Libye: le maréchal Haftar rencontrera Lavrov à Moscou lundi

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Le maréchal Khalifa Haftar. (WikiCommons)

L’homme fort de l’Est libyen, Khalifa Haftar, était attendu à Moscou samedi mais ne rencontrera que lundi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, a annoncé Lev Dengov, à la tête du groupe russe de contact sur la Libye.

« Pour l’instant, la rencontre avec le ministre n’est confirmée que pour lundi », a déclaré M. Dengov, cité par l’agence de presse russe Ria Novosti.

Vendredi soir, il avait annoncé la venue samedi à Moscou du maréchal Haftar, expliquant que celui-ci discuterait avec M. Lavrov de « son éventuelle rencontre avec le Premier ministre du gouvernement reconnu (par la communauté internationale, ndlr) Fayez al-Sarraj ».

« Lors de cette réunion, les questions relatives à la réconciliation des parties en conflit (en Libye) seront évoquées », a-t-il affirmé, sans préciser la date de cette réunion, ni qui y participerait.

Fin juillet, Khalifa Haftar et Fayez al-Sarraj se sont mis d’accord sur une déclaration en dix points dans lesquelles ils s’engagent notamment à un cessez-le-feu et à organiser des élections le plus rapidement possible, lors d’une rencontre en région parisienne sous l’égide du président français Emmanuel Macron.

Cette déclaration de principes reste toutefois très vague et n’engage pas la myriade de milices plus ou moins alliées avec les deux rivaux libyens.

Le maréchal Haftar, revenu de vingt ans d’exil en 2011 au moment de la révolution libyenne, est soupçonné par ses détracteurs de vouloir prendre le pouvoir en Libye et de n’avoir aucune intention de se soumettre au pouvoir civil.

Fayez al Sarraj, installé depuis mars 2016 à Tripoli à la suite d’un accord sous l’égide de l’ONU, peine à asseoir l’autorité de son gouvernement, alors que le pays, riche en pétrole, a sombré dans le chaos depuis la chute du colonel Kadhafi fin 2011.¨

Médecins sans frontières (MSF) a annoncé samedi la suspension des activités du Prudence, le plus gros des navires de secours aux migrants en Méditerranée, à la suite de l’interdiction lancée par la marine libyenne aux navires étrangers.

« Les États européens et les autorités libyennes sont en train de mettre en oeuvre conjointement un barrage à la possibilité pour des personnes de chercher la sécurité. C’est une attaque inacceptable à la vie et à la dignité des personnes », a réagi Loris De Filippi, président de MSF Italie, dans un communiqué.

Le Prudence est le plus gros des bateaux de secours d’ONG actifs au large des côtes libyennes: il avait recueilli notamment un record de 1.500 personnes fin mai.

L’ONG continuera cependant à assurer la logistique et l’assistance sanitaire sur l’Aquarius de SOS Méditerranée, qui se trouve actuellement dans les eaux internationales, a-t-elle précisé samedi.

« Pour l’instant, nous poursuivons notre activité de patrouille dans les eaux internationales », avait expliqué vendredi Nicola Stalla, coordinateur des opérations de recherche et sauvetage à bord de l’Aquarius, à un journaliste de l’AFP présent à bord.

L’Aquarius patrouille depuis dix jours à 20 milles nautiques au nord de la Libye — une distance à laquelle on peut distinguer les côtes libyennes depuis le bateau –, en se retirant à 30 milles la nuit.

La marine libyenne a annoncé jeudi la création au large du territoire d’une zone de recherche et de sauvetage, qu’elle interdit sauf autorisation aux navires étrangers, en particulier aux ONG patrouillant pour secourir des migrants.

Parti le lendemain de cette annonce pour la zone des secours, le Vos Hestia de Save the Children, s’est pour sa part dérouté vers l’île italienne de Lampedusa, mais l’ONG britannique, jointe par l’AFP, n’a pas donné d’explication dans l’immédiat.

En revanche, le Golfo Azzurro de l’ONG espagnole Proactiva Open Arms se préparait à repartir « dans les prochaines heures » pour la zone des secours après un ravitaillement à Malte.

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