Le chef des troupes américaines en Afghanistan soutenu par le patron du Pentagone

Le lieutenant-général John W. "Mick" Nicholson Jr, commandant des Forces américaines et de l'OTAN en Afghanistan. (OTAN)
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Le sénateur américain John McCain, président de la commission du Sénat américain des forces armées. en visite à Kaboul,et le général John William Nicholson Jr., commandant du U.S. Forces Afghanistan (USFOR-A) et l’opération Resolute Support Mission depuis mars 2016. (Archives/op Resolute Support)

Le ministre américain de la Défense Jim Mattis a apporté son soutien lundi au commandant des forces américaines en Afghanistan après que la presse eut prêté l’intention au président Donald Trump de le remplacer parce qu’il ne gagnait pas la guerre contre les talibans.

Le général John Nicholson « est notre commandant sur le terrain. Il a la confiance de l’Otan, il a la confiance de l’Afghanistan et il a la confiance des Etats-Unis », a assuré l’ancien général des Marines lors d’une rencontre avec des journalistes au Pentagone.

NBC News avait rapporté plus tôt en août que le président américain avait dit à Jim Mattis et au général Joe Dunford, le plus haut gradé de l’armée américaine, qu’ils devraient remplacer le général Nicholson, qui est aussi à la tête des forces de l’Otan qui appuient la mission d’assistance –très largement assumée par les Américains– aux troupes afghanes qui sont à la peine face aux rebelles talibans.

Le président « étudie tous les aspects de nos efforts là-bas comme le demande sa responsabilité de commandant en chef », a souligné Jim Mattis.

Quand on lui a spécifiquement demandé si le général Nicholson avait sa confiance, il a répondu: « Bien sûr ».

Le président américain n’a toujours pas annoncé sa stratégie pour l’Afghanistan mais le chef du Pentagone a dit qu’il y en aurait une « très, très bientôt », répétant la promesse du président la semaine dernière.

Les options sont multiples, de l’envoi de plusieurs milliers de soldats supplémentaires pour mieux appuyer l’effort de l’armée afghane jusqu’au retrait des Américains.

Dans le pays –surnommé « le cimetière des empires »– depuis octobre 2001, les États-Unis y mènent ce qui est devenu leur plus longue guerre et, malgré leurs efforts, les talibans ont repris d’importantes portions du pays.

L’interdiction des transgenres dans l’armée n’est pas bouclée

Par ailleurs, Jim Mattis a laissé entendre lundi que l’interdiction des personnes transgenres dans l’armée américaine, annoncée fin juillet par le président Donald Trump, pourrait ne pas être une affaire réglée.

Dans une salve de trois tweets le 26 juillet, M. Trump était revenu sur une mesure mise en place par son prédécesseur Barack Obama plus d’un an plus tôt.

Mais depuis cette annonce, la Maison Blanche n’a fourni aucune directive au Pentagone pour mettre en oeuvre cette décision, alimentant notamment le flou sur le devenir des personnes transgenres déjà employées par l’armée américaine.

M. Mattis a affirmé lundi n’avoir « aucun doute » sur le fait que la Maison Blanche allait donner des instructions, précisant que le Pentagone apportait son éclairage.

« Ces directives vont préciser si les personnes transgenres peuvent servir (dans l’armée) et, si oui, dans quelles conditions, de quel soutien médical ont-elles besoin, pendant combien de temps ne peuvent-elles pas être déployées. », a relevé M. Mattis auprès de la presse.

« Il y a de nombreux problèmes (…) c’est évidemment très compliqué », a-t-il ajouté.

Cinq femmes transgenres employées par l’armée américaine ont lancé le 9 août des poursuites contre M. Trump et le Pentagone à la suite de l’annonce du milliardaire républicain. Dans leur plainte, elles évoquent notamment les incertitudes au sujet de leur avenir, y compris en ce qui concerne un éventuel renvoi ou si elles vont perdre leurs droits post-militaires (retraite en particulier).

D’après les estimations, de 1.320 à 15.000 personnes transgenres servent dans l’armée américaine sur 1,3 million de militaires en service actif.

L’annonce présidentielle a été effectuée avec peu, voire pas, de coordination avec le Pentagone et pendant les vacances de M. Mattis, laissant le ministère se dépêtrer pour essayer de donner une position cohérente.

La semaine dernière, M. Trump a expliqué avoir rendu « un grand service » à l’armée américaine en interdisant aux personnes transgenres de servir dans les forces armées du pays. « Vous savez, c’est un sujet très compliqué pour l’armée. C’est un sujet très perturbant pour l’armée », a-t-il assuré.