Le chef du Pentagone à Bagdad, l’EI encerclé à Tal Afar

Le Secrétaire américain à la Défense James Mattis, de passage en Allemagne pour souligner les 70 ans du Plan Marshall visant à reconstruire l'Europe après 1945, a notamment réaffirmé le soutien des États-Unis à l'OTAN. (CHRISTOF STACHE/AFP)
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Le Secrétaire américain à la Défense James Mattis en juin 2017, de passage en Allemagne pour souligner les 70 ans du Plan Marshall visant à reconstruire l’Europe après 1945.(Archives/CHRISTOF STACHE/AFP)

Le secrétaire à la Défense américain Jim Mattis a entamé une visite à Bagdad pour réaffirmer le soutien des États-Unis à l’Irak dans sa lutte contre le groupe État islamique (EI) dont l’un des derniers bastions était mardi sous le feu des forces irakiennes.

« La priorité pour le moment est de vaincre l’EI en Irak et de restaurer la souveraineté et l’intégrité territoriale » du pays, a affirmé M. Mattis, qui rencontré dans la matinée le Premier ministre Haider al-Abadi et d’autres responsables irakiens à Bagdad, et plus tard Massoud Barzani, président de la région autonome du Kurdistan irakien à Erbil.

L’EI s’était emparé de près d’un tiers du pays en 2014, au cours d’une percée fulgurante. Depuis, les forces gouvernementales appuyées par la coalition internationale anti-EI et des unités paramilitaires ont largement repoussé les djihadistes. Elles leur ont infligé début juillet un rude coup en reprenant Mossoul (nord), la deuxième ville du pays où le chef de l’EI, Abou Bakr al-Baghdadi, avait fait son unique apparition publique il y a plus de trois ans.

Et depuis dimanche, elles se sont lancées à l’assaut de Tal Afar, cité historique de 200.000 habitants aux mains de l’EI, située à 70 kilomètres à l’ouest de Mossoul.

Le responsable américain a apporté une nouvelle fois le soutien de son pays à la lutte des Irakiens contre les djihadistes et salué « les villes libérées, les gens débarrassés de l’EI », affirmant que « l’EI est en déroute ».

Les djihadistes, a-t-il ajouté, « ont montré qu’ils étaient incapables de tenir tête à nos troupes au combat, et ils n’ont pas regagné un pouce du terrain qu’ils ont perdu ». Toutefois, avait-il prévenu avant son arrivée à Bagdad, l’EI « n’a pas encore disparu et cela n’arrivera pas de sitôt ».

La « libération » de Mossoul a restauré la confiance dans le pouvoir irakien, a assuré M. Mattis, même si les forces irakiennes ont déploré selon lui « plus de 1.200 morts et de 6.000 blessés ».

Cette victoire, a-t-il dit, n’aurait pas eu lieu « sans la main ferme du Premier ministre Abadi qui a reconstitué cette armée, délabrée en 2014 ». Elle a également été rendue possible grâce aux entraînements fournis par les Etats-Unis et leur appui militaire.

La poursuite de ce soutien américain doit être fixée avec les responsables irakiens.

Après le retrait en 2011 des troupes américaines restées en Irak depuis l’invasion de 2003, les Américains ont ensuite déployé des centaines de conseillers militaires pour aider le pouvoir face aux jihadistes.

M. Mattis cherche à maintenir des forces pour entraîner les troupes irakiennes et empêcher l’EI de ressurgir, explique Nicholas Heras, expert du Center for a New American Security à Washington.

Mais, prévient-il, il rencontrera la résistance des milices chiites et de l’Iran, un allié du pouvoir irakien et ennemi des États-Unis.

Les forces gouvernementales ont reconquis mardi trois quartiers de Tal Afar, l’un des derniers fiefs des jihadistes en Irak, le jour où le chef du Pentagone Jim Mattis est venu réaffirmer son soutien aux forces irakiennes.

Plus d’un mois après avoir repris Mossoul, la deuxième ville du pays, au groupe djihadiste sunnite Etat islamique (EI), les troupes se sont lancées dimanche à l’assaut de Tal Afar, située 70 km plus à l’ouest, dans le nord irakien.

Appuyée par l’aviation de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, l’armée est également soutenue dans sa nouvelle offensive par le Hachd al-Chaabi, unités paramilitaires, la police fédérale et des forces spéciales du contre-terrorisme.

Dans un communiqué, le Hachd al-Chaabi, dominé par les milices chiites, a annoncé avoir repris avec les forces armées « le contrôle complet » des quartiers Al-Kifah (nord-ouest), Al-Nour (sud-est) et al-Askari (nord-est) à Tal Afar.

