L’Iran rejette d’éventuelles inspections de ses sites militaires

Un membre des Gardiens de la révolution installe un missile balistique dans un endroit souterrain tenu secret, le 8 mars 2016. (SEPAH NEWS/AFP/STRINGER)
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Un membre des Gardiens de la révolution installe un missile balistique dans un endroit souterrain tenu secret, le 8 mars 2016. (Archives/SEPAH NEWS/AFP/STRINGER)

L’Iran a répété mardi qu’il ne compte pas autoriser d’inspections de ses sites militaires, estimant que ce genre de visites n’est pas prévu par l’accord sur son programme nucléaire conclu avec les grandes puissances.

« Ce qui a été mentionné concernant des inspections de nos sites militaires, qui sont classés secret défense, constitue plutôt l’expression des rêves » de certains, a déclaré mardi le porte-parole du gouvernement iranien Bagher Nobakht.

« Nous n’accepterons rien de la part des Américains qui soit hors du cadre, spécialement des visites de nos sites militaires », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse.

Ali Akbar Velayati, le conseiller pour les affaires étrangères du guide suprême Ali Khamenei, a lui aussi abondé en ce sens et estimé que les déclarations de la nouvelle administration américaine sur d’éventuelles visites des sites militaires « sont destinées à l’opinion américaine ».

L’Iran « n’autorisera jamais les Américains ou d’autres à visiter des sites militaires qui constituent une partie importante, sensible et stratégique du dispositif de sécurité nationale », a-t-il déclaré à la télévision d’État.

« Les Américains peuvent emporter dans leur tombe leur rêve de visiter nos sites militaires sous le prétexte » de l’accord sur le programme nucléaire ou autre, a ajouté M. Velayati.

Ces responsables iraniens réagissaient à des informations de presse selon lesquelles la représentante des États-Unis à l’ONU, Nikki Haley, avait évoqué avec le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) Yukiya Amano la possibilité d’accéder à des sites militaires iraniens dans le cadre du processus de vérification prévu par l’accord nucléaire.

Conclu en juillet 2015 entre Téhéran et les grandes puissances, cet accord prévoit une levée progressive et conditionnelle des sanctions internationales contre l’Iran qui s’engage en échange à limiter son programme nucléaire à des usages civils et à ne pas se doter de l’arme atomique.

L’AIEA a jusqu’ici confirmé dans ses rapports que l’Iran a répondu à toutes ses obligations prévues dans l’accord.

Le président Donald Trump n’a pour l’instant pas remis en cause officiellement la participation des États-Unis à l’accord même s’il l’a qualifié dans le passé du « pire » accord jamais conclu, menaçant de le déchirer en morceaux.

Il doit s’exprimer en octobre devant le Congrès pour indiquer si son administration considère que l’Iran respecte l’accord.

Mardi, le président français Emmanuel Macron, dont le pays est un des signataires de l’entente sur le nucléaire, a réaffirmé l’attachement de Paris à cet accord, estimant qu’il n’y avait « pas d’alternative » à ce dernier.