Flotte intérimaire: le «deal» des Super Hornet avec Boeing pourrait bientôt renaître ou mourir pour de bon!

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Un Super Hornet F/A-18E affecté aux « Argonauts » du Strike Fighter Squadron (VFA) 147 décolle du porte-avions USS Nimitz (CVN 68). (Spécialiste en communication Ian Kinkead /US Navy)

On devrait être bientôt fixé sur l’achat d’avions de chasse par Ottawa: les fonctionnaires du ministère de la Défense et les fabricants d’avions de chasse ont déterminé une date à la fin du mois de septembre pour la décision d’acheter ou non les chasseurs Super Hornets du constructeur américain Boeing, rapportait cette semaine La Presse Canadienne.

En novembre 2016, Ottawa avait annoncé qu’il allait «explorer immédiatement» la possibilité d’acquérir 18 avions de chasse Super Hornet pour compléter la flotte de CF-18 jusqu’à ce que la flotte de remplacement permanente soit livrée. »

Boeing s’est rapidement dit prête à livrer le Super-Hornet que le Canada demandera et, en mars 2017, Ottawa a même franchi une nouvelle étape dans l’acquisition de la flotte provisoire de Super Hornet en envoyant une lettre de demande présentée au gouvernement des États Unis décrivant ses exigences relatives aux capacités, à l’échéancier et aux retombées économiques concernant 18 aéronefs Super Hornet.

Puis, deux mois plus tard, sans que cela ait aucun rapport avec les avions de chasse, éclate une guerre commerciale entre Boeing et le constructeur canadien Bombardier, qu’Ottawa appuie de ses deniers.

En mai, le département américain du Commerce ouvre une enquête sur demande du constructeur Boeing accusant Bombardier de vendre à perte ses avions aux Etats-Unis grâce à des subventions publiques. Et la Commission américaine du commerce international (ITC) ouvre une enquête sur d’autres déclarations de Boeing selon lesquelles Bombardier a vendu l’an dernier 75 CSeries à Delta Air Lines en dessous du prix de revient.

Ottawa ne fait alors ni une, ni deux, et annonce que, dans ces conditions, il songe très sérieusement à renoncer à l’achat des Super Hornets de Boeing. Le projet d’acquisition se trouve depuis dans les limbes en raison du différend commercial qui oppose Boeing au constructeur aéronautique canadien Bombardier.

Mais nous serions maintenant à un tournant

Même s’il n’y a eu aucun contact entre Ottawa et Boeing pendant des mois, des sources au sein de l’industrie, rapportait cette semaine La Presse Canadienne, pensent à présent que l’achat des Super Hornets pourrait se jouer le 25 septembre.

C’est à cette date que le département américain du Commerce dévoilera les résultats de son enquête qui visait à déterminer si Bombardier a vendu ses avions de ligne CSeries à un prix injustement bas grâce à des subventions du gouvernement fédéral.

Une décision défavorable à Bombardier pourrait s’accompagner d’amendes ou des tarifs pour Bombardier, et du même coup, inciter le gouvernement canadien, qui s’est montré critique envers cette enquête, à enterrer définitivement son plan d’acheter 18 avions de chasse intérimaire de Boeing pour combler ce qu’il a présenté comme un déficit de capacités de l’Aviation royale canadienne.

Flairant la bonne affaire, la présidente du géant de la défense Lockheed Martin, Marillyn Hewson, a récemment écrit à plusieurs ministres libéraux pour leur promettre un bon prix et une livraison rapide de ses appareils F-35, révélait cette semaine sous la plume de Joël-Denis Bellavance le quotidien montréalais La Presse.

«Nous demandons respectueusement au gouvernement du Canada d’envisager l’avion F-35 … qu’il peut acquérir pour le même prix et dans le même délai (qu’un Super Hornet)», a écrit Mme Hewson.

Et plusieurs autres fabricants d’avions de chasse ont fait des représentations semblables au cours des derniers mois.

Alors que le gouvernement a jusqu’ici refusé de répondre formellement aux rivaux de Boeing, il n’a pas pour autant écarté la possibilité de prendre une direction différente. «Nous continuons d’explorer plusieurs options pour fournir une solution intérimaire qui s’ajouterait aux CF-18», a déclaré Mary-Rose Brown, une porte-parole de Jim Carr, le ministre par intérim des Services publics et de l’Approvisionnement.

«Nous n’avons pas encore pris de décision. Les discussions doivent prouver que la flotte intérimaire offre de bonnes caractéristiques et peut être acquise à un coût et dans un délai qui sont acceptables pour les Canadiens.»

Le « deal » avec Boeing n’est pas mort, mais pas fort, la décision en septembre du département américain du Commerce pourrait l’achever, mais pourrait aussi, au contraire, retrouver sa vigueur. à suivre.

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