Les États-Unis ont décidé d’une stratégie en Afghanistan, annonce le secrétaire à la Défense Jim Mattis

Le Secrétaire américain à la Défense James Mattis, de passage en Allemagne pour souligner les 70 ans du Plan Marshall visant à reconstruire l'Europe après 1945, a notamment réaffirmé le soutien des États-Unis à l'OTAN. (CHRISTOF STACHE/AFP)
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Le secrétaire américain à la Défense Jim Mattis.
(Capture d’écran/DoD/45eNord.ca)

Le secrétaire américain à la Défense Jim Mattis a confirmé dimanche que l’administration Trump avait décidé d’une nouvelle stratégie pour l’Afghanistan après un débat « rigoureux », mais a indiqué qu’il reviendrait au président de l’annoncer.

Cette décision, sur laquelle M. Mattis s’est refusé à donner de détails, intervient après des mois de spéculations pour savoir si Donald Trump, frustré par l’impasse sur le terrain après 16 ans de guerre en Afghanistan, donnerait le feu vert au Pentagone pour un effort militaire accru dans le pays.

M. Mattis a semblé satisfait de ce qu’il a décrit comme un examen approfondi de la politique par une grande partie du cabinet du président et des hauts responsables de la sécurité vendredi à Camp David, résidence présidentielle située au nord de Washington.

Donald Trump avait des options très différentes sur la table, comme se retirer du pays ou intensifier les efforts pour vaincre les talibans. En juin, il avait autorisé l’augmentation du nombre de troupes au-dessus des 8.400 soldats déjà présents dans le pays selon les estimations. Le chiffre de 4.000 soldats supplémentaires avait été évoqué.

Mais M. Mattis avait refusé de prendre directement des mesures avant d’être fixé clairement sur les chiffres et avant que le président ne donne une idée plus claire de la stratégie qu’il comptait adopter de manière plus large.

« Le président devait prendre une décision stratégique », a déclaré le secrétaire à la Défense. « Je crois qu’il a besoin du weekend pour déterminer comment il va l’expliquer aux Américains. »

M. Mattis est arrivé dimanche à Amman où il doit rencontrer le roi Abdallah de Jordanie, première étape d’une tournée de cinq jours au Moyen-Orient et en Europe de l’est.

Il se rendra également en Turquie pour s’entretenir avec le président Recep Tayyip Erdogan et des hauts responsables militaires sur la guerre en Syrie et la lutte contre le groupe djihadisteÉEtat islamique. En Ukraine, il évoquera la question du soutien américain aux forces ukrainiennes engagées dans la lutte contre les rebelles prorusses.

Donald Trump présentera la stratégie sur l’Afghanistan lundi soir

Donald Trump présentera lundi soir sa stratégie sur l’Afghanistan, au moment où se pose la question du niveau des troupes américaines présentes dans ce pays depuis 16 ans, soit la plus longue guerre de l’histoire des États-Unis.

Le président américain s’exprimera depuis la base militaire de Fort Myer, au sud-ouest de Washington, à 21h, a annoncé dimanche la Maison-Blanche.

Il présentera sa vision du devenir de «l’engagement de l’Amérique en Afghanistan et en Asie du Sud», a précisé l’exécutif.

Seize ans après l’invasion américaine pour punir les talibans d’avoir soutenu les commanditaires du 11-Septembre, malgré des centaines de milliards de dollars dépensés et 2400 militaires américains tués, les rebelles ont l’initiative sur le terrain.

L’armée afghane a subi des pertes insoutenables, le pouvoir central est faible et corrompu et même le groupe État islamique semble en passe de prendre pied dans le pays.

L’armée américaine dispose d’environ 8400 hommes en Afghanistan, soit bien moins que les 100 000 qu’elle comptait il y a encore six ans. La plupart d’entre eux sont chargés d’encadrer et d’entraîner les forces afghanes.

Pour permettre de reprendre l’initiative sur le terrain, les militaires américains – le chef du Pentagone Jim Mattis en tête – préconisent d’envoyer quelques milliers de renforts américains (le chiffre de 4000 circule) en guise de béquille à des force de sécurité afghanes débordées.

L’aile nationaliste de la Maison-Blanche, dont Steve Bannon, conseiller stratégique remercié vendredi, était la figure de proue, a toujours été réticente envers un engagement militaire américain accru. Selon le New York Times, ce dernier avait avancé l’idée de confier les tâches de sécurité en Afghanistan à des entreprises privées.

Par anticipation, les talibans ont envoyé une mise en garde au locataire de la Maison-Blanche: «Il serait sage pour vous d’adopter une stratégie de retrait complet d’Afghanistan plutôt que d’accroissement des troupes», ont-ils indiqué dans une lettre ouverte.

Les talibans, qui ont dirigé l’Afghanistan de 1996 à 2001, s’en sont aussi pris dans leur lettre aux dirigeants afghans, qualifiés de «pantins» préoccupés par leurs seuls pouvoirs et intérêts personnels. Selon eux, l’occupation étrangère est «le principal moteur de la guerre».