Attaque terroriste à Ouagadougou au Burkina Faso: 18 morts, dont deux Canadiens

Un cordon de police sur le site de l'attaque d'un café-restaurant de la capitale burkinabè Ouagadougou, le 14 août 2017. (AFP/Ahmed OUOBA)
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Un cordon de police sur le site de l’attaque d’un café-restaurant de la capitale burkinabè Ouagadougou, le 14 août 2017. (AFP/Ahmed OUOBA)

Dix-huit personnes, dont plusieurs étrangers, ont été tuées dans la nuit de dimanche à lundi lors de l’attaque par des djihadistes présumés d’un café-restaurant de la capitale burkinabè Ouagadougou. Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Alpha Barry, a confirmé lundi qu’une Canadienne faisait partie des victimes.
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Mise à jour 14/08/2017 à 12h58

Deux Canadiens sont morts au Burkina Faso lors de l’attaque contre un restaurant turc de la capitale, dimanche, a confirmé la ministre canadienne des Affaires étrangères canadienne, Chrystia Freeland.

« C’est avec un très grand chagrin que je peux confirmer la mort de deux Canadiens lors de l’attaque d’hier au Burkina Faso », a déclaré la ministre ce lundi.

« Les sincères condoléances de notre gouvernement aux proches des personnes ciblées et aux victimes de cette attaque tragique. Les fonctionnaires consulaires canadiens travaillent fort pour aider les proches des victimes », a indiqué la chef de la diplomatie canadienne.

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«Outre les sept Burkinabè, on dénombre un Français, une Canadienne, un Sénégalais, un Nigérian, un Libanais, un Turc et deux Koweïtiennes », a précisé M. Barry, qui a également fait état de « trois victimes non encore identifiées».

L’identité de la victime canadienne n’a pas été révélée pour l’instant.

Même si aucun avertissement n’est en vigueur pour l’ensemble du Burkina Faso, il convient toutefois de faire preuve d’une grande prudence en raison de la menace terroriste, indique le ministère canadien des Affaires étrangères, qui enjoint les Canadiens en ce qui a trait attentat à Ouagadougou à éviter la zone touchée et à suivre les instructions des autorités locales.

L’attaque a été lancée dans la soirée par au moins deux hommes armés qui ont ouvert le feu sur les clients du restaurant Istanbul, sur la grande avenue Kwame Nkrumah de Ouagadougou, particulièrement fréquenté par des expatriés à ce moment de la retransmission d’un grand match de soccer.

«On a entendu des coups de feu. Ils ont commencé à tirer sur la terrasse, on est monté par l’escalier jusqu’en haut, on était couchés par terre, les assaillants sont venus, ils ont pointé leurs fusils sur nous […] je ne comprenais pas leur langue, c’était de l’arabe ou quoi», a déclaré un rescapé interrogé dans un hôpital à Ouagadougou par la télévision nationale.

Les opérations des forces de l’ordre contre les auteurs de l’attaque retranchés dans le café, situé à quelques dizaines de mètres d’autres établissements attaqués de la même manière en janvier 2016, a duré toute la nuit.

L’attaque «terroriste» a pris fin, a annoncé en début de matinée le ministre burkinabè de la Communication Remis Dandjinou en avançant un bilan de 18 morts et de deux assaillants « neutralisés ».

Parmi les victimes de l’attaque, qui a fait également une dizaine de blessés, selon le ministre, figurent notamment un Turc et un Français dont les décès ont été annoncés par les autorités de leur pays.

Le président du Burkina Faso Roch Marc Christian Kaboré a condamné lundi «l’attentat ignoble» en assurant que «le Burkina Faso se relèvera de cette épreuve car son vaillant peuple opposera une résistance sans concession au terrorisme».

Son homologue français Emmanuel Macron a également condamné cette « attaque terroriste » et indiqué qu’il allait s’entretenir « dans la journée » avec M. Kaboré.

Des opérations de « quadrillage et vérification des maisons avoisinantes » se poursuivaient dans la matinée dans le quartier totalement bouclé par les forces de sécurité, a précisé le ministre.

Deux assaillants à moto

Remis Dandjinou avait confirmé lors d’un précédent point presse que « des personnes ont été retenues » par les assaillants, et que «certaines ont été relâchées», mais sans donner plus de détails.

Le restaurant Istanbul est situé à 200 mètres du café Cappuccino, qui avait été en janvier 2016 la cible d’une attaque djihadiste sanglante, selon un mode opératoire similaire, revendiquée par al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Cette attaque avait fait 30 morts et 71 blessés, en majorité des étrangers, dont six Québécois.

«Selon des témoins, au moins deux assaillants arrivés à moto vers 21 h, armés de kalachnikov, ont ouvert le feu sur le restaurant Istanbul», a indiqué à l’AFP un officier de gendarmerie sous couvert d’anonymat.

Un serveur du restaurant a lui vu «trois hommes arrivés à bord d’un véhicule 4×4 vers 21 h 30, [qui] sont descendus du véhicule et ont ouvert le feu sur les clients assis en terrasse».

Après avoir évacué le périmètre, les forces de sécurité – gendarmerie, police et armée – ont donné l’assaut vers 22 h 15 contre les assaillants retranchés dans l’immeuble qui abrite le café, selon l’officier de gendarmerie.

Les tirs, intenses au début, sont ensuite devenus sporadiques, a rapporté un journaliste de l’AFP. Sur une vidéo diffusée sur Twitter, on voit des gens s’enfuir en courant et en criant. Puis dans une séquence suivante, on entend des tirs nourris.

Les blessés ont été transportés dans la nuit à l’hôpital Yalgado Ouedraogo.

«Nous sommes débordés », a confié dans la nuit un chirurgien à l’AFP sous couvert d’anonymat. « Nous avons reçu une dizaine de blessés, dont trois qui sont décédés. La situation des autres blessés est très critique. Trois sont pris en charge actuellement en bloc opératoire ».

Frontalier du Mali et du Niger, le Burkina Faso est depuis 2015 le théâtre d’attaques régulières de groupes djihadistes qui sévissent dans tout le Sahel.

En décembre 2016, une douzaine de soldats burkinabè ont été tués dans une attaque contre un détachement de l’armée basé dans le nord du pays. En octobre 2016, une précédente attaque avait fait six morts, quatre militaires et deux civils.

Plusieurs enlèvements ont aussi été perpétrés, de Burkinabè comme d’étrangers. Un Australien et un Roumain, enlevés en 2015, sont toujours captifs de groupes islamistes liés à Al-Qaida.

*Avec AFP