auto-déclaré. Quelque 300.000 civils vivaient à Raqa, dont 80.000 déplacés venant de diverses régions de Syrie, quand le groupe islamique a pris le contrôle de la ville.

[toggle title= »SYRIE: LES FORCES ANTI-EI REPRENNENT UN VILLAGE PRÈS DE RAQA » load= »hide »]

Des combattants syriens soutenus par les États-Unis ont annoncé s’être emparés d’un village où le groupe djihadiste État islamique (EI) disposait d’un camp d’entraînement près de son fief de Raqa, dans le nord de la Syrie.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS) -une alliance de combattants kurdes et arabes -, fer de lance de la lutte anti-EI en Syrie, affrontent actuellement les jihadistes dans la ville de Raqa, principal bastion de l’EI dans ce pays ravagé par la guerre depuis plus de six ans. L’EI continue à contrôler des villages dans la province du même nom.

« Les FDS ont pris le village d’Al-Akerychi à l’est de la cité (de Raqa). Des attaques à la voiture piégées de l’EI pour le reprendre ont échoué », a indiqué cette alliance antijihadistes tard lundi.

D’après l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), le village en question servait à l’EI de base militaire et de camp d’entraînement. Ce dernier portait le nom de l’ancien chef d’Al Qaïda, Oussama ben Laden.

C’est aussi dans ce village, d’après l’OSDH, que l’EI avait exécuté en 2015 quelque 200 combattants accusés de chercher à quitter ses rangs.

Selon l’OSDH, les forces antijihadistes soutenues dans les airs et au sol par des forces américaines contrôlent désormais 30% de Raqa. Elles peinent jusqu’ici à progresser dans la ville face au déluge de feu des jihadistes.

Il leur a fallu sept mois pour atteindre la ville avant d’y pénétrer le 6 juin. Sur leur chemin, les FDS se sont emparées de plusieurs régions autour de la cité du nord syrien.

Raqa est devenue tristement célèbre pour les atrocités commises par les djihadistes et serait un centre pour la planification d’attentats meurtriers à l’étranger.[/toggle]