Le message de Julie Marcotte aux Jeux Invictus: « Qu’on arrête de se suicider, car il y a de l’espoir! »

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Les dernières qualifications de basket-ball assis se déroulaient hier après-midi au Centre panaméricain de Toronto. Ici, le caporal à la retraite Julie Marcotte, gilet numéro 2 dans l’équipe de basket assis et cycliste de l’Équipe du Canada. (Lisa Cyr)
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Les dernières qualifications de basket-ball assis se déroulaient hier après-midi au Centre panaméricain de Toronto. Ici, la caporal à la retraite Julie Marcotte, gilet numéro 2 dans l’équipe de basket assis et cycliste de l’Équipe du Canada. (Lisa Cyr)

Les dernières qualifications de basket-ball assis se déroulaient hier après-midi au Centre panaméricain de Toronto juste avant les finales de natation. 45eNord.ca a rencontré le caporal à la retraite Julie Marcotte, gilet numéro 2 dans l’équipe de basket assis et cycliste de l’Équipe du Canada.

Julie Marcotte, militaire pendant plusieurs années se croyait tombé dans les fentes du système lors de sa libération avant de rencontrer une autre vétéran, Christine Gauthier. Cette dernière a participé aux Jeux Invictus l’année dernière aux États-Unis, elle a également participé au Jeux Paralympique de Rio. Elle a alors convaincu Julie de s’inscrire aux Jeux Invictus.

Julie a alors commencé à s’entraîner à deux nouveaux sports: le vélo couché et le basket-ball en chaise roulante. Même sa fille Chloé, 13 ans, a eu la piqûre du basket-ball en chaise roulante lorsque les gens de l’entrainement lui ont fait essayer.

C’est seulement depuis le mois de juin, durant le 2e camp d’entrainement de Team Canada que Julie se pratique pour le basket-ball assis.

«C’est difficile. Les joueurs qui sont déjà habitués à se déplacer sur les quatre roues, la chaise sont une extension d’eux-mêmes. Pour moi, c’est une addition, il faut réapprendre à jouer complètement. Apprendre à manier la chaise, puis comment jouer avec le ballon et surtout assis! Je pensais que le panier allait être plus bas, mais non. Donc c’est d’utiliser toutes les parties de ton corps que tu n’utilises pas d’habitude pour pouvoir lancer, et te déplacer. C’est tellement technique et c’est plus amusant et demandant que le basket-ball habituel, mais au combien plus agréable et plus de gens peuvent ne participer que si on serait debout, c’est plus accessible.»

Un message percutant

La caporal à la retraite Julie Marcotte, gilet numéro 2 dans l’équipe de basket assis et cycliste de l’Équipe du Canada. (Équipe Canada)

Lorsqu’on lui demande quel message elle aimerait envoyer aux militaires à travers le Canada elle répond sans hésiter et avec émotion:

«Ce que je voudrais, c’est qu’on arrête de se suicider, et qu’ils [les militaires] puissent voir qu’en nous voyant faire, qu’il existe de l’espoir, que le suicide n’est pas une option et que les gens ne sont pas toute seule.

Il ne faut surtout pas lâcher, même quand ils pensent qu’ils sont tous seuls, même s’ils ont essayé de parler à un ami et que ça le pas marché, essayez sans un autre et essayez sans d’autres. Continuez à essayer et un moment donné ils vont en trouver un qui va pouvoir les aider. De ne pas s’attarder à un seul ami qui dit non. Ou il en a un qui peut pas, parce que veut veut pas, nous avons toutes nos batailles et des fois moi je peux pas t’aider aujourd’hui, mais si tu cognes à une autre porte, que l’autre va pouvoir t’aider et de ne pas avoir peur à cogner à toutes les portes. Il ne faut pas rester dans son coin seul.

N’ayez pas non plus peur de regarder le site Internet sans limite ! Il y a des camps, des journées organisées et différentes activités sportives. Même si tu es poche, ce n’est pas grave, tu es présent avec des gens qui sont comme toi et qui eux non plus ne voulaient pas sortir et tu réalises que tu n’es plus seul et tu développes des amitiés. La première sortie est la pire, ensuite, les autres, ce n’est pas si pire. Allez chercher de l’aide.»

La fierté d’avoir gagné sa place!

Julie Marcotte n’hésite pas à nous dire comment les Jeux la touchent profondément. En passant des gens dans la rue qui l’arrête et la remercie et félicite aux gens qui lui ont demandé un autographe lorsqu’elle a gagné la médaille d’or. Julie a gagné deux médailles en cyclisme, un argent et un or remis par le Prince Harry. Elle avoue qu’elle ne s’attendait pas à recevoir une médaille et qu’elle s’est entraîné dans son salon.

Durant sa deuxième course cycliste, on s’entraidait, se parlaient et lorsqu’unes étaient fatiguées, elles n’hésitaient pas à échanger de place, de se motiver et se pousser entre eux.

Lorsque nous l’avons rencontré après son match de basket-ball, les Pays-Bas venaient de gagner contre la Canada 17-8. Avec un panier à la toute fin, juste avant que la cloche sonne, comme dans un film !

Des Jeux pas ordinaires

Elle est fière de représenter le Canada. Et quand on perd et on est juste content d’avoir perdu, parce qu’au fond, on a rien perdu, on a gagné des amitiés et une expérience extraordinaire, ensemble. Les gens assis dans les estrades qui crient pour encourager et souvent pas pour les meilleurs, mais pour ceux qui en ont le plus besoin.

L’équipe de 45eNord l’a remarqué, et ce durant tous le long des Jeux. L’athlète qui est le dernier, ou l’équipe qui marque un premier point après une longue période va recevoir autant, même plus d’encouragement que le premier. C’est un effet crescendo. Un joueur tombe, et lorsqu’il se relève, la foule est en délire ! C’est extraordinaire de voir des gens aussi sensible aux autres.

Julie nous raconte que les Jeux Invictus, c’est également pour la famille. En rencontrant d’autres famille qui ont vécu des cas semblables, ils sont capables d’échanger et de voir qu’ils ne sont pas seuls à vivre certaines expériences.