Migrants irréguliers: la capacité d’hébergement du camp de Saint-Bernard-de-Lacolle va plus que doubler

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En réponse à la demande du gouvernement du Canada, les militaires de la 2e Division du Canada continuent présentement l’installation de tentes supplémentaires, ainsi que des équipements de chauffage et d’éclairage qui permettront d’abriter temporairement environ 1 200 personnes à Saint-Bernard-de-Lacolle, Qc. (2e Division du Canada)

Alors que le flot de migrants irréguliers à la frontière ne tarit pas, les 110 militaires de la 2e Division du Canada déployés au poste frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle travaillent à augmenter la capacité du camp.
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Mise à jour 17/08/2017 à 17h00

Le feu vert pour la troisième section a enfin été donné. Il ne reste plus maintenant que 15 tentes à monter. Comme, en attendant le feu vert, les militaires de la 2e Division ont préparé les planchers et traité les tentes, le travail devrait maintenant être exécuté rapidement et le retour à Valcartier se faire bientôt pour ne paisser que 20 réservistes sur place, tel que prévu, pour la « maintenance » des 76 tentes divisés en trois sections.

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Mise à jour 15/08/2017 à 12h09

Les militaires de la 2e Division sont toujours au travail à Saint-Bernard-de-Lacolle, La section 2 est prête et des migrants ont commencé à l’occuper, mais les militaires restent sur place d’ici à ce qu’ils puissent monter la section 3, le début du travail ayant été retardé par les négociations que mènent l’Agence des services frontaliers (ASFC) avec le propriétaire du terrain qui a fourni l’espace pour les deux premières sections.

Entre temps, ils consolident la barrière de la section 2 avec des sacs de sable et s’assurent du bon fonctionnement des génératrices.

Dès que les négociations entre l’ASFC et le propriétaire du terrain seront terminées et qu’ils auront le feu vert, les militaires monteront la troisième et dernière section, puis, laissant sur place une vingtaine de réservistes que les unités locales n’auront sans doute pas de peine à fournir, les réguliers pourront enfin rentrer à la maison avec la satisfaction du devoir accompli.

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Les militaires, qui devaient rentrer à Valcartier après avoir construit un premier camp pour héberger temporairement 500 demandeurs d’asile, ont finalement dû rester sur place depuis trois jours avec pour mission d’augmenter la capacité du camp pour la porte à 1200.

À la demande de l’Agence des services frontaliers du Canada (AFSC), les soldats arrivés mercredi, logés pour leur part non loin de là à la Garnison Saint-Jean et travaillant de 8h à 22h, ont commencé samedi matin à installer une deuxième section pour les demandeurs d’asile.

Les planchers de bois en place, les tentes montées, l’alimentation électrique, tant à l’extérieur qu’à l’extérieur et le chauffage installé, la deuxième section sera prête ce soir et une troisième devrait suivre à compter de demain, lundi.

En outre, les installations sanitaires et les douches ayant été jugées insuffisantes par certaines ONG de défense des droits des réfugiés, même si ce ne sont pas les Forces armées qui doivent se charger de leur installation, mais plutôt la Croix-Rouge, les militaires présents sur place prêtent aussi assistance au personnel de la Croix-Rouge pour accomplir cette tâche urgente.

Le premier site construit et livré à la Croix-Rouge canadienne qui a pour mission de gérer le campement a été construit en 24 heures et a commencé à héberger des demandeurs d’asile jeudi 10 août.

Ce premier site d’une capacité de 500 places compte 34 tentes.

La deuxième section du camp compte, elle, 24 tentes et la troisième sera constituée de 18 autres, pour un total de 700 nouvelles places, a confirmé à 45eNord.ca une responsable de la 2e Division sur place à Saint-Bernard-de-Lacolle, la lieutenant de vaisseau Éliane Trahan.

En tout, les Forces armées canadiennes auront donc installé, quand l’opération sera complété lundi, un total de 76 tentes d’une capacité de 16 personnes chacune.

Une fois l’installation des nouveaux camps terminée, des membres des Forces canadiennes demeureront sur place pour assurer l’entretien des installations. Les soldats s’assureront qu’il y ait toujours du chauffage, de l’éclairage et un minimum de qualité de vie à l’intérieur des tentes.

De nombreux migrants choisissent de traverser la frontière de façon irrégulière, non pas pour se perdre dans la nature, ni parce qu’ils ont quelque chose à se reprocher, mais pour faire leur demande d’asile au Canada une fois sur le territoire, alors que, s’ils se présentaient au poste-frontière, ils seraient immédiatement renvoyés.

Partant de la prémisse que le Canada et les États-Unis sont tous les deux des pays sûrs pour les réfugiés et que les migrants sont tenus de présenter leur demande d’asile dans le premier pays où ils arrivent, s’ils se présentaient à un poste-frontière canadien pour déposer une demande d’asile, en vertu de l’entente entre les États-Unis et le Canada sur les tiers pays sûrs, ils seraient immédiatement renvoyés au États-Unis.

C’est pourquoi ce n’est qu’après avoir traversé la frontière, certes de façons irrégulière, qu’ils font la demande d’asile. C’est la seule « illégalité » dont ils se rendent coupables. Parce qu’effrayés par la politique de nos voisins, ils craignent d’être renvoyés aux États-Unis sans que leur demande d’asile soit étudiée au Canada et, de là, renvoyées par les Américains dans leur pays d’origine qu’ils ont souvent quitté pour fuir des conditions très difficiles.

Pendant ce temps, les demandes d’asiles sont traitées avec diligence

Pendant ce temps, les demandes d’asiles sont traitées avec diligence et la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada (CISR) a lancé vendredi une équipe d’intervention sur les passages irréguliers à la frontière en réponse au nombre important et croissant de passages à la frontière au Québec

Alors que, selon les estimations actuelles des services compétents, des milliers de personnes ont traversé la frontière au Québec le mois dernier, la Section de la protection des réfugiés (SPR) de la CISR a affecté 20 décideurs à l’équipe d’intervention.

La mise sur pied de cette équipe a pour but de réduire au minimum toute incidence sur les autres activités de la SPR, explique la Commission.

La CISR vise à assurer une coordination avec d’autres ministères et organismes du gouvernement ainsi qu’avec la collectivité des intervenants pour veiller à ce que le système d’octroi de l’asile fonctionne efficacement malgré cette augmentation soudaine de nouvelles demandes d’asile.

L’équipe d’intervention de la CISR sur les passages irréguliers à la frontière sera en fonction jusqu’au 30 novembre 2017, auquel moment la Commission jugera s’il est nécessaire de la maintenir en place.

Par ailleurs, l’Agence des services frontaliers du Canada, (ASFC) a pour sa part prévenu les migrants que traverser ainsi la frontière ne saurait en aucun cas être un laisser-passer automatique pour le Canada et que leur demandes seront étudiées en fonction de nos lois.

On peut donc s’attendre à ce que plusieurs d’entre eux soient finalement refusés, mais, et c’est tout à son honneur, le Canada aura étudié toutes les demandes d’asile.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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