Afghanistan: les forces américaines nient la mort de civils lors d’un raid aérien

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Des funérailles ont été organisées pour les victimes du raid aérien le 10 aoît 2017 dans district de Haska Mina de la région afghane de Nangarhar où 15 civils ont été tués et 18 blessés. (Twitter/Conflict Zone)

Les forces américaines en Afghanistan démentent avoir tué des civils lors d’un raid aérien qui visait, ont-elles affirmé samedi, « des insurgés en train de charger leurs armes » sur une route de Nangarhar (est).

Les autorités provinciales ont évoqué « plusieurs victimes civiles », onze selon le gouverneur du district de Haska Mina, membres d’une même famille, dont des femmes et des enfants, tués jeudi soir lors d’un bombardement.

« La frappe a été conduite en terrain ouvert, avec un risque zéro de faire des victimes parmi les civils », a assuré le porte-parole des forces américaines Bob Purtiman dans un communiqué.

« Les insurgés étaient surveillés, ils ont été vus en train de charger leurs armes à bord de leur véhicule, jusqu’à ce qu’il soit détruit par une frappe aérienne ».

« C’est la seconde fois en trois semaines que de fausse accusations concernant des victimes civiles sont portées depuis ce district », a-t-il dénoncé.

« Toutes les victimes sont des civils et appartenaient à la même famille; des femmes et des enfants comptent parmi elles », avait accusé samedi Saaz Wali Shinwari, gouverneur du district de Haska Mina joint par l’AFP.

« Les corps étaient méconnaissables, ils ont été enveloppés dans des sacs et ensevelis » dès jeudi soir, avait-il précisé.

Le porte-parole du gouverneur provincial avait également confirmé que le raid avait fait des victimes civiles, sans en préciser le nombre.

En revanche, le porte-parole du ministère de la Défense, le général Dawlat Waziri, avait confirmé à l’AFP « un bombardement des forces étrangères sur le district de Haska Mina » dans lequel « cinq insurgés ont été tués et deux blessés ».

« Nous n’avons pas d’information concernant des victimes civiles », avait-il ajouté.

La province du Nangarhar est l’une des plus agitées du pays avec une forte présence de talibans et de combattants du groupe Etat islamique, régulièrement visés par les frappes aériennes américaines.

Les bavures des forces étrangères alimentent la colère de la population; même si les forces américaines, les seules à conduire des raids aériens, assurent « enquêter chaque fois avec le plus grand soin ».

La dernière en date, le 21 juillet, avait tué seize policiers afghans dont deux commandants dans la province du Helmand (sud) alors qu’ils venaient de chasser les talibans et de reprendre le contrôle d’un village.

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