Les «enfants de Daesh»: l’Irak détient plus de 1.300 femmes et enfants de djihadistes

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Les djihadistes maintenant défaits ou en voie de l’être en Syrie et en Irak, que faire des « enfants de Daesh » ? Ici, sur une vidéo tournée en Syrie, on voit un grand-père djihadiste et des enfants de djihadistes. (Twitter)

Les autorités irakiennes détiennent plus de 1.300 femmes et enfants de djihadistes de 14 nationalités différentes, qui se sont récemment rendus aux forces kurdes, a indiqué cette semaine un responsable à l’AFP.

« Les peshmergas (combattants kurdes) nous ont remis 1.333 femmes et enfants issus de familles de djihadistes du groupe État islamique (EI) », a déclaré un haut gradé au sein du Commandement conjoint des opérations (JOC), qui coordonne la lutte anti-EI en Irak.

Fin août, les forces irakiennes ont reconquis le bastion djihadiste de Tal Afar, dans le nord du pays, à la lisière du Kurdistan irakien, après avoir rencontré une forte résistance à al-Ayadieh, une localité plus au nord où s’étaient retranchés les derniers djihadistes.

Ces centaines de femmes et d’enfants « s’étaient livrés aux forces kurdes dans le nord d’al-Ayadieh », a précisé le responsable s’exprimant sous le couvert de l’anonymat.

« Nous les avons installés dans un camp de déplacés près de Mossoul », la grande ville du nord du pays située à 70 km à l’est de Tal Afar, a-t-il affirmé, ajoutant qu’ils étaient de « 14 nationalités différentes ».

Dans un campement situé au sud de Mossoul, en Irak, des réfugiés pas comme les autres. Ces sont des familles de combattants du groupe État Islamique. 

Les ONG craignent qu’elles ne soient victimes de la vindicte des autres réfugiés du camp qui ont tout perdu dans cette guerre, et pour leurs droits, comme l’explique Melany Markham, du NRC, le Conseil norvégien pour les réfugiés qui s’occupent de 540 de ces femmes dans ce camp :

“Elles sont dans un état tout à fait désespéré. Nous fournissons une aide vitale, de la nourriture, de l’eau, un abri. Ce qui est incertain, c’est leur avenir car elles ne sont pas autorisées à se déplacer en dehors de ce site. Nous voulons que le gouvernement irakien détermine ce qui va leur arriver le plus tôt possible tout en respectant leurs droits fondamentaux. Ces personnes sont des civils et doivent être traitées comme tels.“

Ces femmes viennent en majorité de Turquie, d’anciennes républiques soviétiques comme le Tadjikistan, l’Azerbaïdjan, de Russie, de Chine, d’Afghanistan, d’Iran, des Philippines, quelques-unes de France et d’Allemagne.

L’Irak compte négocier leur retour vers leur pays d’origine avec les ambassades concernées.

*Avec Euronews

Au cours de la bataille pour la reprise de Tal Afar, des images avaient circulé sur les réseaux sociaux montrant des djihadistes debout en ligne ou assis au sol entre des hommes armés vêtus de l’uniforme des peshmergas.

Selon des témoins dans les villages voisins, des dizaines de djihadistes s’étaient rendus aux peshmergas après avoir aidé leurs familles à fuir vers l’est et Mossoul, profitant notamment des flux de déplacés partant de Tal Afar.

La plupart des commandants peshmergas ont refusé de commenter ces informations mais dans un communiqué publié sur le site du Parti démocratique du Kurdistan (PDK) du président de la région autonome Massoud Barzani, l’un d’eux a affirmé que « de nombreux djihadistes essayent de se faufiler parmi les déplacés ».

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