La Corée du Nord a la capacité d’embarquer une bombe nucléaire sur ses missiles et menace l’Amérique

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Photographie prise le 4 juillet 2017 par l’agence officielle nord-coréenne KCNA, montrant un tir de missile balistique intercontinental par la Corée du Nord. (KCNA VIA KNS/AFP/STR)

Remis à jour 08/08/2017 à 22h

La Corée du Nord a réussi à miniaturiser suffisamment une bombe nucléaire pour l’embarquer sur l’un de ses missiles intercontinentaux, selon les conclusions secrètes d’experts du renseignement américain, révélées mardi par le Washington Post.

Cette capacité marquerait une avancée significative pour la Corée du Nord, qui deviendrait ainsi une puissance nucléaire à part entière, souligne le quotidien américain, qui a eu connaissance d’un rapport confidentiel achevé le mois dernier par l’agence américaine de renseignement militaire (DIA).

Pour l’heure, le régime de Pyonyang a testé plusieurs engins atomiques et a réussi deux lancements de missiles balistiques intercontinentaux, capables de frapper les États-Unis, mais sa capacité à mettre une bombe atomique sur l’un de ces lanceurs était encore en doute.

La communauté du renseignement était en général convaincue que bien que 10 ans se soient écoulés depuis le premier test nucléaire de Pyongyang en octobre 2006, la Corée du Nord était encore à quelques années de savoir maîtriser la miniaturisation d’une arme atomique, qui relève d’un processus complexe.

Or, « la communauté du renseignement estime que la Corée du Nord a produit des armes nucléaires qui peuvent être embarquées sur des missiles balistiques, y compris des missiles balistiques intercontinentaux », a conclu le rapport dont un extrait à été lu au quotidien.

Selon le Washington Post, le ministère japonais de la Défense est arrivé aux mêmes conclusions.

Selon un autre rapport officiel américain, le dictateur nord-coréen Kim Jong-Un dispose de quelque 60 bombes atomiques, note le Washington Post, qui souligne toutefois que beaucoup d’experts jugent ce nombre beaucoup trop élevé.

Trump promet « le feu et la colère » à la Corée du Nord

Donald Trump a lancé mardi une spectaculaire mise en garde à la Corée du Nord, lui promettant « le feu et la colère » au moment où les services secrets américains semblent avoir acquis la conviction que Pyongyang est en mesure de miniaturiser des armes nucléaires.

« La Corée du Nord ferait mieux de ne plus proférer de menaces envers les États-Unis », a déclaré le président américain depuis son golf de Bedminster, dans le New Jersey, où il passe des vacances.

Les menaces, si elles se poursuivaient, « se heurteront au feu et à la colère », a-t-il ajouté, promettant une réaction d’une ampleur « que le monde n’a jamais vue jusqu’ici ».

Le milliardaire américain a notamment engagé un bras de fer diplomatique à trois bandes, en demandant avec insistance à la Chine, principale alliée de la Corée du Nord, d’agir pour faire infléchir son incontrôlable voisin.

À Washington, nombre de voix se sont élevées pour dénoncer les propos présidentiels.

Le démocrate Eliot Engel, membre de la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, a regretté la « ligne rouge absurde » tracée par M. Trump, tant les déclarations menaçantes de Pyongyang sont récurrentes.

« La sécurité de l’Amérique est basée non seulement sur la force de notre armée mais aussi sur la crédibilité de notre commandant en chef », a-t-il souligné, dénonçant « l’emportement impulsif » du milliardaire.

Le sénateur républicain John McCain a aussi fait part de son scepticisme, soulignant que les « grands dirigeants » ne menaçaient pas leurs ennemis sauf s’ils étaient prêts à passer à l’action. « Et je ne suis pas sûr que le président Trump soit prêt à agir », a-t-il ajouté.

Pour Anders Fogh Rasmussen, ancien secrétaire général de l’OTAN, cette formulation « visait à faire peur à Pékin comme à Pyongyang ». « Mais les lignes rouges présidentielles qui restent lettre morte créent des précédents dangereux », a-t-il mis en garde.

La Corée du Nord menace de tirer des missiles près d’une île américaine

La Corée du Nord a déclaré envisage de tirer des missiles balistiques à portée intermédiaire vers les bases américaines de l’île de Guam, dans le Pacifique, a rapporté l’agence officielle nord-coréenne KCNA.

Cette menace intervient quelques heures après la déclaration du président américain Donald Trump qui a promis «le feu» à la Corée du Nord si cette dernière continuait de menacer les États-Unis, sur fond de développement de son programme balistique et nucléaire. Quelques jours avant, l’ONU  adopté une série de sanctions contre Pyongyang.

Pyongyang a déclaré qu’«actuellement, elle étudie avec attention le plan opérationnel afin de faire feu sur les zones situées autour de Guam avec une fusée balistique à portée intermédiaire Hwasong-12», selon l’agence KCNA.

Ce projet sera finalisé «et sera mis en pratique de manière consécutive et simultanée, dès que Kim Jong Un, le commandant  suprême de la force nucléaire le décidera», a ajouté l’agence.

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