Attentat de Barcelone: au moins treize morts et plus de 100 blessés, l’EI revendique l’attaque

Une ambulance près du site où une camionnette a percuté la foule, le 17 août 2017 à Barcelone. (AFP/Josep LAGO)
Temps de lecture estimé : 6 minutes

Remis à jour 17/08/2017 à 19h30

Un conducteur a délibérément foncé dans la foule jeudi sur l’avenue la plus touristique de Barcelone, faisant au moins treize morts et plus de 100 blessés, selon le gouvernement régional, un attentat revendiqué par le groupe Etat islamique (EI).
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Mise à jour 17/08/2017 à 20h07

Affaires mondiales Canada indique finalement qu’il n’y a aucun Canadien parmi les victimes de l’attaque terroriste.

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– LES ÉVENEMENTS –

Vers 17H00 (1500 GMT), une camionnette percute la foule sur les Ramblas, l’avenue de Barcelone la plus fréquentée par les touristes espagnols et étrangers.

Des témoins décrivent des scènes de chaos et de panique parmi les piétons.

La police demande aux habitants de rester chez eux et d’éviter les déplacements non indispensables. Elle a confiné les survivants dans les magasins et les restaurants qui bordent la Rambla, dont ils ont pu commencer à sortir en fin de soirée.

L’attaque a fait treize morts et plus de 100 blessés selon la protection civile.

Le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders annonce qu’une Belge a été tuée dans l’attentat.

LA REVENDICATION

Le groupe djihadiste État islamique (EI) revendique l’attentat dans un communiqué diffusé par son agence de propagande Amaq et relayé par le centre américain de surveillance des sites djihadistes, SITE.

« Les assaillants de l’attaque de Barcelone étaient des soldats de l’État islamique », indique le communiqué, ajoutant que « l’opération a été menée en réponse aux appels à cibler les États de la coalition » internationale antidjihadistes opérant en Syrie et en Irak.

LES SUSPECTS

La police régionale de Catalogne annonce l’arrestation de deux suspects, un Espagnol et un Marocain.

Un des suspects interpellés est un Espagnol né à Melilla (ville sous administration espagnole dans le nord du Maroc, ndlr) et l’autre est un Marocain, Driss Oukabir, indique le porte-parole de la police catalane.

Oukabir est lié à la camionnette utilisée dans l’attentat et a été arrêté à Ripoll, à une centaine de kilomètres au nord de Barcelone.

Le suspect espagnol a été arrêté à Alcanar, à 200 km au sud de Barcelone, une localité où la nuit précédente une explosion dans un logement a fait un mort et sept blessés. Les enquêteurs relient cette explosion à l’attentat de Barcelone, selon le porte-parole de la police. « Nous soupçonnons qu’ils (les occupants) préparaient un engin explosif ».

Aucun n’avait d’antécédent judiciaire.

Le conducteur de la camionnette est en fuite.

Un témoin a dit avoir vu dans la camionnette « un homme très jeune, d’une vingtaine d’années, au visage mince ».

LA RÉACTION DES AUTORITÉS

La zone a été immédiatement été fermée par un cordon de sécurité et cinq ambulances et une vingtaine de véhicules de police se trouvaient sur place, a constaté le correspondant de l’AFP.

Les stations de métro et de chemins de fer ont été fermées et la population priée par les autorités de se tenir éloignée de la zone de l’attaque.

Le Premier ministre Mariano Rajoy a souligné dans un tweet qu’il était en contact avec les autorités locales et que la priorité était d’aider les victimes et de faciliter le travail des forces de sécurité.

Le palais royal espagnol condamne l’attaque en assurant: « ils ne nous terroriseront pas ».

À 18h33 (heure de Montréal), le premier ministre espagnol Mariano Rajoy a confirmé le décret les trois jours de deuil national.

ON IGNORE POUR L’INSTANT SI DES CANADIENS FIGURENT PARMI LES VICTIMES

Il y a au moins 18 nationalités parmi les victimes selon la protections civile.

On ignore pour l’instant si des Canadiens figurent parmi les victimes de l’attentat.

Ottawa recommande aux ressortissants canadiens qui séjournent en Espagne d’éviter le secteur de La Rambla, à Barcelone, où un attentat au véhicule bélier a fait plusieurs morts et des dizaines de blessés, jeudi.

Affaires mondiales Canada recommande aux Canadiens qui se trouvent dans la capitale de la Catalogne de suivre les informations locales et les instructions des autorités.

PRÉCÉDENTES ATTAQUES EN ESPAGNE

Les Ramblas est une avenue emblématique de Barcelone qui relie la place de Catalogne, centre névralgique de la ville, au vieux port où se dresse la colonne de Christophe Colomb.

Elle compte parmi les principales destinations touristiques de la ville. La rue est bordée de commerces et de restaurants, au cœur de la ville. Une zone centrale est réservée aux piétons, mais les voitures peuvent circuler de chaque côté.

