Pyongyang prépare d’autres tests, Xi presse Trump d’éviter d’envenimer la situation

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Test d’un missile sous-marin en mars 2017.(Archives/KCNA)

Remis à jour 12/08/2017 à 1h27

Le président américain, qui a parlé vendredi soir avec son homologue chinois, Xi Jinping, qui l’a appelé à la retenu, a promis une « grande conférence de presse » lundi, au moment où la tension entre les États-Unis et la Corée du Nord est particulièrement élevée, alors que Pyongyang s’apprêterait même à tester des missiles mer-sol avec un sous-marin, selon le site de surveillance « 38 North ».

La dernière – et unique – conférence de presse de M. Trump seul face aux journalistes remonte au 16 février.

Le 45e président des États-Unis, actuellement en vacances dans son golf de Bedminster, dans le New Jersey, doit se rendre à New York en début de semaine et a prévu de faire un aller-retour à Washington lundi. « Nous avons une conférence prévue, une rencontre très importante, et nous allons voir une grande conférence de presse », a-t-il déclaré vendredi, sans autres précisions.

De son côté, le président chinois Xi Jinping a pressé son homologue américain Donald Trump d’éviter « les mots et les actes » qui pourraient « exacerber » la situation déjà tendue dans la péninsule coréenne, a rapporté la télévision d’État.

Au cours d’une communication téléphonique samedi matin (heure locale, vendredi soir heure américaine), M. Xi a appelé les parties à la « retenue » et à « persister dans la direction générale du dialogue, des négociations et d’une décision politique », a précisé CCTV.

Le président chinois a fait valoir que son pays et les Etats-Unis avaient un « intérêt commun dans la dénucléarisation de la péninsule coréenne et dans le maintien de la paix et la stabilité », a indiqué la télévision.

La Chine est le principal soutien de Pyongyang mais est restée en retrait face à l’escalade verbale entre la Corée du Nord et les Etats-Unis, renvoyant volontiers dos à dos les deux pays.

Le président américain est resté jusqu’à présent sourd aux appels à la retenue sur le dossier nord-coréen et a mis directement en garde le dirigeant Kim Jong-Un, assurant notamment que l’armée américaine était prête à agir si nécessaire.

Lors de l’entretien, M. Trump a assuré, selon la télévision chinoise, que « pour le moment, les relations américano-chinoises sont sur la bonne voie ». « Je pense qu’elles peuvent devenir encore meilleures », a-t-il dit selon la même source. Washington presse Pékin de durcir le ton face à son allié nord-coréen.

La Corée du Nord « doit cesser son comportement provocateur et porté à l’escalade », a déclaré samedi la Maison Blanche après l’entretien téléphonique du président Donald Trump avec son homologue chinois Xi Jinping.

Pyongyang s’apprêterait à tester des missiles mer-sol avec un sous-marin, prévient « 38 North »

Pendant ce temps, de récentes photos prises par satellite semblent indiquer que la Corée du Nord se prépare à tester des missiles balistiques à partir d’un sous-marin, en pleine recrudescence de tensions avec les États-Unis, selon un spécialiste de l’armée nord-coréenne.

Joseph Bermudez, un expert de la Défense nord-coréenne et des renseignements, a posté des photographies sur le site de surveillance « 38 North » –de l’Institut Etats-Unis/Corée de l’université Johns Hopkins– qui, selon lui, pourraient montrer des préparatifs pour un essai de missile mer-sol balistique (SLBM).

« Des images prises récemment par un satellite commercial révèlent plusieurs développements suggérant que la Corée du Nord pourrait être en train d’accélérer le développement de la partie maritime de ses forces nucléaires », a-t-il indiqué.

L’activité sur un missile balistique expérimental pour un sous-marin de type SINPO au chantier de construction navale et base sous-marine de Mayang-do suggère « que le Nord pourrait préparer une nouvelle série +en mer+ de tirs d’essai, qu’il a entrepris des modifications et des améliorations aux systèmes de lancement du sous-marin, ou qu’il développe une version plus avancée du Pukguksong-1 ».

Le Pukguksong-1 est un SLBM dont le premier essai réussi remonte au 24 août 2016. Il avait volé sur 500 km en direction du Japon, ce qui avait conduit le leader nord-coréen Kim Jong-Un à affirmer que le territoire continental américain était désormais à portée d’un sous-marin croisant dans le Pacifique.

M. Bermudez a précisé que les préparatifs autour du sous-marin correspondaient à ceux constatés lors de précédents essais.

Le président américain Donald Trump a maintenu un haut niveau de tension vendredi sur le dossier nord-coréen, affirmant que l’option militaire était « prête à l’emploi » contre Pyongyang qui a menacé de lancer une attaque près de l’île américaine de Guam, avant-poste militaire stratégique des Etats-Unis dans le Pacifique.

Ce regain de tensions fait suite aux progrès de Pyongyang dans ses programmes nucléaire et balistique.

Le tir réussi d’un missile intercontinental signifie que théoriquement la Corée du Nord pourrait atteindre la côte est des Etats-Unis, et elle est aussi parvenue à miniaturiser suffisamment une bombe nucléaire pour pouvoir l’installer dans un tel engin.

Un système SLBM opérationnel aggraverait encore davantage la menace représentée par la Corée du Nord, lui permettant d’agir au-delà de la péninsule coréenne et de disposer d’une capacité de « frappe secondaire » si une attaque était menée sur ses bases militaires.

*Avec AFP

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