Crise des Rohingyas: Le dalaï lama appelle Suu Kyi à une solution pacifique

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Une famille vient d’arriver, pieds nus dans la boue, au camp de réfugiés bondé de Kutupalong, alors que des milliers d’autres cherchent un abri. (HCR/Vivian Tan)
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Le Dalaï lama, le 20 février 2014 à Washington (Jim Watson/AFP)

Le dalaï lama a exhorté la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi à trouver une solution pacifique à la crise des Rohingyas, faisant part de son inquiétude quant à des violences qui ont poussé près de 300.000 personnes à fuir.

Le maître bouddhiste et chef spirituel des Tibétains a écrit à Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la Paix comme lui, peu après le début de ces violences dans l’État Rakhine, dans le nord-ouest de la Birmanie.

« Je vous appelle vous et vos collègues à tendre la main à toutes les composantes de la société pour tenter de rétablir des relations amicales au sein de la population dans un esprit de paix et de réconciliation », a déclaré le 14e dalaï lama dans une lettre à la dirigeante de fait du régime birman, que l’AFP a pu lire lundi.

Les civils rohingyas fuient les violences dans leur région depuis que l’armée birmane a lancé une vaste opération à la suite d’attaques fin août contre des postes de police par les rebelles de l’Armée du salut des Rohingyas de l’Arakan (Arsa). Celle-ci dit vouloir défendre les droits bafoués de cette minorité musulmane.

Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme Zeid Ra’ad Al Hussein a jugé lundi que le traitement des Rohingyas par la Birmanie s’apparentait à un « exemple classique de nettoyage ethnique » et de nombreuses voix ont critiqué l’attitude d’Aung San Suu Kyi, certaines demandant que son prix Nobel lui soit retiré.

« Les questions qu’on m’adresse laissent penser que nombreux sont ceux qui ont du mal à comprendre que ce qui semble arriver aux musulmans se passe dans un pays bouddhiste comme la Birmanie », a écrit le dalaï lama.

Deux autres prix Nobel de la paix -Malala Yousafzai et Desmond Tutu- sont montés au créneau ces derniers jours pour demander à Aung San Suu Kyi d’être à la hauteur du prix qui lui avait été attribué en 1991.