Le Canada condamne les actions «inacceptables» de la Corée du Nord, mais prône une «désescalade»

0
La ministre des Affaires étrangères canadienne, Chrystia Freeland, et le nouveau secrétaire d’État américain, Rex Tillerson, à Washington les 7 et 8 février 2017.(Archives/Twitter/@CanadaPE)

Alors que Donald Trump poursuit l’escalade verbale, La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a condamné vendredi les récentes actions du régime nord-coréen, estimant que son programme nucléaire est une « grave menace pour le monde » qui « doit cesser », tout en prônant toutefois une désescalade des tensions.

« Ce que fait la Corée du Nord est absolument inacceptable » a déclaré la ministre, soulignant que les récentes actions du gouvernement nord-coréen sont une « menace » à la sécurité régionale et mondiale.

« Nous devons chercher de moyens d’apaiser la situation », a-t-elle mentionné lors d’une conférence de presse, après l’escalade des tensions entre Pyongyang et les États-Unis.

Chrystia Freeland a mentionné vouloir trouver des « moyens pour faire pression et persuader la Corée du Nord » de « cesser ses actions », tout en rappelant que la situation actuelle « ne peut avoir de fin positive pour la Corée du Nord » si elle se poursuivait.

Le ministre des Affaires étrangères et Daniel Jean, l’envoyé spécial qui a assuré la libération du pasteur canadien emprisonné ministre ont tous deux discuté au cours des derniers jours avec des hauts fonctionnaires nord-coréens au sujet de la détérioration de la situation internationale.

Chrystia Freeland a déclaré vendredi qu’elle avait rencontré Ri Yong-ho, son homologue de Pyongyang, lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères du Pacifique asiatique le week-end dernier à Manille.

Ce n’était pas une réunion formelle, mais seulement un bref échange en marge de la réunion, a-t-elle précisé. La ministre Freeland a également rencontré le secrétaire d’État américain Rex Tillerson, le ministre des Affaires étrangères de la Corée du Sud et, plus tard, le chef de la diplomatie chinoise lors d’un bref voyage à Pékin.

La rencontre à manille a aussi été suivie d’une discussion plus longue plus tard dans la capitale nord-coréenne entre les responsables du ministère des Affaires étrangères nord-coréen et le chef de la délégation canadienne envoyés pour assurer la libération du révérend Hyeon Soo Lim.

Sans bien sûr révéler les détails des conversations de spécial canadien avec les nord-coréens, la chef de la diplomatie canadienne a déclaré que les fonctionnaires canadiens ont travaillé fort pour s’assurer que le régime de Kim Jong-un comprenait que «il faut sortir de cette voie qui est si destructrice pour la Corée du Nord et pour le monde. »

La ministre canadienne a également rappelé que le Canada « soutient très fortement » ses alliés, dont les États-Unis. « Quand ils sont menacés, nous sommes présents », a-t-elle ajouté. Le Canada, qui jouit d’une excellente réputation sur la scène internationale, peut toutefois souvent ouvrir des portes qui restent fermées à son puissant voisin.

Tout en condamnant cette situation « gravement préoccupante », Chrystia Freeland a aussi salué « l’unité mondiale sans précédent » dans la condamnation des actions de la Corée du Nord.

Depuis plusieurs mois, les multiples essais de missiles réalisés par la Corée du Nord ont suscité l’inquiétude de la communauté internationale, et une nouvelle vague de sanctions contre Pyongyang a récemment été adoptée à l’ONU.

Pendant ce temps, Trump en remet une couche

Le président américain Donald Trump a une nouvelle fois mis en garde vendredi le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un, en assurant que si ce dernier attaquait Guam, île du Pacifique et territoire américain, il le «regretterait» amèrement.

«S’il fait quoi que ce soit visant Guam, ou un autre territoire américain, ou un allié des États-Unis, il le regrettera vraiment et il le regrettera rapidement», a déclaré M. Trump depuis son golf de Bedminster (New Jersey), en dénonçant un régime «qui se comporte mal depuis des années, des décennies».

La Corée du Nord a présenté un projet pour tirer quatre missiles au-dessus du Japon vers le territoire américain de Guam, avant-poste stratégique des forces américaines dans le Pacifique.

Interrogé sur les propos de la chancelière allemande Angela Merkel, qui a affirmé ne pas voir de solution militaire à ce conflit, il a estimé qu’elle parlait seulement pour son pays.

«Peut-être qu’elle parle de l’Allemagne. Elle ne parle certainement pas des États-Unis, je peux vous le dire», a-t-il affirmé.

Mme Merkel a clairement exprimé ses divergences avec le locataire de la Maison-Blanche sur ce dossier, affirmant que l’escalade verbale entre Pyongyang et Washington était «une mauvaise réponse».

*Avec AFP

Les commentaires sont fermés.