Corée du Nord: l’administration Trump laisse encore planer l’option militaire

Deux US Air Force B-1B Lancers affectés au 37e escadron de bombardement expéditionnaire. se sont déployés de Ellsworth Air Force Base, Dakota du Sud vers Andersen Air Force Base, Guam, pour une mission de 10 heures, volant à proximité de Kyushu, au Japon , la mer de Chine orientale et la péninsule coréenne le 7 août 2017 (TVH). Au cours de la mission, les B-1 ont été rejoints par de F-2 des forces d'autodéfense japonaises, ainsi qu'un avion de combat KF-16 de la République de Corée Air force, effectuant deux missions bilatérales successives. Ces vols avec le Japon et la République de Corée (ROK) étaient destinées à faire preuve de solidarité entre le Japon, la République de Corée et les Etats-Unis pour se défendre contre "les actions provocatrices et déstabilisantes dans le théâtre du Pacifique". (U.S. Pacific Command)
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Un avion B-1B Lancer de la Force aérienne des États-Unis, à droite, vole avec deux Eagles sud-coréens F-15K Slam Eagles au dessus de la Corée du Sud, le 21 septembre 2016. Deux Lancers de la Force aérienne américaine ont volé ce jour-là le plus près de la frontière entre la Corée du Sud et la Corée du Nord qu’avaient jamais volé des avions de ce type. (Armée de l’air sud-coréenne/capitaine en chef Sgt. Kim Kyeong-ryul)

L’administration de Donald Trump a martelé dimanche qu’elle profiterait de l’assemblée générale des Nations unies pour exiger la pleine application des sanctions internationales contre la Corée du Nord, menaçant celle-ci de «destruction» si elle continuait de provoquer Washington et ses alliés.

«L’enjeu crucial va être de faire appliquer les sanctions par tous les pays, afin qu’ils fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour résoudre ce problème, sans aller jusqu’au conflit militaire», a expliqué dimanche matin le général H. R. McMaster, conseiller à la sécurité nationale du président Donald Trump, sur la chaîne ABC.

Par «tous les pays», les Américains désignent principalement la Chine et la Russie, deux pays liés économiquement à l’État reclus, et avec qui ils partagent une frontière.

«Toutes les options sont sur la table», a aussi prévenu le général, une formule diplomatique utilisée pour qualifier l’action militaire.

L’ambassadrice américaine à l’ONU a pour sa part été encore plus tranchante pour inciter la Corée du Nord à plier.

«Nous savons tous que si la Corée du Nord garde ce comportement agressif, et que si les États-Unis doivent se défendre ou défendre leurs alliés, la Corée du Nord sera détruite», a tonné Nikki Haley sur CNN. «Personne ne le souhaite, personne ne souhaite la guerre», a-t-elle ajouté.

L’été a vu Pyongyang procéder à son sixième essai nucléaire et à plusieurs tirs de missiles intercontinentaux. Le dernier tir a eu lieu vendredi, le missile passant au-dessus du Japon. Un acte de défi quelques jours après l’adoption par le Conseil de sécurité d’une huitième volée de sanctions contre le pays.

Donald Trump et son homologue sud-coréen, Moon Jae-In, se sont entretenus sur ce sujet samedi et se sont mis d’accord pour «exercer une pression plus forte et plus concrète» sur la Corée du Nord.

Il faut «maximiser la pression économique et diplomatique», a aussi rendu compte le communiqué officiel de la Maison-Blanche.

Transmettre à Mattis

La Chine, comme la Russie, a voté lundi dernier en faveur des sanctions visant à restreindre les exportations de pétrole vers la Corée du Nord, qui dépend de la Chine pour l’essentiel de son brut; mais Washington veut que le robinet se ferme concrètement et durablement.

Quant à la Russie, Washington répète que 30 000 nombreux travailleurs nord-coréens expatriés s’y trouvent, ce qui représente une source de revenus pour le régime. Mais selon les experts, Moscou veut absolument éviter un écroulement à Pyongyang, qui risquerait de déstabiliser la région.

Les Américains ont obtenu que l’application des sanctions soit à l’ordre du jour d’une réunion du Conseil de sécurité jeudi, lors de laquelle ce seront les ministres des Affaires étrangères des pays membres qui siégeront.

M. Trump rencontrera le même jour à New York ses homologues japonais et sud-coréen.

À ce jour, l’accumulation de sanctions n’a pas dissuadé Kim Jong-un, dont l’ambition semble décuplée.

«Le but final est d’établir l’équilibre des forces avec les États-Unis et de faire en sorte que les dirigeants américains n’osent même plus envisager une option militaire contre la République populaire démocratique de Corée», a déclaré le dirigeant trentenaire, cité par l’agence locale KCNA, après le tir de vendredi.

Le chef de la diplomatie américaine, Rex Tillerson, a défini dimanche ce qu’il appelle les «quatre non» de la stratégie de Washington: pas de «changement de régime», pas «d’effondrement du régime», pas de «réunification accélérée de la péninsule», et «nous ne cherchons pas de raison pour envoyer nos forces au nord de la zone démilitarisée».

«La campagne de pression pacifique consiste à assembler la plus grande coalition internationale possible afin d’envoyer le même message à la Corée du Nord et à ses voisins, Chine et Russie, à savoir que c’est la politique du reste du monde», a dit Rex Tillerson sur la chaîne ABC.

Et l’ambassadrice Nikki Haley de manier la carotte et le bâton: en cas de besoin, elle n’hésitera pas transmettre le dossier au «général Mattis», le secrétaire américain à la Défense.