Corée du Nord: une «menace mondiale» qui requiert une «réponse mondiale», déclare l’OTAN

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Le Secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg. (OTAN)

Le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg a dénoncé dimanche la multiplication des essais nucléaires et de missiles balistiques de la Corée du Nord, «une menace mondiale» qui requiert une «réponse mondiale».

«L’attitude inconsidérée de la Corée du Nord est une menace mondiale qui requiert une réponse mondiale, ce qui inclut bien entendu l’OTAN», a déclaré M. Stoltenberg à l’émission politique dominicale The Andrew Marr Show, sur la BBC.

«Nous demandons à la Corée du Nord d’abandonner ses programmes nucléaires, ses programmes de missiles et de s’abstenir de procéder à d’autres essais, car il s’agit d’une violation flagrante de plusieurs résolutions de l’ONU sur la sécurité et d’une menace pour la paix et la stabilité», a-t-il ajouté.

Interrogé pour savoir si une attaque nord-coréenne contre le territoire américain de Guam (Pacifique) tomberait sous le coup de l’article 5 du traité de l’OTAN, qui veut qu’une attaque contre un des pays membres de l’alliance est considérée comme une attaque contre tous, M. Stoltenberg a refusé de «spéculer» sur ces considérations.

«Ce que je dirais, c’est que nous nous concentrons maintenant entièrement sur la manière dont nous pouvons contribuer à une solution pacifique au conflit», a-t-il dit.

Le Conseil de sécurité de l’ONU est appelé par Washington à se prononcer lundi sur de nouvelles sanctions sévères contre la Corée du Nord, accusée de menacer la paix avec ses programmes d’armement nucléaire et conventionnel.

Merkel favorable à des pourparlers sur le nucléaire

L’Allemagne est favorable à une solution diplomatique pour mettre fin au programme nucléaire d’armement de la Corée du Nord, a indiqué la chancelière Angela Merkel dimanche, citant comme exemple les pourparlers avec l’Iran qui avaient abouti à un accord en 2015.

«Je dirais oui immédiatement s’il était demandé (à l’Allemagne) de participer à des discussions», a déclaré Mme Merkel dans les colonnes de l’hebdomadaire allemand Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung, prenant pour modèle les pourparlers entre l’Iran et six grandes puissances sur le nucléaire, menés en 2015.

Ces tractations avec Téhéran constituaient selon la chancelière «une longue, mais importante période de diplomatie, qui a débouché «sur une fin satisfaisante», a-t-elle précisé dimanche.

Les six puissances – États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni, Allemagne – avaient signé avec Téhéran un accord prévoyant la levée progressive et conditionnelle des sanctions internationales en échange de garanties que l’Iran limite son programme nucléaire à des usages civils et ne se doterait pas de l’arme atomique.

«Je peux imaginer un même processus pour le règlement du conflit en Corée du Nord. L’Europe, et particulièrement l’Allemagne, est prête à apporter une contribution active», a ajouté la chancelière.

Cette dernière a aussi indiqué qu’elle s’était entretenue par téléphone avec les chefs d’État français, américain, sud-coréen et japonais sur la Corée du Nord au cours de la semaine. Elle doit également s’entretenir avec le président russe lundi.

Les déclarations d’Angela Merkel interviennent à la veille d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, appelé par Washington à se prononcer sur de nouvelles sanctions sévères contre la Corée du Nord, qui a mené début septembre son sixième essai nucléaire.

Le projet américain prévoit notamment un embargo sur le pétrole, l’interdiction d’importer du textile nord-coréen, un gel des avoirs du dirigeant nord-coréen, le renvoi dans leur pays des expatriés nord-coréens et la possibilité d’inspecter, au besoin par la force, des navires suspects en haute mer.

La Russie et la Chine, membres permanents du Conseil, pourraient toutefois s’opposer à ces mesures.

Mme Merkel a dit vouloir soutenir ces sanctions en vue d’inciter la Corée du Nord à s’asseoir à la table des négociations.

Le Conseil de sécurité de l’ONU est appelé par Washington à se prononcer lundi sur de nouvelles sanctions sévères contre la Corée du Nord, accusée de menacer la paix avec ses programmes d’armement nucléaire et conventionnel.

Le défi est double pour le Conseil et ses cinq membres permanents dotés du droit de veto (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Chine), aux positions souvent diamétralement opposées: ils doivent préserver leur unité face à Pyongyang, affichée lors des dernières prises de sanctions, et adopter des mesures toujours plus fortes pour prouver leur détermination.

Par leurs sanctions – sept trains de mesures ont déjà été pris -, l’ONU tente de pousser la Corée du Nord à négocier. Cette démarche a connu dans le passé des précédents positifs (Afrique du Sud, Iran) mais après des années et des années de sanctions.

« La fermeté maximale aujourd’hui sous la forme d’un renforcement des sanctions est notre meilleur levier pour promouvoir un règlement politique demain et notre meilleur antidote face aux risques de confrontation », souligne à l’AFP l’ambassadeur français à l’ONU, François Delattre.

