Attaque terroriste au Burkina: la deuxième victime canadienne était un coopérant de Montréal

Attaque terroriste du 13 août 2107 au Burkina: la deuxième victime canadienne était un coopérant de Montréal, Bilel Diffdalah. (CECI)
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Attaque terroriste du 13 août 2107 au Burkina: la deuxième victime canadienne était un coopérant de Montréal, Bilel Diffdalah. (CECI)

Remis à jour 16/08/2017 à 9h52

La deuxième victime canadienne de l’attentat survenu au restaurant Istanbul de Ouagadougou, dans la soirée du 13 août 2017 était un coopérant du programme de coopération volontaire Uniterra, un programme conjoint du Centre d’étude et de coopération internationale (CECI) et de l’Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC).

Bilel Diffalah, 41 ans,médecin vétérinaire, était un des 28 volontaires canadiens du programme présents tant dans la capitale que sur tout le territoire burkinab.

Dès l’annonce de l’attentat, les équipes du CECI et de l’EUMC au Canada et au Burkina Faso sont entrées en contact avec les 28 volontaires canadien-ne-s présents tant dans la capitale que sur tout le territoire burkinabé pour s’assurer de leur sécurité, indique aujourd’hui un communiqué u CECI.

« Tous et toutes étaient sains et saufs, et en lieu sûr. Une seule personne manquait à l’appel. Nos équipes sur le terrain avec l’appui de l’ambassade canadienne et d’Affaires mondiales Canada à Ottawa, ont déployé tous les moyens en leur pouvoir afin d’établir le contact avec cette personne. Malheureusement, nous avons obtenu la confirmation vers midi, heure de Montréal, que cette personne comptait parmi les victimes », a déclaré Madame Odette McCarthy, directrice du programme de coopération volontaire Uniterra.

Bilel Diffalah, indique le communiqué des responsables du programme, était en poste depuis novembre 2016 à titre de conseiller en hygiène et biosécurité et travaillait dans le cadre du programme auprès de l’Interprofession Volaille Locale, une organisation partenaire.

Les volontaires canadien-ne-s du programme Uniterra sont soumis, indique également le communiqué, à des règles strictes de sécurité qui sont elles-mêmes régulièrement révisées par les équipes au Canada et au Burkina Faso, lesquelles assurent une veille quotidienne du niveau de sécurité et des alertes émises par les diverses ambassades dont celles du Canada, des États-Unis et de la France.

« Les volontaires sont informé-e-s aussitôt que des changements aux règles à suivre sont faits, notamment en ce qui concerne la liste des endroits dont ils doivent éviter la fréquentation, », précise aussi l’organisation.

Certes, le restaurant Istanbul est situé à 200 mètres du café Cappuccino, qui avait été en janvier 2016 la cible d’une attaque djihadiste sanglante, selon un mode opératoire similaire, revendiquée par al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Cette attaque avait fait 30 morts et 71 blessés, en majorité des étrangers, dont six Québécois.

Mais depuis, tout était calme et ce genre d’attentat est par nature totalement imprévisible. D’ailleurs, du côté des Affaires étrangères canadiennes, aucun avertissement n’était en vigueur pour l’ensemble du Burkina Faso au moment de l’attentat, même si le canada recommandait à ses ressortissants, comme il se doit, Il convient toutefois de faire preuve d’une grande prudence en raison de la menace terroriste qui plane toujours sur cette région du monde.

« On reste engagé au Burkina Faso avec une programmation robuste. Les volontaires qui sont sur place, pour le moment, personne n’a demandé de revenir, bien que ce soit possible, on offre toujours cette possibilité à nos volontaires. », a déclaré à la télévision publique canadienne la directrice du programme de coopération volontaire Uniterra.

« Parfois, on peut suspendre les nouveaux départs, le temps de voir comment la situation évolue », a indiqué Mme McCarty, précisant bien toutefois que le Burkina, malgré les tragiques événements de dimanche, était un pays relativement stable.

Les frères de Bilel se sont quant à eux immédiatement rendus au Burkina Faso s’assurer, avec l’ide de l’ambassade et des services consulaires canadiens, du rapatriement du corps du coopérant dans sa terre natale, l’Algérie, où il sera inhumé dans les 48h. De son côté, à Montréal, le CECI organisera dans les prochaines semaines une cérémonie pour rendre hommage au volontaire tombé sous les balles des terroristes

L’autre victime canadienne était, elle, originaire de Montréal. Il s’agit de Tammy Chen, 34 ans.

La jeune femme, qui a étudié en enseignement à l’université McGill dans la métropole québécoise, complétait un doctorat à la prestigieuse université Cambridge lorsqu’elle a été assassinée.

Elle vivait au Burkina Faso où elle y faisait des recherches en vue d’obtenir son doctorat. Elle venait de se marier et elle attendait son premier enfant. Son mari, Mehsen Fenaiche – un citoyen sénégalais – a aussi été tué dans l’attentat.

Le premier ministre Trudeau condamne ces « actes lâches » qui « visent à susciter la peur et à nous diviser »

Le premier ministre Trudeau a pour sa part condamné ces « actes lâches » qui « visent à susciter la peur et à nous diviser »

« Je suis profondément attristé que 18 personnes, dont les Canadiens Tammy Chen et Bilel Diffalah, aient perdu la vie lors d’un attentat terroriste perpétré dans un restaurant populaire du centre-ville de Ouagadougou, au Burkina Faso. Parmi les victimes se trouvaient des femmes et des enfants, ainsi que des gens de nombreuses nationalités et origines. Ils étaient réunis pour partager un repas et auraient dû se sentir en sécurité. », a déclaré le premier ministre canadien.

« Au nom du gouvernement du Canada, Sophie et moi offrons nos plus sincères condoléances aux familles et amis de ceux qui ont été tués, et nous souhaitons aux personnes blessées un prompt rétablissement. », a poursuivi M. Trudeau.

« Le Canada condamne fortement cet attentat haineux. Les gens ne devraient pas vivre en craignant pour leur sûreté et leur sécurité, quels que soient le pays qu’ils habitent ou les endroits où ils voyagent. Nous continuerons de travailler en étroite collaboration avec la communauté internationale en vue de lutter contre le terrorisme et de traduire en justice les responsables de ces actes. ».

« Ces actes lâches visent à susciter la peur et à nous diviser. Face à la haine, nous devons rester unis dans le respect des valeurs de diversité, d’ouverture et d’inclusion. »