Migrants irréguliers: la Croix-Rouge prend en charge le campement construit par l’armée à Saint-Bernard

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Opération ÉLEMENT: le Brigadier-général Gosselin, commandent 2 Div CA en compagnie de M. Pierre Provost, Agence des services frontaliers du Canada et personnel de la Croix-Rouge canadienne.(Twitter/@2divca_2candiv)

La Croix-Rouge canadienne a maintenant pris en charge le campement temporaire érigé par les soldats de la 2e Division du Canada-Force opérationnelle interarmées Est à Saint-Bernard-de-Lacolle, qui a commencé à héberger des demandeurs d’asile aujourd’hui jeudi 10 août.
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Mise à jour 12/08/2017 à 20h00

Les militaires de la 2e Division font maintenant l’installation de tentes supplémentaires qui permettront d’abriter temporairement environ 1200 migrants à Lacolle, Qc. plutôt que les 500 annoncé précédemment.

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Hier, le 9 août 2017, les FAC ont envoyé environ 100 militaires à Saint-Bernard-de-Lacolle, au Québec aider la GRC et l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) à gérer l’augmentation du nombre de demandeurs d’asile dans la région en y dressant des tentes.

L’augmentation du nombre de migrants irréguliers dans la région de Saint-Bernard-de-Lacolle depuis la fin juillet 2017 a nécessité et nécessite encore d’importantes ressources de l’ASFC, de la GRC et d’autres partenaires dans la région.

Le camp de tentes modulaires chauffées et éclairées peut accueillir, temporairement, près de 500 personnes. Il est installé sur un terrain gazonné situé derrière l’édifice où sont acheminés par autobus les demandeurs d’asile qui sont interceptés près du poste frontalier de Lacolle.

Le campement devait être pleinement opérationnel d’ici la fin de la journée jeudi. La majorité des militaires devaient alors regagner leur base, mais quelques-uns d’entre eux demeureront sur place pour assurer l’entretien des équipements prêtés par l’armée, a indiqué Stefany Chénier, des affaires publiques de la 2e Division du Canada à Montréal.

Les Forces armées canadiennes n’assument aucun rôle en matière de sécurité, a tenu à préciser le porte-parole de la Défense. Son personnel ne participera pas à l’accomplissement de tâches liées au maintien de l’ordre et n’assistera pas les autorités civiles dans la conduite de leurs tâches d’application de la loi.

Le camp maintenant complété, les militaires sont retournés à leur base d’appartenance à l’exception de quelques-uns d’entre eux qui sont demeurés sur place afin d’assurer la maintenance de l’équipement des Forces armées canadiennes.

Ce sont maintenant la Croix-Rouge et l’Agence des services frontaliers (ASFC) qui prennent le relais.

Le camp géré par la Croix-Rouge canadienne, la sécurité assurée par l’ASFC

C’est la Croix-Rouge canadienne qui gérera la distribution des lits et d’offrir les services de base au campement. Des trousses de soins personnels, des couvertures et des produits pour bébés seront aussi distribués aux personnes hébergées.

Une clinique mobile a également été déployée sur place et des infirmières ont commencé à offrir des soins aux demandeurs d’asile.

La distribution de la nourriture – qui est fournie par l’Agence des services frontaliers – est également assurée par le personnel de la Croix-Rouge.

La sécurité du campement, elle, est assurée est par l’Agence des services frontaliers du Canada.

Le président du syndicat des douanes et de l’immigration, Jean-Pierre Fortin, estimait cette semaine que de 450 à 700 migrants franchissent la frontière chaque semaine à ce point de passage.

Si de nombreux migrants choisissent de traverser illégalement la frontière, ce n’est pas pour se perdre dans la nature, ni parce qu’ils ont quelque chose à se reprocher, mais pour faire leur demande d’asile au Canada une fois sur le territoire, alors que, s’ils se présentaient au poste-frontière, ils seraient immédiatement renvoyés.

Partant de la prémisse que le Canada et les États-Unis sont tous les deux des pays sûrs pour les réfugiés et que les migrants sont tenus de présenter leur demande d’asile dans le premier pays où ils arrivent, s’ils se présentaient à un poste-frontière canadien pour déposer une demande d’asile, en vertu de l’entente entre les États-Unis et le Canada sur les tiers pays sûrs, ils seraient immédiatement renvoyés au États-Unis.

C’est pourquoi ce n’est qu’après avoir traversé la frontière, certes illégalement, qu’ils font la demande d’asile. C’est la seule « illégalité » dont ils se rendent coupables, parce qu’effrayés par la politique de nos voisins, ils craignent d’être renvoyés par les États-Unis dans leur pays d’origine qu’ils ont souvent quitté pour fuir des conditions inhumaines.

Originaires d’Haïti pour la plupart, les demandeurs d’asile sont des victimes du séisme de 2010 dont leur pays ne s’est jamais véritablement remis. Ils craignent maintenant que l’administration Trump ne mette à exécution sa menace de leur retirer le Statut de protection temporaire qui leur permet de vivre et de travailler légalement aux États-Unis.

En plus du campement érigé à Saint-Bernard-de-Lacolle, le gouvernement québécois a pour sa part réquisitionné le Stade olympique pour accueillir jusqu’à 700 personnes. Des demandeurs d’asile sont également hébergés de manière temporaire à l’édifice des Sœurs de la providence, dans l’arrondissement montréalais d’Ahunstic-Cartierville, et à l’ancien hôpital Royal Victoria de Montréal.

L’Agence des services frontaliers du Canada avertit toutefois les Haïtiens qui arrivent massivement au Québec depuis quelques semaines que «traverser la frontière illégalement, ce n’est pas un laissez-passer pour le Canada».

En point de presse à Saint-Bernard-de-Lacolle vendredi après-midi, Patrick Lefort, directeur général régional de l’ASFC, a rappelé qu’il existe «des règlements rigoureux en matière d’immigration» au Canada et que ceux-ci seront appliqués.

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