« Pour donner une chance à la diplomatie et mettre fin à cette crise, nous avons besoin d’un changement d’attitude de la Corée du Nord maintenant. Cela veut dire la pression maximum possible », abonde son homologue britannique, Matthew Rycroft.

Dans la recherche d’un huitième train de sanctions contre Pyongyang, Londres et Paris soutiennent sans réserve Washington.

Il y a un mois, les états-Unis avaient réussi après de longues négociations à obtenir un vote favorable de la Chine et de la Russie, principaux soutiens de la Corée du Nord, avec laquelle elles partagent une frontière. Les mesures prévoyaient alors une interdiction d’importer du charbon, du fer et des crustacés nord-coréens.

– Tiroirs de commode –

Qu’en sera-t-il lundi ? Quelle dureté de texte sera retenue après le dernier essai nucléaire nord-coréen du 3 septembre ?

Le premier document soumis mercredi par Washington à ses pairs a été largement rejeté par Moscou et par Pékin, selon des sources diplomatiques. Il prévoit l’inspection par la force de navires suspects, un embargo total sur le pétrole, les produits pétroliers et le gaz, une interdiction d’importer du textile nord-coréen, un renvoi des expatriés nord-coréens dans leur pays, un gel des avoirs du dirigeant Kim Jong-Un, une interdiction d’entreprises communes avec Pyongyang et la fermeture de celles qui existent aujourd’hui.

Selon des diplomates, Moscou et Pékin, qui ne veulent pas voir la Corée du Nord s’effondrer avec une arrivée massive de réfugiés, ont refusé lors des premiers échanges la majorité des mesures proposées, n’acceptant de sanctionner que le textile.

Mais les deux capitales n’ont pas rejeté le texte en bloc. Tous les membres du Conseil, exaspérés par l’attitude nord-coréenne, veulent aboutir à un accord et ont montré leur disponibilité à négocier, assurent plusieurs diplomates.

Selon un spécialiste du dossier requérant l’anonymat, Washington a commencé en début de week-end à faire circuler « un nouveau texte amendé ». Les Etats-Unis « ont fait des concessions » notamment sur le pétrole et les inspections en haute mer, ajoute-t-il sans autre détail.

Moscou et Pékin plaident de longue date pour que les sanctions de l’ONU soient accompagnées d’une proposition sérieuse de dialogue qui puisse mener à une solution politique. Si un accord intervient entre Washington, Moscou et Pékin, la future résolution inclura vraisemblablement une prise en compte par les Etats-Unis des préoccupations russe et chinoise à ce sujet.

Avec leur premier projet, les Américains savaient qu’il s’agissait d' »une commode » avec des tiroirs pouvant s’ouvrir et d’autres devant rester fermés, indique un diplomate.

Dans sa démarche, qui tranche par sa rapidité avec la stratégie de longues discussions ayant conduit aux sanctions adoptées début août, Washington manie deux menaces à l’égard de Pékin et de Moscou: le recours à la force militaire, même si le président américain Donald Trump a récemment dit que ce n’était pas « le premier choix »; et l’avertissement récent de sanctionner les pays ayant des liens commerciaux avec la Corée du Nord si aucun accord n’est trouvé à l’ONU. Quelque 90% du commerce extérieur nord-coréen est à destination de la Chine.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a salué la «réussite parfaite» du sixième essai nucléaire nord-coréen, le plus puissant à ce jour, appelant à la poursuite des programmes balistique et nucléaire de son pays, a rapporté la presse officielle dimanche.

Le régime nord-coréen célébrait ce weekend l’essai nucléaire du 3 septembre, dans lequel il a testé selon ses dires une bombe H miniaturisée susceptible d’être placée sur un missile balistique intercontinental (ICBM).

En juillet, il a tiré deux ICBM qui ont semblé mettre une bonne partie du continent américain à sa portée.

L’ONU a déjà infligé sept trains de sanctions à Pyongyang en raison de ses programmes balistique et nucléaire et le Conseil de sécurité est appelé par Washington à se prononcer lundi sur de nouvelles sanctions encore plus sévères.

Mais Kim Jong-un semble sourd au déluge de condamnations internationales.

Lors d’un dîner destiné à féliciter les équipes scientifiques et techniques responsables du programme nucléaire nord-coréen, il a salué «la réussite parfaite du test d’une bombe H» , selon l’agence officielle KCNA.

Cet essai est «un événement heureux de l’histoire nationale», a-t-il déclaré, appelant le pays à «redoubler d’efforts» afin de réaliser son objectif, devenir une puissance nucléaire à part entière.

Le journal Rodong Sinmun a publié dimanche des photos du dirigeant nord-coréen et de son épouse Ri Sol-Ju en train d’assister à un concert spécial donné en l’honneur des scientifiques et techniciens du nucléaire.

La Corée du Nord justifie ses ambitions militaires par la nécessité de se défendre face aux États-Unis.

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