Des dizaines de nouvelles victimes civiles dans des raids en Syrie

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Le groupe des bombardiers Su-34 le 15 mars 2016 à la base aérienne de la Région militaire Ouest près de Voronezh, en Russie.(Archives/Ministère russe de la Défense)

Trente-cinq personnes dont des femmes et des enfants ont péri mardi dans des frappes près de Deir Ezzor en Syrie, où des dizaines de civils fuyant pour la plupart les combats sont morts dans des raids aériens ces derniers jours.

Riche en pétrole et frontalière de l’Irak, la province de Deir Ezzor dans l’est du pays en guerre, est le théâtre de deux offensives distinctes visant à chasser les djihadistes du groupe État islamique (EI) des vastes territoires qu’ils y contrôlent.

Les forces prorégime soutenues par l’aviation russe sont engagées dans l’ouest de cette province, coupée diagonalement par l’Euphrate, alors que des combattants arabes et kurdes syriens appuyés par les avions de la coalition menée par Washington opèrent sur la rive est de ce fleuve.

Dans la bataille de Deir Ezzor, les civils payent le prix fort avec la mort depuis quatre jours de près de 90 d’entre eux dans des raids aériens imputés pour la plupart à l’aviation de Moscou, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

La plupart des civils sont morts dans leur fuite des combats, soit à bord de ferries, soit dans des tentes où ils avaient trouvé refuge. Les autres ont péri chez eux.

Mardi, « 12 personnes, dont cinq enfants, tous membres d’une même famille, ont été tuées dans des frappes de la coalition internationale visant le village d’Al-Chahabat », tenu par l’EI sur la rive est de l’Euphrate, selon l’OSDH.

D’autres raids imputés à l’aviation russe ont tué sept civils dans le village de Hawayej Ziab, contrôlé par l’EI au nord-ouest de la ville de Deir Ezzor, a ajouté l’ONG qui s’appuie sur un vaste réseau de sources à travers le pays.

Le même jour, 16 autres personnes dont cinq enfants, installées dans des tentes le long de l’Euphrate, ont été tuées dans des « frappes russes », selon l’ONG. Ils avaient fui les combats aux alentours de la région de Zaghir Chamiyah, au nord-ouest, encore aux mains de l’EI.

L’objectif du régime est de chasser l’EI de la ville de Deir Ezzor, chef-lieu de la province du même nom. L’armée y tient deux enclaves alors que les djihadistes contrôlent la moitié de la ville.

La semaine dernière, l’armée a réussi à briser le siège des deux enclaves encerclées depuis près de trois ans par les jihadistes et où vivent plus de 90.000 personnes. Lundi, des renforts de l’armée sont arrivés à Deir Ezzor.

L’alliance arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS), considérée comme le fer de lance de la lutte anti-EI en Syrie, a, elle, lancé une opération pour chasser l’EI de l’est de la province de Deir Ezzor.

Les deux offensives sont distinctes et il n’y a aucune coordination au sol entre les troupes du régime de Bachar al-Assad et les FDS, de l’aveu de celles-ci.

La province de Deir Ezzor est la dernière de Syrie encore largement contrôlée par l’EI. Sa perte porterait un coup très dur au groupe jihadiste qui a vu ses territoires se réduire comme peau de chagrin, tant en Syrie qu’en Irak voisin.

La situation à Deir Ezzor illustre la complexité du conflit en Syrie, déclenché en 2011 par la répression de manifestations prodémocratie avant de se transformer en guerre ouverte avec l’implication de pays étrangers et de groupes jihadistes, sur un territoire de plus en plus morcelé.

Le conflit a fait plus de 330.000 morts et des millions de déplacés.

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