Colombie: Santos demande à Pence d’exclure une action miltaire des USA au Venezuela

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Le président colombien Juan Manuel Santos et le vice-président américain Mike Pence avant le début de laeur réunion de travail à la Casa de Huéspedes Ilustres de Cartagène en Colombie dimanche 13 août 2017.(César Carrión/SIG)

Le président colombien Juan Manuel Santos a demandé dimanche au vice-président américain Mike Pence, en visite en Colombie, d’exclure une intervention militaire des États-Unis au Venezuela, dont le président Donald Trump a évoqué la possibilité.

M. Santos donnait une conférence de presse conjointe avec M. Pence à Carthagène, dans le nord de la Colombie, après un entretien entre les deux dirigeants.

« J’ai dit au vice-président Pence que la possibilité d’une intervention militaire ne doit pas être envisagée », a déclaré le président colombien.

« Ni la Colombie, ni l’Amérique latine – depuis le sud du Rio Grande jusqu’à la Patagonie -, ne pourraient être d’accord » avec une telle intervention, a-t-il dit.

En réponse, M. Pence a déclaré que les États-Unis souhaitent « une solution pacifique » de la crise au Venezuela.

Le président Trump « a confiance dans le fait qu’en travaillant avec nos alliés en Amérique latine, nous pourrons parvenir à une solution pacifique de la crise que vit le peuple vénézuélien », a dit M. Pence, selon la traduction en espagnol de ses propos par un interprète.

Les États-Unis vont continuer à employer leur « pouvoir politique et économique » contre le gouvernement du président Nicolas Maduro, a ajouté le vice-président américain.

« Le Venezuela est sur le chemin de la dictature, et comme l’a dit le président Trump, les États-Unis ne vont pas rester inertes » devant cette situation, a poursuivi M. Pence. « Nous allons continuer à travailler avec les nations de l’hémisphère jusqu’à ce que la démocratie soit rétablie pour le peuple vénézuélien ».

M. Pence a ajouté qu’un objectif de sa tournée en Amérique latine, qui doit après la Colombie le conduire en Argentine, au Chili et au Panama, est précisément d’unir les efforts pour « parvenir au rétablissement de la démocratie au Venezuela par des moyens pacifiques ».

L’évocation vendredi par M. Trump d’une « option militaire » américaine dans la crise vénézuélienne a suscité une vague de réprobation à travers l’Amérique latine.

« Nous avons de nombreuses options pour le Venezuela, y compris une possible option militaire si nécessaire », avait lancé M. Trump aux journalistes dans son golf de Bedminster (New Jersey), où il est en vacances.

La crise politique et institutionnelle au Venezuela s’est encore aggravée avec l’élection, voulue par le président Maduro, d’une Assemblée constituante dotée de pouvoirs très étendus, malgré le boycott de l’opposition et de nombreuses pressions internationales.

L’opposition mène depuis quatre mois une campagne de manifestations pour le départ du pouvoir de M. Maduro, très impopulaire selon les sondages, au cours desquelles 125 personnes ont été tuées.

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