Afghanistan: l’Otan se donne un mois pour répondre à Washington

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Un membre des forces spéciales du Camp Morehead ajuste son casque lors d’un exercice de tirs réels dans une vallée au sud de Kaboul, le 10 août 2017. (AFP/Archives/SHAH MARAI)

L’Otan s’est donné un mois de plus samedi pour répondre aux demandes de Washington qui souhaite voir les autres membres de l’Alliance atlantique s’investir davantage en Afghanistan.

Au cours d’une réunion du Comité militaire de l’Otan à Tirana, où celui-ci se réunissait pour la première fois, les chefs d’état-major des 29 pays membres ont « reconnu qu’il était nécessaire de répondre aux besoins » de troupes supplémentaires en Afghanistan, a indiqué le président du Comité militaire, le général Petr Pavel.

Ils n’ont cependant pris aucune décision avant d’informer leurs gouvernements respectifs des besoins qui leur ont été présentés par les représentants américains, notamment le chef d’état-major Joe Dunford et le commandant de la coalition en Afghanistan John Nicholson, a précisé le général Pavel lors d’une conférence de presse.

Ce comité a prévu de se retrouver en octobre pour une conférence, et « là, nous devrions obtenir des réponses précises à nos demandes », a précisé le général américain Curtis Scaparrotti, commandant suprême des forces alliées en Europe, à quelques journalistes. « Nous ne voulons pas nous créer des contraintes ».

Plusieurs pays ont fait des propositions, mais les responsables militaires ont refusé de les citer. Seule l’Albanie, qui compte 83 soldats en Afghanistan, a annoncé dans un communiqué être prête à en envoyer une trentaine de plus.

Les États-Unis sont restés très discrets sur leur stratégie en Afghanistan, où ils sont engagés depuis 2001, indiquant seulement vouloir y envoyer des troupes supplémentaires, qu’ils n’ont pas chiffrées. Ce renfort pourrait se monter à 4.000 soldats, selon plusieurs sources.

Il y a actuellement environ 11.000 militaires américains en Afghanistan, selon un nouveau décompte révélé fin août par le Pentagone. Auparavant, le chiffre officiel était de 8.400.

Le général Scaparrotti s’est refusé à donner toute indication sur les détails des discussions, mais il a souligné que la coalition avait surtout besoin de renforcer la défense afghane.

Sur le modèle de l’Irak, ou l’armée irakienne a infligé de rudes défaites au groupe État islamique, l’objectif est de former et d’équiper des forces spéciales afghanes et de donner au pays une force aérienne, a-t-il expliqué.

Recevoir un soutien aérien de leurs propres avions a un effet très positif sur le moral des soldats afghans, a-t-il expliqué. « Donc, si nous pouvons envoyer davantage de conseillers pour accélérer le développement de leur force aérienne, c’est mieux pour tout le monde ».

Au cours de cette conférence, le Comité militaire de l’Otan a également élu son prochain président, qui succédera à l’été 2018 au Tchèque Petr Pavel. Il s’agit du chef d’état-major britannique Stuart Peach, un général de l’armée de l’air de 62 ans.

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