Le président centrafricain demande un renforcement substantiel de Casques bleus

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Des soldats de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) en patrouille dans la capitale du pays, à Bangui, en décembre 2014. (ONU/Catianne Tijerina)
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Des soldats de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) en patrouille dans la capitale du pays, à Bangui, en décembre 2014. (Archives/ONU/Catianne Tijerina)

Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a demandé mardi un renforcement substantiel de la Minusca, la force de maintien de la paix de l’ONU, pour assurer la sécurité dans son pays et appelé la communauté internationale à « ne pas oublier » la Centrafrique.

« La seule force capable d’assurer la sécurité, ce sont les Nations unies », a déclaré M. Touadéra lors d’une conférence de presse en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York. « Il faut renforcer les capacités de la Minusca en termes d’hommes et de matériels », a-t-il plaidé, estimant les besoins à « quatre contingents » supplémentaires, soit plusieurs milliers de militaires.

Forte de quelque 12.000 hommes, la mission onusienne, déployée depuis 2014 dans ce pays d’Afrique centrale, doit voir renouveler son mandat en novembre par le Conseil de sécurité de l’ONU.

La Centrafrique avait basculé dans le chaos en 2013 avec le renversement de l’ancien président François Bozizé par une rébellion à majorité musulmane, la Séléka. Ce coup de force avait entraîné une contre-offensive des anti-Balakas, une milice majoritairement chrétienne, et conduit à des massacres ayant entraîné l’intervention militaire de la France, puis le déploiement de la Minusca.

Mais le pays de 4,5 millions d’habitants reste majoritairement sous la coupe de groupes armés (une quinzaine au total) et le gouvernement de M. Touadera, élu en février 2016, peine à établir son autorité au-delà de la capitale, Bangui.

Les violences se multiplient dans plusieurs zones du territoire, où, selon une source diplomatique française, les groupes armés sont dans une « logique de prédation » des ressources naturelles du pays (diamants, or, bétail…).

Un haut responsable onusien a pour sa part récemment mis en garde contre des signes avant-coureurs de « génocide » en Centrafrique, et le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) a estimé mi-septembre que le nombre de réfugiés et de déplacés fuyant les violences avait atteint son plus haut niveau, 1,1 million de personnes.

« Dès ma prise de fonction il y a eu l’annonce du retrait de Sangaris (l’opération française, forte de 2.000 hommes), puis le retrait des forces américaines et ougandaises dans l’est qui luttaient contre la LRA (une rébellion ougandaise), soit près de 2.000 hommes, et tout récemment le retrait dans l’ouest du contingent congolais de la Minusca », a énuméré M. Touadéra. « Tout cela a créé des appels d’air, un vide que la Minusca doit couvrir », a-t-il insisté.

Une réunion ministérielle consacrée à la situation en Centrafrique se tenait mardi après-midi en marge de l’Assemblée générale.

« C’est une réunion très importante. La Centrafrique vit un moment critique de son histoire. On a besoin du soutien de nos amis », a encore déclaré M. Touadéra, qui s’exprimait avant le début de la réunion. « Il y a des risques qu’on nous oublie », s’est-il inquiété, en appelant la communauté internationale à se « remobiliser ».