L’Espagne a été la cible de la pire attaque commise par des extrémistes islamistes en Europe en mars 2004, lorsque des bombes avaient explosé dans des trains de banlieue à Madrid, faisant 191 morts. Les attentats avaient été revendiqué par des extrémistes se réclamant du réseau Al-Qaïda.

En juillet 2015, un tireur a ouvert le feu devant un hôtel à Barcelone, faisant deux blessés.

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L’attaque perpétrée jeudi sur l’avenue la plus touristique de Barcelone fait suite à une longue série d’attentats menés depuis 2015 dans l’Union européenne, dont la majorité ont été revendiqués ou attribués au groupe État islamique (EI).

L’Espagne, épargnée depuis 2015, avait été visée par les pires attentats commis sur le sol européen: des bombes avaient explosé en mars 2004 dans des trains de banlieue à Madrid, faisant 191 morts. L’attentat avait été revendiqué au nom d’Al-Qaïda par une cellule islamiste.

– Lourd tribut en France –

Depuis janvier 2015, une vague d’attentats, pour la plupart revendiqués par l’EI, a fait au total 239 morts.

La première attaque, menée par deux frères se réclamant d’Al-Qaïda, vise le 7 janvier le siège de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo à Paris et fait 12 morts. Deux jours plus tard, un supermarché casher est pris pour cible et quatre personnes sont tuées lors de la prise d’otages. L’assaillant, se revendiquant de l’EI, avait tué la veille une policière municipale. Comme les auteurs de l’attaque contre Charlie Hebdo, il sera abattu par la police.

Le 13 novembre 2015, la France est frappée par les pires attaques terroristes de son histoire. Les attentats sont perpétrés à Paris dans la salle de concerts du Bataclan, contre plusieurs bars et restaurants, et près du Stade de France, à Saint-Denis, dans la banlieue nord de Paris. Au total, 130 personnes sont tuées et plus de 350 sont blessées. L’EI revendique les attaques.

Le 14 juillet 2016, la fête nationale est endeuillée par un carnage sur la Promenade des Anglais à Nice (sud-est) où un Tunisien, au volant d’un camion, fonce dans la foule, faisant 86 morts et 450 blessés. Il est tué par la police. L’attaque est revendiquée par l’EI.

Le 26 juillet, un prêtre est égorgé dans son église à Saint-Étienne-du-Rouvray (ouest) par deux jihadistes, qui se réclamaient de l’EI.

En 2016-2017, plusieurs attaques ont visé les forces de l’ordre.

– Grande-Bretagne –

Le 22 mars 2017, l’EI revendique une attaque ayant fait cinq morts à Londres: un homme a lancé sa voiture dans la foule sur le pont de Westminster tuant quatre personnes puis a poignardé à mort un policier avant d’être abattu.

Le 22 mai, à Manchester (nord-ouest), un jeune Britannique d’origine libyenne se fait exploser à la sortie d’un concert de la chanteuse américaine Ariana Grande. 22 personnes sont tuées et 116 blessées, dont de nombreux enfants et adolescents. L’attentat est revendiqué par l’EI.

Le 3 juin, une camionnette fonce sur la foule sur le London Bridge, puis ses trois occupants en sortent armés de couteaux et poignardent des passants, avant d’être abattus par la police. Bilan: huit morts et une cinquantaine de blessés. Les agresseurs, abattus par la police, portaient de faux gilets explosifs. L’EI revendique l’attentat.

– Suède –

Le 7 avril 2017, le conducteur d’un camion de livraison lancé à près de 100 km/h sur une voie piétonne très fréquentée de Stockholm fauche une vingtaine de personnes, faisant cinq morts.

Un ressortissant ouzbèke arrêté peu après l’attaque revendique devant un juge « un acte terroriste ». Selon la police ouzbèke, il avait tenté de rejoindre l’EI en Syrie en 2015.

– Berlin –

Le 19 décembre 2016, un Tunisien fonce à bord d’un camion sur un marché de Noël de la capitale allemande, faisant 12 morts et 48 blessés. Il est tué quelques jours plus tard lors d’un contrôle de police en Italie. L’attaque est revendiquée par l’EI.

– Bruxelles –

Le 22 mars 2016, des attentats suicide, revendiqués par l’EI, font 32 morts et plus de 340 blessés à l’aéroport de la capitale belge et dans la station de métro de Maelbeek, dans le quartier européen.

– Danemark –

Le 14 février 2015, un Danois d’origine palestinienne, qui avait prêté allégeance à l’EI, ouvre le feu sur un centre culturel de Copenhague où se tient une conférence sur la liberté d’expression, tuant un cinéaste. Dans la nuit, il abat un fidèle juif devant une synagogue avant d’être tué par la police.[/toggle]

*Avec AFP