Donald Trump évoque une possible option militaire au Venezuela

0
Les forces vénézueliennes au dessus de Valencia, la troisième ville du Venezuela, le 6 août 2017. (AFP/Ronaldo SCHEMIDT)

Donald Trump a évoqué une éventuelle option militaire au Venezuela, où le président Nicolas Maduro, mis au ban de la communauté internationale, avait promis la veille de répondre « les armes à la main » à une agression américaine.

« Nous avons de nombreuses options pour le Venezuela, y compris une possible option militaire si nécessaire », a lancé vendredi le président américain, lors d’un échange avec des journalistes dans son golf de Bedminster, dans le New Jersey, où il est en vacances.

Appelé à donner des précisions sur cette annonce, qui intervient dans une période d’extrême tension avec la Corée du Nord, le président américain est resté évasif.

« Nous avons des troupes dans le monde entier qui sont parfois très loin. Le Venezuela n’est pas très éloigné et les gens souffrent et les gens meurent », a-t-il simplement ajouté, entouré du secrétaire d’État Rex Tillerson et de l’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley.

Interrogé sur cette annonce, le Pentagone s’est borné à indiquer, par la voix de son porte-parole Eric Pahon, qu’il n’avait « à ce stade » reçu aucune consigne sur ce dossier.

Washington et Caracas, qui n’ont plus d’ambassadeurs respectifs depuis 2010 mais dont les relations s’étaient quelque peu améliorées à la fin du mandat de Barack Obama, conservent des liens économiques et commerciaux étroits, avant tout dans l’industrie pétrolière.

Début août, les États-Unis ont infligé des sanctions au président vénézuélien qu’ils ont qualifié de « dictateur ».

La réaction de Washington est survenue au lendemain de l’élection controversée de l’Assemblée constituante voulue par le président socialiste, un scrutin marqué par des violences qui ont fait dix morts.

Rejetée par l’opposition et des pays occidentaux, cette assemblée l’a confirmé à l’unanimité dans ses fonctions de « président constitutionnel de la république bolivarienne du Venezuela ».

Il est extrêmement rare que le gouvernement américain prenne des sanctions contre un chef d’État étranger en exercice. M. Maduro est seulement le quatrième à être ainsi sanctionné par Washington, rejoignant un groupe composé du président syrien Bachar al-Assad, du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un et du président zimbabwéen Robert Mugabe.

Une nouvelle série de sanctions américaines ont par ailleurs été adoptées cette semaine à l’encontre de huit responsables vénézuéliens impliqués dans la mise en place d’une Assemblée constituante jugée « illégitime ».

« Ce régime est inacceptable et les États-Unis se tiendront au côté de l’opposition (qui se bat) contre la tyrannie jusqu’à ce que le Venezuela restaure une démocratie prospère et pacifique », a lancé à cette occasion le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin.

Jeudi, M. Maduro a dit souhaiter « une conversation » avec son homologue américain. « S’il est autant intéressé par le Venezuela, je suis là, je suis le chef de ce qui l’intéresse », a-t-il affirmé lors d’un discours devant l’Assemblée constituante.

M. Maduro souhaite que cette discussion ait lieu par téléphone ou qu’elle se tienne à New York à l’occasion de l’assemblée générale des Nations unies à la mi-septembre.

La Maison Blanche a révélé que M. Maduro avait effectivement sollicité une conversation avec M. Trump vendredi, mais a implicitement indiqué que sa demande n’avait pas été acceptée.

« Les États-Unis se tiennent avec le peuple du Venezuela face à la répression permanente exercée par le régime Maduro. Le président Trump parlera volontiers avec le dirigeant du Venezuela dès que la démocratie sera restaurée dans ce pays », a déclaré la Maison Blanche dans un communiqué.

Tout en disant souhaiter avoir des relations « normales » avec les États-Unis, M. Maduro a averti jeudi M. Trump que son pays répondrait « les armes à la main » à une éventuelle agression et « ne se rendra jamais ».

Il intervenait devant les 545 membres de la nouvelle assemblée chargée notamment de réécrire la Constitution de 1999. Elle régira le pays durant au moins deux ans, le mandat du président s’achevant en janvier 2019.

Les manifestations contre M. Maduro ont fait plus de 125 morts depuis début avril dans un contexte de grave crise économique et institutionnelle.

Le ministre de la Défense Vladimir Padrino a annoncé vendredi que les chefs d’une attaque menée le 6 août contre une base militaire du nord du Venezuela avaient été capturés par les forces de sécurité. Ces deux hommes, un capitaine chassé de l’armée en 2014 et un lieutenant, recevront « un châtiment exemplaire », a promis le ministre.

La base avait été attaquée par une vingtaine d’hommes. Deux avaient été abattus et huit capturés.

Les chefs de l’attaque menée le 6 août contre une base militaire du nord du Venezuela ont été capturés par les forces de sécurité, a annoncé vendredi le ministre vénézuélien de la Défense, Vladimir Padrino.

« Les auteurs matériels et intellectuels de l’assaut paramilitaire et terroriste » mené contre le fort Paramacay ont été arrêtés, a déclaré le ministre sur son compte Twitter.

Ces deux hommes sont l’ex-capitaine Juan Caguaripano Scott et le lieutenant Jefferson Garcia, a indiqué M. Padrino.

Le groupe était dirigé par Juan Caguaripano, qui vivait jusqu’alors en exil après avoir été chassé de l’armée en 2014 pour rébellion et trahison.

« Cette capture est un coup dur pour le terrorisme fasciste mis en pratique par la droite vénézuélienne au cours des derniers mois », a accusé le ministre de la Défense. « Quiconque trahit la patrie, quiconque prend les armes contre la FANB (les forces armées vénézuéliennes, ndlr) recevra un châtiment exemplaire », a-t-il menacé.

Le fort Paramacay avait été attaqué dimanche 6 août à l’aube par une vingtaine d’hommes. Deux d’entre eux avaient été abattus au cours de combats qui ont duré trois heures, et huit avaient été capturés, dont l’un était blessé.

Peu avant le déclenchement de l’attaque, Juan Caguaripano était apparu dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Entouré d’hommes en uniforme et lourdement armés, il se déclarait en rébellion contre le pouvoir du président vénézuélien Nicolas Maduro, le qualifiant de « tyrannie illégitime ».

Après l’attaque, Caguaripano avait pu s’enfuir en emportant des armes saisies dans la base. Le lieutenant Jefferson Garcia, accusé d’avoir fourni aux assaillants des informations sur le dispositif de sécurité de la base, s’était lui aussi enfui.

L’attaque a encore accru les tensions dans la grave crise politique et institutionnelle que vit le Venezuela. Des manifestations pour réclamer que le président Maduro quitte le pouvoir ont lieu depuis quatre mois. Au moins 125 personnes ont été tuées au cours de ces rassemblements.

La semaine dernière, une Assemblée constituante voulue par le président Maduro et dotée de pouvoirs très importants a été inaugurée, malgré le boycott de l’opposition et les critiques internationales.

Les commentaires sont fermés.