Attentat à la grande mosquée de Québec: Alexandre Bissonnette de retour en cour

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Alexandre Bissonnette.

Alexandre Bissonnette, 27 ans, accusé du meurtre prémédité de six hommes qui priaient à la grande mosquée de Québec, le soir du 29 janvier dernier, est de retour au palais de justice de Québec où d’importants dispositifs de sécurité sont en place au palais de justice de Québec, rapporte aujourd’hui La Presse Canadienne.
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Mise à jour 09/09/2017 à 11h40

La Couronne a annoncé hier qu’elle allait terminer de divulguer sa preuve le 2 octobre. On devrait connaître la date du début du procès avant Noël.

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Bissonnette est aussi accusé de cinq autres chefs de tentative de meurtre.

En mai, le juge avait fait part de ses préoccupations en lien avec l’arrêt Jordan de la Cour suprême du Canada, car toute la preuve n’a pas encore été divulguée. L’arrêt Jordan prévoit des délais dans lesquels les procédures criminelles doivent être complétées. Dans un dossier comme celui de Bissonnette, en Cour supérieure, un délai maximal de 30 mois a été déterminé par la Cour suprême.

L’accusation devrait donc compléter la divulgation de la preuve aujourd’hui.

Le magistrat entendra également la requête de médias pour que certains documents soient rendus publics. Les médias désirent entre autres obtenir les déclarations sous serment de la police et les mandats de perquisition.

Un profil banal à l’idéologie d’extrême droite

Alexandre Bissonnette, était étudiant en sciences politiques à l’université Laval, toute proche de la mosquée Sainte-Foy quand il a pénétré armé le 29 janvier dans le lieu de culte et a tiré dans le dos des fidèles rassemblés pour la prière du soir.

C’est un quartier qu’il connaissait bien, il y a vécu dans la coquette maison familiale jusqu’à l’automne avant d’emménager dans un petit appartement avec son frère jumeau à quelques centaines de mètres du centre culturel islamique de Québec.

Introverti, éduqué, sans histoire particulière, l’étudiant présumé meurtrier de six musulmans à la mosquée de Québec est séduit par les discours et les idées nationalistes mais affiche finalement un profil tout à fait banal.

Ses messages sur son compte Facebook, fermé depuis, sont principalement apolitiques et concernent la famille, les amis ou la gastronomie.

Les pages qu’il suit par contre « révèlent une sympathie apparente pour les groupes et les idéologies nationalistes », selon l’analyse du Site intelligence group, spécialisé dans le suivi des profils radicalisés et extrémistes.

«C’est un profil cruellement banal qui ressemble à bien d’autres et dont il est extrêmement difficile de percevoir l’évolution», expliquait en janvier David Morin, codirecteur de l’Observatoire sur la radicalisation et l’extrémisme violent (OSR).

Sans être passionné, Bissonette suit ses cours de politique à la faculté des sciences sociales, lit Baudelaire et travaille à l’organisme de collecte de sang Héma-Québec.

Sans avoir d’appartenance avérée à un groupe nationaliste, Alexandre Bissonnette a «un discours de droite, un peu réactionnaire, un peu anti-immigrant, antiféministe», analysait David Morin.

Il aime, d’après son profil Facebook, les positions de Donald Trump contre les immigrants mais aussi Marine Le Pen, présidente du Front national, parti d’extrême droite en France, ou encore Génération nationale, groupe identitaire nationaliste québécois.

Difficile, selon l’expert, de détecter dans un parcours aussi lisse «le point de rupture» d’un individu qui peut souffrir d’une crise existentielle, identitaire ou d’un désir d’affirmation.

En fait, le jeune homme «n’est peut-être même pas radicalisé » aux idées nationalistes et à un moment précis « la lumière s’est éteinte» et un retour en arrière s’est amorcé, souligne-t-il.

C’est ce qui expliquerait le comportement de l’étudiant qui après avoir perpétré son geste meurtrier, s’enfuit et appelle une demi-heure après la police pour se rendre en s’accusant de la tuerie.

Le codirecteur de l’OSR fait le parallèle avec Dylann Roof, partisan de la suprématie blanche ouvertement raciste, qui avait abattu neuf paroissiens noirs dans une église dans le sud-est des Etats-Unis en 2015.

Ces profils sont totalement différents des fanatiques qui, après le passage à l’acte, vont se faire sauter ou se suicider, analysait David Morin en janvier.

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