Après Irma, avant Maria: le St John’s, déjà sur place, se met à l’abri, mais a poursuivi ses efforts jusqu’au bout (PHOTOS)

L'ouragan Maria, le 20 septembre 2017. (NOAA’s Suomi NPP satellite)
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Moins de deux semaines après le passage dévastateur de l’ouragan Irma dans les Caraïbes, c’est cette fois l’ouragan Maria qui frappe la région. Le NCSM St John’s, déjà présent, se prépare au pire.

Irma est un des ouragans les plus puissants enregistré dans l’Atlantique nord depuis Hugo en 1989, par la vitesse de ses vents soutenus (295 km/h) depuis Allen en 1980, et il est aussi le premier ouragan à rester classé en catégorie 5 pendant une aussi longue période continue.

Après avoir ravagé les îles de Barbuda, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Anguilla, les Iles Vierges et Porto Rico, c’est l’île d’Hispaniola (République dominicaine et Haïti), puis les îles Turques et Caïques qui ont subi les assauts d’Irma.

Les Forces armées canadiennes ont alors enclenché l’Opération RENAISSANCE 17-01 et ont déployé trois aéronefs de l’Aviation royale canadienne basés à la Barbade: deux CC-130J Hercules et un CP-140 Aurora. Un CC-177 Globemaster a également été déployé pour le transport d’équipement entre la France métropolitaine et la Guadeloupe.

Dans le cadre de cette opération, le Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) St. John’s contribue également aux efforts de secours dans la région des îles Turques-et-Caïques. L’hélicoptère CH-124 Sea King du navire et son équipage aérien survolent la région et livrent de l’eau aux membres de la communauté locale. Son équipe de plongée évalue les dommages sous l’eau.

Depuis le début de la mission, ce sont pas moins de 15 000 litres d’eau potable qui ont été distribués et deux grosses génératrices d’une usine de désalinisation que l’équipage aura réparé. L’équipage est au sol et aide à enlever les débris et à rétablir le courant et les sources d’eau.

Le lieutenant de vaisseau François Bélanger, officier des communications et des systèmes d’informations, que 45eNord.ca a eu en interview téléphonique depuis le NCSM St John’s, a retroussé les manches pour aider à déblayer le plus rapidement possible les débris jonchant le sol. Si la mission initiale était de travailler à l’après Irma, elle s’est transformée en avant-Maria. «Avec l’approche de Maria, ces débris peuvent facilement devenir de véritables projectiles. Il fallait donc nettoyer au plus vite», affirme l’officier.

Chaque jour depuis son arrivée, le St. John’s envoie environ 80 membres de l’équipage sur l’île de South Caicos pour aider les efforts de nettoyage et reconstruction. Un quartier-général fixe les priorités journalières des équipes de travail du navire, et les effets positifs sont ressentis par les habitants de l’île.

À l’approche imminente de Maria, dont les dernières prévisions indiquent que l’œil passera bientôt non loin des îles Turques et Caïques, vendredi 22, l’équipage a été dans l’obligation de suspendre ses opérations et le NCSM St John’s est en train de quitter la région pour se mettre à l’abri plus au sud, entre la Jamaïque et Haïti. Il n’est pas encore certain si le St John’s reviendra aux îles Turques et Caïques, s’il se rendra dans une autre région nécessitant de l’aide ou s’il rentrera à la maison.

Ce qui est certain, c’est que cette mission restera gravée dans les mémoires de chacun des 240 membres du St John’s, puisque pratiquement tout l’équipage est nouveau et en est donc à sa première mission, tous ensemble.

Affaires mondiales Canada a précisé en milieu d’après-midi que «le gouvernement du Canada surveille de près l’évolution de l’ouragan Maria dans les Caraïbes et répond aux besoins. […] L’Équipe canadienne d’évaluation des catastrophes a été déployée dans la région des Caraïbes afin d’évaluer les besoins humanitaires urgents, à la suite d’une demande d’aide du gouvernement de la Dominique».