Pause dans les opérations de la US Navy et vaste enquête après la collision du John S. McCain

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Le USS John S. McCain.(ARCHIVES/AFP)
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Déclaration de l’amiral John Richardson, chef des opérations navales. (U.S. Navy)

L’US Navy a décidé lundi de lancer une vaste enquête après une seconde collision en peu de temps, pendant que les recherches des dix marins américains portés disparus au large de Singapour se poursuivent.

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Mise à jour 22/08/2017 à 22h51

Le commandant de la 7ème flotte de la marine américaine, le vice-amiral Joseph P. Aucoin, sera relevé de son commandement à la suite des incidents impliquant le USS Fitzgerald et le USS John S. McCain, a décidé l’amiral Scott Swift, commandant de la flotte du Pacifique

Lors d’une conférence de presse à Singapour mardi, Swift a annoncé qu’il partait pour Yokosuka, au Japon, où il doit rencontrer Aucoin.

à 8h42

Pendant ce temps, les plongeurs qui recherchent les 10 marins américains portés disparus dans la collision entre un destroyer de l’US Navy et un pétrolier lundi au large de Singapour ont retrouvé des restes humains, a indiqué mardi le commandant de la Flotte américaine du Pacifique.

« Les plongeurs ont pu localiser des restes (humains) dans les compartiments inondés lors de leurs recherches mardi », a déclaré l’amiral Scott Swift aux journalistes, faisant référence aux compartiments du navire américain USS John S. McCain envahis par les eaux après la collision.

Les autorités de Malaisie, un des trois pays participant à ces recherches, ont également trouvé un corps, transféré pour identification à la Marine américaine, a-t-il ajouté.

La collision a causé une voie d’eau dans la coque du navire américain.

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« Cette tendance exige une action plus vigoureuse », a déclaré le chef des opérations de la marine américaine, annonçant « une pause opérationnelle de toutes nos flottes dans le monde entier ». Dans un message vidéo, l’amiral John Richardson précise avoir demandé aux commandants de prendre « toutes les mesures appropriées et immédiates pour s’assurer que les opérations à travers le monde soient sûres et efficaces ».

Selon des médias américains, cette pause se traduira dans les faits par une brève suspension des opérations d’une ou deux journées, au cours de cette semaine ou de la suivante, dans chaque navire de l’US Navy, pour permettre aux commandants de passer en revue les mesures de sécurité et les règles de base.

Au-delà, le secrétaire à la Défense Jim Mattis a promis une « enquête approfondie » du Pentagone « sur tous les accidents », afin d' »examiner tous les facteurs », pas uniquement les facteurs « immédiats ».

Le destroyer lance-missiles USS John S. McCain est entré en collision lundi à 05H24 (21H24 GMT dimanche) avec un pétrolier battant pavillon du Liberia dans le détroit de Singapour, près du détroit de Malacca. Le navire américain faisait route vers le port de la cité-Etat pour une halte de routine.

Une importante opération de secours mobilisant des vaisseaux et des avions de trois pays (Singapour, Malaisie et Etats-Unis) a été lancée pour tenter de retrouver les dix marins américains disparus.

Cinq autres marins ont été légèrement blessés, dont quatre ont été héliportés vers un hôpital singapourien, selon l’US Navy. L’USS John S. McCain a lui gagné Singapour sous escorte. Sa coque présentait une large brèche par laquelle l’eau s’est engouffrée après sa collision avec le navire marchand Alnic MC, qui n’a lui, selon l’autorité maritime de Singapour, subi que quelques dégâts mais ne déplore aucun blessé.

Sur le destroyer américain, « des dégâts significatifs à la coque ont provoqué l’inondation des compartiments voisins, y compris des couchages, la salle des machines et la salle de radio », a dit la marine américaine dans un communiqué. Les efforts de l’équipage ont toutefois permis « d’arrêter l’inondation ».

C’est la seconde collision impliquant un navire de guerre américain en peu de temps.

Le 17 juin, sept marins avaient péri dans un accident entre le destroyer USS Fitzgerald et un porte-conteneurs battant pavillon philippin, au large de la ville japonaise de Yokosuka, où transitent de nombreux porte-conteneurs qui se rendent dans les ports de Tokyo et Yokohama.

D’après Ridzwan Rahmat, expert chez Janes by IHS Markit, cela soulève des questions sur une éventuelle surexploitation des ressources de l’US Navy en Asie, sur « un surmenage des équipages, une trop grande accélération des opérations ».

« Est-ce qu’ils en font trop dans la région avec la Corée du Nord, le Japon et la mer de Chine méridionale ? », s’interroge l’expert, qui se demande également si le bâtiment a respecté les règles régissant le trafic maritime dans le détroit de Singapour.

La navire de guerre américain venait de mener « une opération » de promotion de la « liberté de navigation » en mer de Chine méridionale, à la grande fureur de Pékin, qui revendique la quasi totalité de cette région stratégique.

« C’est regrettable », a réagi le président américain, Donald Trump. « Pensées et prières pour nos marins de l’US Navy à bord du John S. McCain où des efforts de sauvetage sont en cours », a-t-il ensuite tweeté.

Le destroyer doit son nom au père et au grand-père du sénateur américain John McCain, tous deux amiraux dans la marine américaine.

Le ténor républicain, président de la commission de la Défense du Sénat, a réclamé la « transparence totale » de la part de l’US Navy, et que les responsables « répondent de leurs actes ». « Je suis d’accord avec l’amiral Richardson, une action plus vigoureuse est urgente pour identifier et corriger les causes des récentes collisions. Nos marins qui risquent leur vie chaque jour, au combat ou en entraînement, ne méritent pas moins », a-t-il affirmé dans un communiqué.