Le Black Watch de Montréal enterre en France un soldat canadien de la Première Guerre mondiale

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La Cpl Sara Postans, de Montréal, porte le cercueil du sergent Harold W. Shaughnessy le 24 août 2017, cent ans après la mort de ce dernier lors de la bataille de la côte 70 aalors qu'il servait au sein du 13e bataillon de la force expéditionnaire canadienne (Royal Highlanders of Canada). (Dr. Sarah Lockyer, Direction de l'histoire et du patrimoine, Canada)
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La Cpl Sara Postans, de Montréal, porte le cercueil du sergent Harold W. Shaughnessy le 24 août 2017, cent ans après la mort de ce dernier lors de la bataille de la côte 70 alors qu’il servait au sein du 13e bataillon de la force expéditionnaire canadienne (Royal Highlanders of Canada). (Dr. Sarah Lockyer, Direction de l’histoire et du patrimoine, Canada)

The Black Watch (Royal Highland Regiment) du Canada, qui a son siège à Montréal, a envoyé un contingent de 11 de ses soldats à Loos-en-Gohelle, en France, inhumer le 24 août 2017 avec les honneurs militaires le sergent Harold W. Shaughnessy dont les restes ont été récemment identifiés par la Commonwealth War Graves Commission.

Le même jour, a aussi été inhumé le soldat Reginald Joseph Winfield Johnston qui a été membre du 16e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien, une unité perpétuée par le Canadian Scottish Regiment (Princess Mary’s) de Victoria en Colombie-Britannique et qui est décédé le 15 ou le 16 août 1917, à l’âge de 22 ans, lui aussi pendant la bataille de la côte 70.

Le sergent Shaughnessy a été inhumé en présence de sa famille qui, avec l’aide d’Anciens Combattants Canada, a pu assister à la cérémonie.

Le sergent Shaughnessy naît à Saint-Stephen, au Nouveau-Brunswick, le 3 novembre 1884. Il travaille comme sténographe avant de s’enrôler à Montréal, le 4 août 1915, à l’âge de 31 ans.

Le sergent a été membre du 13e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien, une unité perpétuée par le Black Watch (Royal Highland Regiment) de Montréal. Il est décédé le 15 août 1917, à l’âge de 33 ans, pendant la bataille de la côte 70.

La découverte et l’identification des ossements

Les ossements du soldat canadien ont été découverts au cours d’une opération d’élimination de munitions non explosées sur un chantier de construction près du village de Vendin-le-Vieil, en France. La Commonwealth War Graves Commission (CWGC) a alors été avisée et a pris en charge les restes de même que d’autres artéfacts découverts. Le soldat Johnston et le sergent Shaughnessy ont par la suite été identifiés grâce au Programme d’identification des pertes militaires du MDN.

L’identification du sergent Shaughnessy découle d’une étude du contexte historique, d’un examen des preuves matérielles (dont une plaque d’identité et une chevalière) et d’analyses anthropologiques médico-légales. Pour ce qui est du soldat Johnston, son identification découle d’une étude du contexte histoire, d’un examen des preuves matérielles, d’analyses anthropologiques médico-légales et de tests ADN. Dans les deux cas, le Programme d’identification des pertes militaires du MDN a permis d’identifier les ossements.

«C’est avec honneur et fierté que nous rendons hommage à l’un de nos prédécesseurs, qui a donné sa vie afin que nous puissions jouir de notre liberté actuelle, en lui offrant des funérailles dignes de son sacrifice.», a déclaré le colonel Thomas Mackay, commandant du Black Watch (Royal Highland Regiment) of Canada.

«Cent ans après leur décès, nous pouvons enfin offrir à ces soldats la dignité et le respect de funérailles militaires dans un cimetière du Commonwealth, où tous pourront admirer leur sacrifice personnel.» a pour sa part déclaré le brigadier-général (retraité) David Kettle, secrétaire général de l’agence canadienne de la Commonwealth War Graves Commission.

La bataille de la côte 70

La bataille de la côte 70, qui a fait rage du 15 au 25 août 1917, est le premier combat majeur auquel a participé le Corps canadien sous le commandement d’un Canadien durant la Première Guerre mondiale. Environ 2 100 Canadiens ont perdu la vie lors de cette bataille, et plus de 1 300 d’entre eux n’ont aucune sépulture connue. La position stratégique élevée de la côte 70 est demeurée sous le contrôle des alliés jusqu’à la fin de la guerre.

Plus de 3 000 victimes de la Première Guerre mondiale et quelques-unes de la Seconde Guerre mondiale reposent au cimetière britannique de Loos. Le deux tiers des soldats décédés lors de la Première Guerre mondiale demeurent non identifiés, et des monuments spéciaux sur le site rendent hommage à deux soldats britanniques et quatre soldats canadiens qui pourraient se trouver parmi eux. D’autres monuments consignent les noms des quarante-quatre soldats canadiens et des douze soldats britanniques inhumés dans d’autres cimetières, mais dont les tombes ont été détruites par des tirs d’obus.

Le Black Watch

Le Black Watch, lui, est le plus ancien régiment écossais au Canada.

Des bénévoles ont servi dans ce régiment depuis ses débuts à Montréal, le 31 janvier 1862, à cette époque-là en tant que le 5e bataillon de la milice volontaire canadienne.

L’essor de la force militaire américaine pendant la guerre civile inquiétait le Canada. Le gouvernement approuva la formation de régiments de la milice. Six chefs écossais montréalais répondirent à l’appel en formant une compagnie d’infanterie pour le 5e bataillon. Éventuellement huit compagnies furent crées pour le service aux frontières.

Depuis ce temps-là des milliers de citoyens canadiens ont servis avec le Black Watch. En plus de la sécurité aux frontières canadiennes, ils ont combattus à la guerre des Boers, à la première guerre mondiale, à la deuxième guerre mondiale, à la guerre de Corée, ils ont soutenu les opérations de l’OTAN en Europe et ont vu au maintien de la paix pour les Nations Unis mondialement, ils ont fournis de l’aide aux civils, plus récemment pendant la tempête de verglas au Québec et dans l’est de l’Ontario.