Dès le matin, les forces irakiennes s’étaient regroupées aux portes de la cité avant d’entrer depuis plusieurs fronts dans la ville où, selon des responsables locaux, un millier de djihadistes sont retranchés.

Ahmed al-Assadi, porte-parole du Hachd al-Chaabi, a fait état de combats « violents », prédisant que la reprise de Tal Afar ne serait « pas longue ». Elle « prendra des semaines », a-t-il dit à l’AFP, alors que la reconquête de Mossoul avait duré neuf mois.

Lors d’une offensive fulgurante en 2014, l’EI s’était emparé de près d’un tiers de l’Irak mais il a ensuite perdu beaucoup de terrain.

Mais cette organisation ultraradicale, également en perte de vitesse en Syrie, parvient encore à frapper. Elle a revendiqué la semaine dernière les attentats meurtriers en Espagne et en Russie.

Avec l’offensive à Tal Afar, le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a dit redouter l’exode « de milliers » de civils. 1.500 familles sont arrivées dans un camp de transit ces derniers jours et les préparatifs sont en cours pour accueillir jusqu’à 22.000 personnes fuyant Tal Afar, a-t-il précisé.

‘L’EI ne disparaîtra pas de sitôt’

Mardi, les forces irakiennes regroupées aux portes de Tal Afar affrontaient les djihadistes retranchés dans la ville – estimés à un millier selon des responsables locaux -, qui répliquaient par des tirs d’artillerie.

« L’assaut a été lancé sur la ville même », a indiqué à l’AFP Ahmed al-Assadi, porte-parole du Hachd al-Chaabi, ces unités paramilitaires dominées par les milices chiites.

Il a fait état de combats « violents » alors que les différentes unités de l’armée, de la police et du Hachd se sont déployées sur plusieurs fronts, enserrant l’intégralité de la ville.

La reprise de Tal Afar, a-t-il dit, « ne sera pas longue », elle « prendra des semaines ». Les combats pour la reprise de Mossoul avaient duré neuf mois.

L’envoyé du président américain Donald Trump auprès de la coalition internationale en Irak, Brett McGurk, a qualifié la bataille de Tal Afar de « très dure », avant l’arrivée de M. Mattis à Bagdad.

« Les jours de l’EI sont comptés, c’est certain », a estimé M. Mattis, mais le groupe ultraradical qui a revendiqué la semaine dernière des attentats meurtriers en Espagne et en Russie « n’a pas encore disparu et cela n’arrivera pas de sitôt ».

En 2014, la prise de Mossoul par l’EI face à des forces gouvernementales en pleine débâcle avait fait redouter à certains l’écroulement complet de l’État irakien.

La « libération » de la ville a restauré la confiance, a assuré M. Mattis, même si les forces irakiennes ont enregistré « plus de 1.200 morts et de 6.000 blessés ».

Cette victoire, a-t-il dit, n’aurait pas eu lieu « sans la main ferme du Premier ministre Abadi qui a reconstitué cette armée, délabrée en 2014 ». Elle a également été rendue possible grâce aux entraînements fournis par les Etats-Unis et leur appui militaire.

La poursuite de ce soutien par Washington qui avait finalisé en 2011, durant la présidence de Barack Obama, le retrait de ses troupes restées en Irak après l’invasion du pays alors sous la houlette de Saddam Hussein, devra encore être déterminée.

Défi kurde

Le chef du Pentagone cherche à maintenir des forces pour entraîner les troupes irakiennes afin d’empêcher l’EI de ressurgir, explique Nicholas Heras, expert du Center for a New American Security à Washington. Mais, prévient-il, il rencontrera la résistance des milices chiites et de l’Iran.

M. Mattis a indiqué qu’il discuterait avec ses interlocuteurs irakiens des moyens de tirer profit des trois années de front commun contre les jihadistes pour empêcher les fractures politiques dans le pays et limiter l’influence du grand voisin iranien.

L’un des premiers défis auquel fait face le gouvernement fédéral est le référendum kurde sur l’indépendance prévu le 25 septembre. Washington s’y oppose fermement car, a expliqué M. McGurk, sa tenue « en ce moment pourrait potentiellement être catastrophique pour la campagne anti-EI ». « Tous les membres de notre coalition pensent que ce n’est pas le bon moment pour organiser ce référendum ».

« Tous les signaux indiquent » que la rencontre entre MM. Mattis et Barzani sera donc « placée sous le signe de la fermeté affectueuse », estime M. Heras.

M. Mattis, en tournée pour cinq jours en Jordanie, Irak, Turquie et Ukraine, doit également évoquer la reconstruction et le relogement des centaines de milliers de déplacés, notamment à Mossoul. « Cela n’arrivera pas du jour au lendemain », a-t-il prévenu.